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Inondation : que faire, de la vigilance jaune à la décrue

Inondation : que faire à chaque couleur de vigilance, quand couper le courant, pourquoi ne jamais descendre au parking, et les 30 jours. Testez votre adresse.

Baptiste S. Publié le 18 septembre 2026 Mis à jour le 18 septembre 2026
Un batardeau en aluminium posé au bas d'une porte d'entrée par temps sec, un sac d'évacuation fermé posé dans l'entrée juste derrière

Valence, mardi 29 octobre 2024, fin d’après-midi. La pluie est tombée à l’intérieur des terres, pas sur la ville ; l’eau est arrivée par les ravins, dans des rues sèches une heure plus tôt. Bilan du gouvernement espagnol au 3 décembre : 230 morts, dont 222 dans la Communauté valencienne, 78 communes touchées, plus de 109 000 véhicules déclarés hors d’usage.

Face à une inondation, que faire dépendait ce soir-là de l’endroit où l’on se trouvait : les gens rentraient du travail, roulaient, ou descendaient au parking chercher la voiture. Ce qui frappe, ce n’est pas la hauteur d’eau. C’est l’heure.

La réponse relève donc moins du matériel que du calendrier : ce qui se fait au jaune ne se fait plus à l’orange, et ce qui reste à faire au rouge tient en un mot — monter. Le déroulé qui suit est celui des couleurs, jalon par jalon, avec à chaque fois le moment où l’on peut encore revenir en arrière. Et celui où l’on ne peut plus.

Avant la saison : savoir si vous êtes en zone inondable

Le premier geste ne se fait pas sous la pluie. Il se fait un soir de septembre, avec une adresse et cinq minutes.

Géorisques, le portail public des risques, le dit en une phrase : en France, deux communes sur trois sont exposées à au moins un risque naturel, et le principal est l’inondation. Deux sur trois. Ce n’est pas une statistique de bord de rivière — c’est la vôtre, probablement.

Le site cherche par adresse, par parcelle ou sur la carte, et sort l’état des risques que vous avez sans doute déjà signé sans le lire, au bail ou à l’acte de vente : le document qu’on appelle ERRIAL. Le plan de prévention des risques d’inondation, le PPRI, se consulte en mairie ou sur le site de la préfecture ; il trace les zones où l’eau est déjà venue et celles où elle reviendra.

Ce qui compte ensuite, c’est le type d’eau qu’on vous promet, parce qu’il commande le temps dont vous disposerez.

Type de crueLe préavisCe que ça change chez vous
Crue lenteGrands fleuves et leurs affluentsDes jours, suivis sur VigicruesOn a le temps de vider le rez-de-chaussée, et aucune excuse pour ne pas l’avoir fait
Crue rapideBassins méditerranéens, Cévennes, petits cours d’eau de penteQuelques heures, parfois moinsSeul l’étage compte ; la voiture doit déjà être en haut
Ruissellement urbainN’importe quelle ville, sous un orageDes minutesCe sont les caves, les parkings et les passages souterrains qui se remplissent
Submersion marineLittoral, quand tempête et grande marée coïncidentAnnoncée avec la vigilance vagues-submersionLe rez-de-chaussée côté mer se ferme ; on dort côté terre, et en haut

Le ruissellement est celui que personne ne prépare. Pas de rivière, donc pas de PPRI, donc pas d’inquiétude — et c’est lui qui remplit un parking souterrain en vingt minutes sous un orage d’août — d’autant plus vite que le sol, durci par trois semaines de chaleur, n’absorbe plus rien. L’orage qui met fin à une canicule sans climatisation est souvent celui-là.

Le diagnostic ci-dessous ne remplace pas Géorisques. Il vous dit ce que votre logement fait de l’eau quand elle arrive, et par quoi commencer.

Le diagnostic — 6 questions, 1 minute

À quel point votre logement est-il exposé ?

