La page équipement
Tout l'équipement du kit 72 h, poste par poste.
Neuf postes, deux à quatre objets chacun, et pour chacun la raison de l'acheter — ou de ne pas l'acheter. C'est la page des achats : la méthode est dans le guide du kit de survie 72h, les quantités par foyer dans la liste kit d'urgence 72h.
Commençons par ce qui ne sert à rien, parce que c'est là que part l'argent des débutants. Les kits tout faits vendus sous blister — la pochette avec la couverture de survie, le sifflet, la lampe minuscule et les huit pansements — sont conçus pour le prix d'appel, pas pour l'usage : la lampe éclaire deux heures, la trousse ne couvre pas une vraie coupure, et vous payez surtout le sac. Le même budget, dépensé objet par objet, donne un kit qui tient réellement trois jours. Ce dont vous avez besoin pour commencer, ce n'est pas d'un kit : c'est d'un endroit où les ranger, et une simple boîte de rangement à couvercle clipsableaff. fait très bien l'affaire.
Trois autres achats se révèlent inutiles neuf fois sur dix dans un foyer français : les rations militaires lyophilisées (chères, salées, et elles demandent… de l'eau), les générateurs à manivelle vendus comme sources d'électricité (ils chargent un téléphone en plusieurs heures de pédalage), et tout ce qui se vend comme « tactique ». Ce site n'attaque pas ce terrain, et vous n'en avez pas besoin : les aléas réels sont une tempête qui coupe le courant trois jours, une crue, une canicule, une pénurie. Le reste relève du décor.
Trois pages encadrent celle-ci. Se préparer à une catastrophe naturelle dit quel aléa vous concerne selon l'endroit où vous vivez ; se préparer à une crise longue explique ce qui change quand on passe de 72 heures à deux semaines puis à un mois ; le sac d'évacuation traite le cas où il faut partir au lieu de rester. L'équipement ci-dessous sert dans les trois situations.
Le sélecteur — trois niveaux, un foyer
Quelle liste pour votre foyer, et en quelles quantités ?
Choisissez jusqu'où vous voulez aller, dites qui vit chez vous, et la liste se recalcule — lignes et quantités comprises.
Poste 01
L'eau
C'est le seul poste qu'on ne peut ni improviser ni remplacer. Trois litres par personne et par jour, boisson et cuisine comprises, pendant trois jours : neuf litres par personne. Pour quatre, trente-six litres, soit à peu près un demi-mètre carré au sol. Le calcul complet, climat et animaux compris, est dans la réserve d'eau potable à la maison.
- Le stock de base. L'eau en bouteille ne demande aucun entretien et se date toute seule. Un pack de six bouteilles d'un litre et demi couvre exactement une personne pour trois jours : c'est l'unité de compte la plus simple qui soit. Comptez un pack d'eau en bouteilleaff. par personne, rangé en bas d'un placard.
- Le stock qui dure. Au-delà de deux personnes, les packs deviennent encombrants et chers au litre. Un contenant réutilisable, rempli au robinet et daté au marqueur, se tourne deux fois par an : un bidon alimentaire à robinetaff. de dix litres se range debout et se vide sans le soulever.
- Le traitement, quand la réserve s'épuise. Trois jours passent vite, et l'eau du robinet peut revenir avant d'être potable. Faire bouillir reste la méthode de référence ; quand il n'y a ni gaz ni électricité, une plaquette de pastilles de purificationaff. traite plusieurs dizaines de litres pour un encombrement nul. Les filtres à membrane, eux, relèvent d'un autre usage : voir le filtre à eau de randonnée, qui compare les technologies menace par menace.
Poste 02
La lumière
La première erreur d'une coupure de nuit, c'est de s'éclairer au téléphone : en trois heures, votre seul lien avec l'extérieur est mort. Il faut une source par personne, et une pour la pièce commune. Ce qui tombe, dans quel ordre, et à quelle heure, c'est le sujet de la coupure d'électricité prolongée.
- Une frontale par personne, pas une lampe pour la maison. La frontale libère les deux mains — on cuisine, on change une couche, on cherche dans un carton — et son mode rouge évite de réveiller tout le monde à trois heures du matin. Une lampe frontale à piles AAAaff. par personne, rangée à un endroit fixe connu de tous.
