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Refuge72

Se préparer à une catastrophe naturelle : le guide

Inondation, tempête, canicule, feu de forêt : chaque foyer a un premier risque, et ce n'est pas le même selon la rue, l'étage et la région. Ce guide sert à le trouver, puis à dérouler ce qui en découle : la vigilance, l'alerte, les trois jours avant, les trois jours après, la maison et l'assurance.

Baptiste S. Publié le 18 septembre 2026 Mis à jour le 18 septembre 2026
Table de cuisine le soir avec une radio à manivelle, une lampe frontale, un classeur de documents dans une pochette transparente et une carte de vigilance imprimée, volets fermés derrière

1,2 million.

C’est le nombre de foyers privés d’électricité au matin du 2 novembre 2023, après le passage de la tempête Ciarán sur la Bretagne et la Manche, d’après le récit qu’en fait Enedis. Des rafales à 207 km/h à la pointe du Raz, des lignes à terre, et une semaine pour rebrancher 96 % des foyers touchés. Une semaine. Pour les derniers, davantage.

Se préparer à une catastrophe naturelle, ce n’est pas se préparer à la fin du monde. C’est se préparer à cette semaine-là : le congélateur qui rend l’âme, le téléphone à 12 %, la route coupée, la mairie qui ouvre la salle des fêtes, l’assureur qui réclame des photos. Tout cela se prévoit. Et cela se prévoit mieux quand on sait quel aléa on attend chez soi, parce qu’un appartement au quatrième étage à Lille et une maison de plain-pied au bord d’un ruisseau du Gard n’ont pas le même premier risque.

Ce guide sert d’abord à trouver le vôtre. Ensuite, il déroule ce qui en découle : la vigilance, l’alerte, les trois jours avant, les trois jours après, la maison, l’assurance.

Connaître ses risques avant de préparer quoi que ce soit

Le premier réflexe est de préparer l’aléa qu’on a vu aux informations. Après Ciarán, on pense tempête ; après Valence, on pense inondation. C’est humain, et c’est à côté. Le risque qui compte est celui qui figure sur les cartes de votre commune, pas celui du journal de 20 h.

Ces cartes existent, elles sont publiques, et presque personne ne les ouvre.

Géorisques, l’adresse qui dit tout

Géorisques est le site public qui centralise les aléas. Sa rubrique d’entrée s’appelle littéralement « Connaître les risques près de chez moi » : on tape une adresse, ou une parcelle cadastrale, et la page liste ce qui a été recensé là. Inondation, mouvement de terrain, feu de forêt, séisme, retrait-gonflement des argiles, mais aussi les risques technologiques d’une usine voisine. On y lit les plans de prévention qui s’appliquent, la zone sismique, et les arrêtés de catastrophe naturelle déjà pris dans la commune, ce qui en dit long sur ce qui revient.

C’est la même base qui alimente l’état des risques remis à toute location ou toute vente, que le site propose gratuitement sous le nom d’ErrIAL. Si vous avez signé un bail ou un compromis récemment, vous l’avez eu dans la liasse.

Le DICRIM de la commune, le document qu’on ne lit jamais

Chaque commune exposée à un risque majeur rédige un document d’information communal sur les risques majeurs, le DICRIM. Il est consultable en mairie, souvent sur le site de la ville. C’est le seul document qui parle de votre rue : où sont les sirènes, quelles zones se remplissent en premier, quel gymnase sert de lieu d’accueil, à quel numéro appeler. Il se lit en vingt minutes, une fois.

Le problème, c’est qu’il ne descend pas jusqu’à votre porte. Pour ça, il y a les plans de prévention.

PPRI, PPRN, zonage sismique : ce qui s’applique à votre parcelle

Le plan de prévention des risques inondation (PPRI) ou naturels (PPRN) découpe la commune en zones et fixe des règles : ce qu’on peut construire, à quelle hauteur poser les prises, s’il faut un batardeau. Il contient surtout une donnée que rien d’autre ne donne : la hauteur d’eau de référence pour votre secteur, celle qui sert à dimensionner les protections. Trente centimètres et un mètre vingt ne se préparent pas avec les mêmes objets.

Le zonage sismique, lui, classe le territoire en cinq niveaux, de très faible à fort. L’essentiel de la métropole est en faible ou modéré, les Pyrénées, les Alpes et une partie du Grand Est montent d’un cran, et les Antilles sont en zone forte. Ce classement se lit aussi sur Géorisques.

Avant d’acheter quoi que ce soit, un mot sur ce qui ne sert à rien : le kit « spécial catastrophe » vendu tout fait dans les boutiques de survie. Il contient le même sifflet et la même couverture dorée que vous viviez à Brest ou à Nîmes. Le plan de la commune est gratuit, il vous concerne, et il vaut plus que le kit.

La matrice ci-dessous fait le tri par grandes familles de territoire. Elle raisonne large, et elle le dit : l’exposition réelle d’une parcelle se lit sur la carte officielle, pas dans un formulaire.

La matrice — 4 choix, 1 minute

Quels aléas naturels vous concernent, et dans quel ordre ?

0 / 4
01Le territoire — Où se trouve le logement ?
02Le niveau — À quel niveau vivez-vous, et avez-vous un sous-sol ?
03Le logement — Maison ou appartement ?
04La région — Dans quelle grande région ?
Rien n'est envoyé : le classement se fait dans votre navigateur. Pour l'adresse exacte, c'est Géorisques.

Le système de vigilance de Météo-France, et ce que chaque couleur change chez vous

Le système de vigilance est né après les tempêtes de décembre 1999, quand la France a compris qu’un bulletin météo ne suffisait pas à faire fermer les volets. Depuis, une carte par département, quatre couleurs, et une liste de phénomènes qui s’est allongée avec les années.