0 / 6
01Le niveau — À quel niveau se trouve la pièce où vous dormez ?
02Le sous-sol — Avez-vous une cave, un garage enterré ou une place de parking souterrain ?
03L'eau — À quelle distance se trouve le cours d'eau le plus proche, même un ruisseau canalisé ?
04Le PPRI — Le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) de votre commune, vous le connaissez ?
05Le logement — Maison ou appartement ?
06L'étage refuge — Si l'eau entrait, avez-vous un étage où monter — chez vous, ou chez quelqu'un à moins de deux minutes à pied ?
Rien n'est envoyé : le verdict se calcule dans votre navigateur.

Trois verdicts, trois préparations. Une maison exposée relève des travaux : batardeaux mesurés sur chaque ouverture, clapet anti-retour sur l’évacuation pour que les eaux usées ne remontent pas par les toilettes, tableau électrique remonté au-dessus de la ligne d’eau connue. Un appartement au rez-de-chaussée relève du déménagement partiel et d’un étage refuge convenu. Un troisième étage relève d’une coupure d’électricité prolongée, parce que c’est exactement ce que la crue sera pour lui : plus de courant, plus d’ascenseur, plus d’eau au robinet, et des rues fermées pendant des jours.

Inondation, que faire à chaque couleur : les deux cartes à lire

Il y a deux cartes, et on les confond.

La vigilance de Météo-France couvre neuf phénomènes — dont pluie-inondation, crues, vagues-submersion et vent — pour la journée en cours et le lendemain jusqu’à minuit, actualisée au moins deux fois par jour, à 6 h et 16 h. Elle dit ce qui va tomber du ciel.

Vigicrues surveille les principaux cours d’eau et dit ce que la rivière en fait, avec la même échelle : vert, jaune (« risque de crue génératrice de débordements et de dommages localisés »), orange (« débordements importants », « susceptibles d’avoir un impact significatif sur la vie collective »), rouge (« risque de crue majeure », « menace directe et généralisée de la sécurité des personnes et des biens »). L’information est produite au moins deux fois par jour, à 10 h et 16 h.

Quatre rendez-vous quotidiens, donc. Le ruissellement urbain n’apparaît que sur la première carte ; la crue lente d’un grand fleuve se lit surtout sur la seconde. En bord de petit cours d’eau, on lit les deux.

Voici les cinq jalons, avec leurs gestes. Cochez-les : la frise se souvient de ce que vous avez fait et vous dit, à tout moment, le prochain geste.

La frise — cinq jalons, conservés sur votre appareil

Que faire à chaque couleur, et ce qu'on ne fait plus

0 / 24 gestes

Vigilance jaune — la fenêtre où tout est encore possible

« Soyez attentifs » : des débordements localisés sont possibles. Les routes sont sèches, les magasins ouverts, la voiture roule. C'est le seul moment où déplacer, monter et remplir ne coûte rien.

À faire — cochez au fur et à mesure

Ce qu'on ne fait plus à ce stade

  • Attendre l'orange pour déplacer la voiture
  • Descendre du matériel à la cave « pour le mettre à l'abri »

L'objet qui sert à ce jalon

Sacs anti-inondation gonflants

Ils se stockent à plat et gonflent au contact de l'eau : de quoi fermer le bas d'une porte de garage ou une bouche d'aération en dix minutes, sans sable ni pelle. Ils ne tiennent pas une porte d'entrée sous quarante centimètres — pour ça, c'est un batardeau mesuré. Achetés au jaune, ils servent ; achetés au rouge, les routes sont fermées.

Sacs anti-inondation gonflants → voir sur Amazon aff.

Le rappel avant la saison des crues ?

Les gestes du jaune se font en septembre, pas le soir où la rivière passe orange. Laissez votre adresse : un message avant la saison des pluies, avec cette frise à refaire — et rien d'autre.

Vigilance jaune : la fenêtre où tout est encore possible

Le jaune ne fait peur à personne. C’est son problème.

« Soyez attentifs », dit Météo-France — et la plupart des foyers lisent : rien à faire. Le jaune est pourtant le seul jalon où les magasins sont ouverts, les routes sèches et la voiture mobile. Tout ce qui demande de sortir, de porter ou de rouler se fait là, ou ne se fait plus.

La voiture d’abord. Elle est l’objet qui tue, pas celui qu’on sauve : au rouge, les gens descendent la chercher au parking, ou partent la mettre à l’abri et se retrouvent sur une route immergée. Au jaune, on la gare en hauteur — un parking en pente, une rue haute, chez un ami sur le plateau — et on rentre à pied. Elle y restera jusqu’à la décrue.