- La lumière qu'on pose sur la table. Trois soirées passées à se croiser faisceau dans les yeux, et la maison devient invivable. Une lanterne LED à lumière chaudeaff. éclaire la pièce au lieu d'éclairer un point ; elle remplace surtout les bougies, qui sont la première cause d'incendie domestique pendant les coupures.
- Les piles, qui décident de tout. Les alcalines coulent dans un tiroir en deux ou trois ans et détruisent l'appareil qu'elles devaient alimenter. Les piles au lithium longue conservationaff. se gardent une décennie et ne perdent presque rien au froid : c'est le seul consommable de cette page où le premier prix coûte plus cher à l'arrivée.
Poste 03
L'information
Quand le réseau mobile tombe — saturation, coupure d'alimentation des antennes, incident — les consignes continuent de passer par la radio FM. C'est ce que rappelle le livret officiel, et c'est la raison pour laquelle ce poste coûte le moins cher de tous pour ce qu'il évite. Le choix de la technologie est détaillé dans la radio d'urgence à manivelle.
- Le récepteur qui ne peut pas vous lâcher. Manivelle, panneau solaire, piles : trois sources pour un seul appareil, c'est exactement ce qu'on veut sur l'objet dont dépend l'information. Une radio à manivelle et solaireaff. fait en plus lampe et batterie de secours — rendement médiocre sur ce dernier point, mais suffisant pour un appel.
- La seconde radio, celle qu'on écoute vraiment. Pédaler dix minutes pour écouter cinq minutes de bulletin, personne ne le fait trois jours de suite. Une petite radio portable à pilesaff. posée dans la cuisine permet de laisser tourner le journal en continu, ce qui change tout quand on attend une consigne d'évacuation.
- Le papier, qui ne tombe jamais en panne. Les fréquences locales, les numéros de la famille, l'adresse du point de rassemblement, l'heure du dernier bulletin entendu : rien de tout cela ne doit vivre uniquement dans un téléphone à 4 %. Un carnet en papier étanche et un crayonaff. valent mieux qu'un stylo à bille, qui refuse d'écrire sur une feuille mouillée. Le raisonnement est le même que pour s'orienter sans GPS : on garde une version qui ne dépend d'aucune batterie.
Poste 04
L'énergie
Trois usages, trois réponses très différentes : recharger des téléphones pendant trois jours, faire tourner une box et quelques lampes, ou tenir un congélateur plein. Le premier se règle pour le prix d'un repas, le troisième demande un vrai arbitrage — c'est l'objet de la station d'énergie portable ou le groupe électrogène.
- La batterie externe, le seul achat obligatoire du poste. Autour de 20 000 mAh, elle recharge quatre à cinq fois un téléphone : c'est la différence entre trois jours informés et trois jours à l'aveugle. Une batterie externe à double port USB-Caff. se recharge à son tour sur la voiture, et se vérifie tous les six mois.
- La voiture, votre centrale électrique déjà payée. Un réservoir à moitié plein, c'est plusieurs jours de recharge pour tout le foyer. Encore faut-il avoir le chargeur allume-cigare double USBaff. ailleurs que dans la boîte à gants du véhicule qui est au garage.
- La station portable, si le logement l'impose. En appartement, le groupe électrogène est exclu : ses gaz d'échappement tuent. Une station d'énergie portable à cellules LiFePO4aff. autour de 500 Wh alimente une box, des lampes et un petit appareil par intermittence, sans combustion ni bruit. Et sans panneau, une station reste une grosse pile : un panneau solaire pliableaff. la rend renouvelable, même par ciel couvert, au ralenti.
Poste 05
La chaleur
Un logement sans chauffage rejoint la température extérieure en un à deux jours selon son isolation. L'ordre des achats est contre-intuitif : on s'habille et on dort chaud avant de penser à brûler quoi que ce soit. Les options d'appoint, leurs limites et leurs interdits sont classés dans se chauffer sans électricité. Le problème inverse, l'été, a sa propre page : tenir une canicule sans climatisation.
- Dormir chaud, la solution la moins chère. Un salon à 12 °C est parfaitement vivable avec le bon duvet, et parfaitement insupportable sans. Un sac de couchage donné pour 0 °C en confortaff. par personne règle la nuit ; on regarde la température de confort, jamais la température « extrême », qui est un argument commercial.
- Le réflexif, le réutilisable. Les couvertures de survie jetables se déchirent à la première nuit. Une couverture de survie renforcéeaff. se réutilise, s'agrafe sur une fenêtre cassée et sert à réduire le volume à chauffer en fermant une pièce.