Puis le rez-de-chaussée. Pas un déménagement : un carton par personne. Les documents qui comptent en cas d’urgence — identité, contrat d’assurance, ordonnances, titre de propriété ou bail — vont dans une pochette étanche au format A4aff., parce qu’un sac porté dans une rue inondée prend l’eau, et la pochette dans le sac. Les photos, l’ordinateur, les traitements en cours montent à l’étage. Le reste, on le cale sur des parpaings, ou on l’accepte perdu.

Le sac ensuite, près de la porte, fermé. Ce n’est pas le sac de randonnée : c’est la liste du sac d’évacuation, version 48 heures chez quelqu’un — papiers, chargeurs, lampe, radio, eau, un change, les traitements. Il ne bouge plus de là pendant toute la saison des pluies.

L’eau enfin, et le courant. Le réseau peut être coupé, ou déclaré non potable pendant des jours après la crue : on remplit des bidons au jaune, à raison de trois litres par personne et par jour, le calcul que détaille la réserve d’eau potable à la maison. On charge tout ce qui se charge. On prévient les voisins qui ne suivent pas les alertes.

C’est aussi le moment d’un achat, et d’un seul. Les sacs anti-inondation gonflants se stockent à plat, gonflent au contact de l’eau, et ferment le bas d’une porte de garage ou une bouche d’aération en dix minutes, sans sable ni pelle. Ils ne tiennent pas une porte d’entrée sous quarante centimètres — pour ça, c’est un batardeau, mesuré, commandé hors saison. Mais des sacs anti-inondation gonflantsaff. achetés en septembre servent ; achetés au rouge, le colis n’arrive pas.

Le point de décision du jaune : c’est là que la voiture change de place. Après, elle reste où elle est, quoi qu’il y ait dedans.

Vigilance orange : on monte, on coupe, on ne sort plus

L’orange, Météo-France le définit ainsi : « Soyez très vigilant. Des phénomènes dangereux sont prévus. » Pour la pluie-inondation, ses conseils de comportement tiennent en cinq lignes : « Je m’éloigne des cours d’eau et des points bas. Je ne m’engage pas sur une route immergée, même partiellement. J’évite de me déplacer. Je ne descends pas dans les sous-sols. Je mets mes biens hors d’eau et je localise mon kit d’urgence. »

Lisez la troisième. « J’évite de me déplacer » est la phrase qui sépare l’orange du jaune : tout ce qui restait à faire dehors est terminé.

La maison, puis le courant

Trois gestes, dans l’ordre. Les batardeaux se posent maintenant, à sec, sur les ouvertures mesurées d’avance ; les bouches d’aération basses s’obturent ; les sacs gonflants, si vous en avez, vont au bas de la porte de garage. Les meubles bas montent ou se calent, l’électroménager se débranche.

Puis le courant. Dès que l’eau approche du seuil — pas quand elle est dans le salon —, on coupe au disjoncteur général et on ferme le gaz. Une prise sous tension qui prend l’eau transforme le rez-de-chaussée en piège, et une installation qui a trempé ne se réarme pas : elle se fait contrôler.

Où dormir cette nuit

À l’orange, on décide où dort chacun — l’étage, ou chez quelqu’un en hauteur — et on y va tant que la rue est sèche. On monte la lampe, la radio et l’eau avec soi. Ce qui reste en bas est perdu pour la nuit, et ce n’est pas grave.

La lampe, justement. Le téléphone reste votre lien avec les secours ; le vider en torche est la première erreur de la nuit. Une lampe frontale à pilesaff. par personne, montée à l’étage au moment où l’on coupe le courant, règle la question pour le prix d’un repas.

Le point de décision de l’orange : c’est la dernière couleur où sortir est encore une option. On l’utilise pour aller dormir en hauteur, pas pour aller voir la rivière.

Vigilance rouge et pendant la crue : le point de non-retour

« Une vigilance absolue s’impose. Des phénomènes dangereux d’intensité exceptionnelle sont prévus. » C’est la définition du rouge, et elle laisse trois choses à faire, toutes sans bouger de l’étage : écouter, attendre, signaler.

Le point de non-retour n’est pas la couleur. C’est le moment où l’eau touche la rue devant chez vous. À partir de là, chaque sortie est un pari, et les termes du pari sont connus : Météo-France l’écrit sans détour, « la principale cause de décès lors d’une inondation est la conduite sur des routes immergées », et « seulement 30 cm d’eau en mouvement peuvent faire flotter une voiture et le courant peut l’emporter ». Trente centimètres. Un trottoir et demi, sous lequel on ne voit ni le regard d’égout ouvert ni la chaussée qui a cédé.

Les trois interdits

Le parking souterrain et la cave. Les voitures de Valence — plus de 109 000 déclarées hors d’usage — étaient dans les rues, sur les rampes et dans les parkings, exactement là où l’on descend « juste une minute ». Un parking se remplit par la rampe et l’on n’en ressort pas contre le courant qui y descend. Rien de ce qui s’y trouve ne vaut qu’on y aille. Rien.

La route. À pied comme en voiture, on ne traverse pas une route immergée, « même partiellement ». Le gué, le passage sous la voie ferrée, le pont submersible : ce sont les endroits qui tuent, précisément parce qu’on les connaît par cœur.

L’école. Les enfants y sont en sécurité, dans un bâtiment en dur, avec des adultes qui appliquent un plan. Le trajet pour aller les chercher ne l’est pas.

À l’étage, on écoute la radio — France Info, la station locale — et le téléphone pour FR-Alert. Le réseau mobile sature dans les premières heures ; une radio à manivelle avec panneau solaireaff. reste le seul canal qui ne dépend ni du courant ni des antennes, et le choix d’une radio d’urgence à manivelle se fait avant la saison. Si l’on est bloqué et que quelqu’un est en danger, c’est le 112, et un drap clair à la fenêtre : les secours cherchent les fenêtres, pas les portes. Si la maison est de plain-pied et que l’eau monte, on monte sur ce qu’on peut. Mais cette situation-là se règle au jaune, en convenant d’un étage refuge chez un voisin.

Pendant : le travail, c’est d’attendre

Une décrue apparente peut être suivie d’une seconde montée quand un ouvrage cède en amont. On reste en haut tant que l’eau monte ou stagne. On boit l’eau des bidons, pas celle du robinet. On garde le téléphone pour ce qui compte : un message court aux proches, le 112 en cas de danger. On ne sort pas « voir » le niveau, et on ne marche pas dans l’eau — regards ouverts, courant, hydrocarbures.

Les secours viennent à vous. Les personnes emportées sont celles qui sont allées vers eux.

La décrue : l’eau s’en va, les délais commencent

L’eau baisse, et le premier réflexe est de nettoyer. C’est le mauvais.

D’abord les photos. Chaque pièce, chaque objet abîmé, la trace d’eau sur le mur avec un mètre à côté. C’est cette échelle-là qu’un expert ne discute pas, et il faut donc un mètre ruban rigideaff. qui tienne seul contre un mur, pas un mètre de couturière. L’expert ne verra que ce que vous aurez gardé, et service-public.fr est précis sur ce qu’il attend : une « liste chiffrée de tous les objets perdus ou endommagés, accompagnée des documents permettant de prouver l’existence et la valeur des biens (factures, photographies par exemple) ». Les objets abîmés se gardent jusqu’au passage de l’expert.

Ensuite le calendrier. La crue devient une catastrophe naturelle quand un arrêté le dit, au Journal officiel ; à partir de cette publication, vous avez « au plus tard 30 jours » pour déclarer le sinistre à l’assureur. L’assureur, lui, doit verser une provision dans les 2 mois et solder dans les 3. Une franchise reste à votre charge — 380 € pour une habitation, en régime de catastrophe naturelle. Ce sont les chiffres de la page officielle au moment où j’écris ; un contrat peut prévoir mieux, jamais moins.