- Le détecteur, avant l'appareil. Dès qu'un appoint à combustion entre dans le logement — pétrole, gaz catalytique, poêle — c'est le détecteur de monoxyde de carbone à la norme EN 50291aff. qui rend le reste acceptable. Un par pièce chauffée, avec une date de péremption lisible dessus. Le monoxyde ne sent rien, ne se voit pas, et endort avant de tuer : aucune astuce ne remplace détecteur, aération permanente et sortie au moindre doute.
- L'appoint, en dernier et sous conditions. Au-delà de quatre ou cinq personnes, le duvet ne suffit plus à rendre un logement vivable trois jours. Un chauffage d'appoint à pétrole avec sécurité anti-basculementaff. se conduit fenêtre entrouverte, détecteur allumé, jamais dans une chambre où l'on dort et jamais à huis clos. Les barbecues, braseros et groupes électrogènes ne rentrent pas dans un logement, sous aucun prétexte.
Poste 06
La nourriture
Un réfrigérateur fermé tient quelques heures, un congélateur plein un jour ou deux. Ce qu'il vous faut, ce sont neuf repas par personne qui ne demandent ni froid ni cuisson longue — et de quoi chauffer de l'eau. Le passage de trois jours à plusieurs semaines, avec le calcul en kilocalories, est traité dans le stock alimentaire longue durée.
- Ce qui se mange froid. La règle qui décide de tout : on stocke ce qu'on mange déjà. Une réserve qu'on n'aime pas ne tourne pas, se périme et finit à la poubelle. Un lot de conserves de plats cuisinés variésaff. couvre le gros du besoin ; on complète avec ce qui traîne déjà dans le placard.
- L'objet oublié par tout le monde. Trente conserves et rien pour les ouvrir, c'est l'erreur la plus banale de cette page. Deux ouvre-boîtes manuels en inoxaff., dont un rangé dans le sac d'évacuation, et le problème disparaît définitivement.
- De quoi faire chaud. Un repas chaud change l'humeur d'une maison froide, et l'eau bouillie règle la moitié des problèmes d'eau. Un réchaud à cartouche de gaz avec allumage piézoaff. et quatre cartouches suffisent ; il s'utilise fenêtre entrouverte, comme tout ce qui brûle.
- Ce qui se mange debout. Pendant qu'on déplace des meubles, qu'on attend dans une file ou qu'on roule, personne ne s'assied pour manger. Des barres énergétiques à longue conservationaff. comblent ce trou-là, et doublent utilement la ration du sac.
Poste 07
Les soins
Pendant une crise, la pharmacie est fermée ou dévalisée et le 15 est saturé. Le poste se traite en deux temps : ce qui s'achète en rayon, et ce qui se discute avec un médecin. Les deux ne se mélangent pas.
- La trousse, complète plutôt que grosse. Compresses stériles, bandes, désinfectant, sparadrap, pince à écharde, ciseaux, gants : une trousse de premiers secours complèteaff. couvre ce qu'un foyer peut légitimement traiter seul. Au-delà de la plaie superficielle, c'est le médecin, le pharmacien ou le 15.
- L'hygiène, premier problème de santé réel. Sans eau courante, ce n'est pas la blessure qui pose problème mais tout le reste. Des lingettes corporelles et du gel hydroalcooliqueaff. tiennent un foyer propre trois jours pour une somme dérisoire ; en immeuble, ajoutez des sacs sanitaires gélifiantsaff., parce qu'une coupure d'eau met les toilettes hors service en quelques heures.
- Respirer, quand l'air se charge. Fumée d'un feu de forêt, poussières après un sinistre, épisode de pollution : un masque en tissu ne filtre pas les particules fines, un masque FFP2 à la norme EN 149aff. si. C'est aussi la première ligne du kit de confinement décrit dans protéger sa maison d'un feu de forêt.
Poste 08
Les documents
C'est le poste le moins cher de toute la préparation, et celui dont l'absence coûte le plus cher après coup : des papiers se détruisent en une heure et se refont en plusieurs mois. L'inventaire complet, famille par famille, est dans les documents importants en cas d'urgence.
- Les copies, dans une enveloppe qui ne craint pas l'eau. Identité, assurance, santé, banque, propriété ou bail : les copies vivent dans une pochette étanche A4 à fermeture zipaff., en permanence, près de la porte. C'est la seule chose de cette page qui se prépare en une soirée et ne se refait jamais.