Puis l’eau. Le réseau peut être contaminé sans changer d’aspect : l’eau du robinet est tenue pour non potable jusqu’à ce que la mairie dise le contraire. On boit la réserve, on fait bouillir pour le reste. Un bidon d’eau alimentaire avec robinetaff. rempli au jaune couvre trois jours pour une personne ; c’est l’objet dont on se félicite le plus le lendemain.

Le courant. Ne réarmez rien. Un tableau ou une prise qui ont trempé ne sèchent pas, ils se remplacent, et c’est l’électricien qui réarme après contrôle. Si la coupure dure — elle dure souvent —, on est dans le cas de la coupure prolongée, avec le frigo à vider et le congélateur à surveiller.

Et les moisissures, qui s’installent en deux jours. Tout ce qui a bu l’eau part : plâtre, isolant, sous-couche, plinthes gonflées. Le reste sèche portes et fenêtres ouvertes, même en novembre — surtout en novembre. Une fois le courant revenu et les matériaux mouillés sortis, un déshumidificateur électriqueaff. finit le séchage des murs en semaines plutôt qu’en mois. Enfermé dans une pièce avec l’isolant trempé, il ne fait que déplacer l’humidité.

Ce qui ne sert à rien le jour J, et se vend quand même

Les sacs de sable, d’abord. Pas les sacs de sable en général — ceux qu’on va acheter le jour J. À l’orange, le magasin de bricolage est fermé ou vidé, la route pour y aller est celle qu’on ne doit plus prendre, et il faut des dizaines de sacs pour tenir une porte, remplis à la pelle, un par un, sous la pluie. Le sable qu’on n’a pas stocké en septembre n’existe pas.

La pompe vide-cave pendant la crue, ensuite. Elle a besoin de courant au moment où vous venez de le couper, et pomper une cave contre une nappe qui monte revient à écoper la mer. La pompe a un moment, et ce n’est pas celui-là : c’est après, une fois le courant revenu, quand l’eau extérieure est repartie et qu’il reste vingt centimètres au fond. Là, une pompe vide-cave submersible à flotteuraff. pour eaux chargées fait en une heure ce que le seau fait en une journée.

Et la voiture « sauvée ». Celle qu’on descend chercher au parking, celle qu’on sort de la rue inondée. Elle vaut ce que vaut une voiture. Vous valez plus, et les gens qui viendraient vous chercher aussi.

Ce que je ferais chez moi, dans l’ordre

Je commencerais par Géorisques, ce soir, avec l’adresse. Si le logement est en zone, je demanderais un devis pour des batardeaux mesurés et un clapet anti-retour avant l’hiver, et je saurais chez qui, à l’étage, on monte. Si le logement n’est pas en zone, je regarderais quand même où dort la voiture et ce qu’il y a à la cave, parce que le ruissellement ne lit pas les PPRI.

Puis je réglerais la question une fois pour toutes : le sac près de la porte de septembre à décembre, la pochette étanche dedans, deux bidons vides sur une étagère, une frontale par personne. Et deux favoris sur le téléphone, avec les horaires.

Ce n’est pas héroïque. C’est précisément le but : que le soir où la rivière passe orange, il n’y ait plus rien à décider — et rien à aller chercher. La même logique vaut pour se préparer à une tempête, où le vent remplace l’eau et où le jaune reste la seule couleur utile, et pour protéger sa maison d’un feu de forêt, où l’évacuation préventive est la règle et où le sac attend près de la porte tout l’été ; le guide pour se préparer à une catastrophe naturelle met les deux dans le même calendrier.