- La sauvegarde qui ne dépend d'aucun réseau. Le cloud est inaccessible sans électricité et sans données mobiles. Les scans sur une clé USB chiffrée matériellementaff., dont le code ne vit pas dans le navigateur qui l'a enregistré, règlent la question — un exemplaire chez vous, un chez quelqu'un de confiance, hors de la zone.
- Les originaux, protégés du feu et de l'eau. Quand les papiers de plusieurs personnes dorment au même endroit, un coffret ignifuge et étanche pour documentsaff. est ce qui les sépare d'un départ de feu ou de trente centimètres d'eau. C'est exactement le scénario décrit dans que faire en cas d'inondation : on monte, et on emporte la pochette.
Poste 09
Le sac d'évacuation
Les huit postes précédents restent à la maison. Celui-ci part avec vous, et c'est le cas le plus fréquent : lors des incendies de Gironde et des Landes de l'été 2026, la préfecture de la Gironde recensait plus de 220 000 évacuations cumulées dans le seul département, au point de situation du 31 juillet. Partir change toutes les règles : le poids devient le critère numéro un, et on emporte le moyen de produire plutôt que la ressource elle-même. Le contenu détaillé et le pesage sont dans la liste complète du sac d'évacuation ; ce qu'on garde en permanence sur soi relève du kit EDC quotidien.
- Un sac par porteur, chargé à 10-15 % de son poids. Le cabas du supermarché ne tient pas deux cents mètres et occupe les deux mains, qui doivent rester libres. Un sac à dos de 35 litres à ceinture ventraleaff. reporte la charge sur les hanches ; c'est la ceinture qui fait la différence, pas la marque.
- Le moyen, pas la ressource. Trois jours d'eau sur le dos, ce sont neuf kilos par personne : impossible. On part avec un litre et de quoi en refaire, donc une gourde filtrante à filtre intégréaff. par personne, qui traite bactéries et protozoaires à la source.
- Se signaler, et rester sec. On crie trois minutes, on siffle trois heures : un sifflet de détresse sans billeaff. au cou de chaque enfant le jour où l'on quitte le logement à plusieurs. Et deux heures d'attente sous la pluie devant un point de rassemblement transforment une évacuation gérable en hypothermie : un poncho de pluie réutilisableaff. par personne pèse moins qu'une pomme.
Le suivi — 27 objets, 9 postes
Où en est votre kit, et qu'est-ce qu'on achète ensuite ?
Cochez ce que vous possédez déjà. Les barres montrent le trou, la jauge donne le pourcentage, et le verdict désigne un seul objet à acheter — le prochain.
0 %
0 / 27 objets en place. Rien n'est encore coché : commencez par la ligne que vous savez déjà avoir.
Ce qui reste à faire une fois tout acheté
Un kit se périme. L'eau se tourne deux fois par an, les conserves se mangent avant la date et se remplacent, les piles se vérifient à chaque changement d'heure, les détecteurs ont une durée de vie imprimée sur le boîtier. Le seul outil qui rend cet entretien possible tient dans la main : un marqueur indélébile avec des étiquettes autocollantesaff. pour écrire la date d'achat et la date de contrôle sur chaque contenant. Sans date écrite, aucune rotation ne tient plus de six mois.
Et l'équipement n'est jamais la première ligne de défense. Savoir quels aléas vous concernent là où vous habitez, avoir un point de rassemblement et un contact hors zone, connaître la fréquence de la radio locale : tout cela est gratuit, et c'est ce qui rend le matériel utile. Le reste de la méthode est dans le guide du kit de survie 72h.
Liens partenaires. Les liens de cette page partent vers une recherche Amazon : si vous achetez après y être passé, le site touche une commission, sans surcoût pour vous. Aucun prix n'est affiché ici, et aucun produit n'est mis en avant contre rémunération — les critères précèdent toujours le lien, et une partie de cette page explique surtout ce qu'il ne faut pas acheter.
Mise en relation gratuite · sans engagement
Faites chiffrer ce qui ne s'achète pas sur une étagère
Énergie de secours, protection contre l'inondation, cuve d'eau, formation aux premiers secours : décrivez votre projet en trois réponses. Nous le transmettons à des professionnels de votre secteur — uniquement si vous cochez la case correspondante.