Questions fréquentes

Inondation, que faire en premier si l'eau monte pendant la nuit ?
Monter, et couper. Si l'eau approche du seuil, on coupe l'électricité au disjoncteur général et le gaz, puis tout le monde monte à l'étage avec la lampe, la radio, l'eau et le téléphone. On ne descend pas au sous-sol ni au parking, on ne sort pas en voiture, on n'ouvre pas la porte pour « voir ». Si quelqu'un est en danger, c'est le 112 ; si vous êtes bloqué, un drap clair à la fenêtre signale votre présence aux secours. Tout le reste — la voiture, les meubles, les cartons de la cave — se règle au jaune ou se perd. Une nuit de crue ne se gagne pas, elle s'attend, à l'étage, en écoutant la radio.
Faut-il couper l'électricité en cas d'inondation ?
Oui, au disjoncteur général, dès que l'eau approche du seuil de la maison ou du garage — pas quand elle est déjà dans le salon. Une prise sous tension qui prend l'eau transforme le rez-de-chaussée en piège. On ferme le gaz dans le même geste. Ce qu'on ne fait pas soi-même, c'est réarmer : un tableau, des prises ou un appareil qui ont trempé se remplacent, ils ne sèchent pas, et la remise sous tension après une crue se fait par un électricien, après contrôle. Pour une maison en zone inondable, remonter le tableau au-dessus de la ligne d'eau connue est un chantier à devis, à lancer avant la saison des pluies.
Comment savoir si ma maison est en zone inondable ?
Par Géorisques, le portail public des risques, qui cherche par adresse, par parcelle ou sur la carte et affiche les aléas connus pour le terrain. Le document que vous avez signé au bail ou à l'acte de vente — l'état des risques, dit ERRIAL — reprend les mêmes informations, et le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) de la commune, en mairie ou sur le site de la préfecture, trace les zones et les hauteurs d'eau de référence. Une limite : le ruissellement urbain sous orage n'a pas besoin de rivière ni de PPRI. Une cave ou un parking en point bas d'une ville est exposé même hors de toute zone cartographiée.
Pourquoi ne faut-il jamais descendre chercher sa voiture au parking souterrain ?
Parce qu'un parking se remplit par la rampe, vite, et qu'on n'en ressort pas contre le courant qui descend. Météo-France demande de ne pas descendre dans les sous-sols dès la vigilance orange, avant même que l'eau soit là. Le bilan de la DANA de Valence, en octobre 2024, compte plus de 109 000 véhicules déclarés hors d'usage : les voitures étaient dans les rues, sur les rampes et dans les parkings, là où l'on descend « juste une minute ». La voiture se déplace au jaune, en hauteur, quand les routes sont sèches. Après, elle reste où elle est, et elle vaut ce que vaut une voiture. Vous valez plus.
Quel délai pour déclarer une inondation à son assurance ?
Trente jours au plus tard après la publication au Journal officiel de l'arrêté de catastrophe naturelle, selon service-public.fr. En attendant l'arrêté, on prévient déjà son assureur, on photographie tout avant de nettoyer et on garde les objets abîmés pour l'expert. La déclaration comprend une liste chiffrée des biens perdus ou endommagés, avec factures ou photos à l'appui. L'assureur verse une provision dans les deux mois et l'indemnisation complète dans les trois, une franchise de 380 € restant à votre charge pour une habitation. Une inondation sans arrêté relève des garanties ordinaires du contrat, qui varient : lisez le vôtre avant la saison.
Peut-on boire l'eau du robinet après une inondation ?
Pas tant que la mairie ou le distributeur n'ont pas dit qu'elle était redevenue potable. Une crue peut contaminer le réseau ou le captage sans que l'eau change d'aspect ni de goût. En attendant l'avis, on boit la réserve — bidons remplis au jaune, packs de bouteilles — et on fait bouillir l'eau destinée à la cuisine. Comptez trois litres par personne et par jour, tout compris, ce qui met une réserve de trois jours pour quatre personnes à 36 litres. C'est encombrant ; c'est aussi la seule chose de la liste qu'on ne peut pas improviser une fois l'eau coupée ou déclarée impropre.
Un batardeau suffit-il à protéger une maison ?
Non, et il n'est utile que dans un cas précis : une maison dont les ouvertures ont été mesurées, pour une hauteur d'eau connue et inférieure à la sienne, avec les autres entrées traitées — bouches d'aération basses obturées, porte de garage fermée par des sacs gonflants, clapet anti-retour sur l'évacuation pour que les eaux usées ne remontent pas par les toilettes. Un batardeau se pose à sec, à l'orange, pas dans l'eau. Au-delà de sa hauteur, l'eau passe par-dessus, et le seul refuge reste l'étage. Il gagne du temps et sauve un rez-de-chaussée sur une crue modérée ; il ne remplace ni le PPRI, ni le sac près de la porte, ni la voiture garée en hauteur.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.

  • Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
  • Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
  • Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
  • Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.

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