Le site de la vigilance en détaille neuf : vent, pluie-inondation, orages, neige-verglas, canicule, grand froid, vagues-submersion, avalanches, crues. La carte du lendemain est disponible à partir de 6 h du matin, et elle se met à jour dans la journée. Six heures. C’est le rendez-vous à connaître.

Ce que Météo-France demande, couleur par couleur

Le vert et le jaune ne changent rien à votre journée, sauf une chose : en jaune, on vérifie. Où est la lampe, combien d’eau au placard, est-ce que la voiture a du carburant. L’eau est le poste qu’on sous-estime, parce qu’en immeuble elle coupe avec le surpresseur : un bidon alimentaire de dix litres à robinetaff. par personne, rempli au jaune, évite de porter des packs quand les rayons sont vides. L’orange est le seuil d’action. Le rouge est le seuil d’immobilité.

CouleurCe que dit Météo-FranceCe que ça change chez moi
JaunePhénomène habituel, localement dangereuxJe vérifie le kit, l’eau, les piles, le plein. Rien d’autre.
Orange« Je me tiens informé auprès des autorités » et j’adapte mon comportementVolets, objets du jardin, voiture à l’abri, congélateur au maximum, recharges, sac près de la porte.
Rouge« Je reste chez moi et je me tiens informé auprès des autorités »Personne ne sort. Radio allumée, téléphone préservé, on attend la fin du phénomène.

Les conseils orange sont spécifiques à chaque phénomène, et la page qui les liste mérite d’être lue une fois en entier. Pour le vent : « Je protège ma maison et les biens exposés au vent », « Je limite mes déplacements ». Pour la pluie-inondation : « Je ne m’engage pas sur une route immergée, même partiellement ». Pour les orages : « J’évite d’utiliser mon téléphone et les appareils électriques ». Pour les vagues-submersion : « Je m’éloigne des côtes et des estuaires ». Ce sont des phrases courtes parce qu’elles sont faites pour être retenues.

Ce que la vigilance ne fait pas : elle ne vous dit pas ce qui se passe dans votre rue. Une vigilance orange pluie sur un département entier peut signifier rien du tout pour vous et un garage sous l’eau pour le voisin en contrebas. C’est là que le PPRI de la section précédente reprend la main.

La frise — cinq jalons, conservés sur votre appareil

Que faire à chaque couleur, et ce qu'on ne fait plus

0 / 24 gestes

Vigilance jaune — la fenêtre où tout est encore possible

« Soyez attentifs » : des débordements localisés sont possibles. Les routes sont sèches, les magasins ouverts, la voiture roule. C'est le seul moment où déplacer, monter et remplir ne coûte rien.

À faire — cochez au fur et à mesure

Ce qu'on ne fait plus à ce stade

  • Attendre l'orange pour déplacer la voiture
  • Descendre du matériel à la cave « pour le mettre à l'abri »

L'objet qui sert à ce jalon

Sacs anti-inondation gonflants

Ils se stockent à plat et gonflent au contact de l'eau : de quoi fermer le bas d'une porte de garage ou une bouche d'aération en dix minutes, sans sable ni pelle. Ils ne tiennent pas une porte d'entrée sous quarante centimètres — pour ça, c'est un batardeau mesuré. Achetés au jaune, ils servent ; achetés au rouge, les routes sont fermées.

Sacs anti-inondation gonflants → voir sur Amazon aff.

Le rappel avant la saison des crues ?

Les gestes du jaune se font en septembre, pas le soir où la rivière passe orange. Laissez votre adresse : un message avant la saison des pluies, avec cette frise à refaire — et rien d'autre.

FR-Alert, les sirènes, la radio : par où l’alerte vous arrive

La vigilance est une prévision. L’alerte, c’est autre chose : c’est quand les autorités décident qu’il faut vous dire quoi faire, maintenant.

FR-Alert, le message qui sonne même en silencieux

FR-Alert est déployé sur le territoire national depuis fin juin 2022. Le principe : une diffusion cellulaire, envoyée à tous les téléphones présents dans une zone de danger, sans inscription et sans application. Le site officiel le dit en une phrase : « La réception de cette notification ne nécessite aucune installation préalable sur votre téléphone. » La notification arrive avec un signal sonore spécifique, même si le téléphone est en mode silencieux.

Il y a deux limites, et le site les assume. Le délai de réception varie selon la marque du téléphone, l’opérateur et l’endroit où l’on se trouve. Et il faut du réseau : une antenne tombée avec la tempête ne diffuse rien. FR-Alert complète donc les sirènes, les médias et les réseaux sociaux ; il ne les remplace pas.

Les sirènes, et ce qu’elles ne disent pas

Le réseau de sirènes fait son essai mensuel à midi, et la plupart des gens n’y prêtent plus attention. C’est dommage, parce que le signal réel est différent de l’essai : trois cycles montants et descendants, séparés par des silences. Il signifie une seule chose : mettez-vous à l’abri et écoutez la radio. Il ne dit pas de quoi il s’agit. Votre DICRIM précise où sont les sirènes de la commune et ce qu’elles couvrent.

La radio, le seul canal qui reste quand tout tombe

Quand le réseau mobile sature, ce qui arrive systématiquement dans les premières heures, les consignes passent par la FM : France Info, ICI (l’ex-France Bleu) pour le local. J’ai relu ce point dans le livret « Tous responsables » de l’automne dernier, et il n’y a pas d’ambiguïté : la radio y figure comme l’objet de base du foyer. Le guide sur la radio d’urgence à manivelle détaille les arbitrages entre manivelle, piles et solaire.

Ce que j’en pense : une petite radio à manivelle avec panneau solaire et prise USBaff. règle la question pour de bon. Elle donne l’information, un peu de lumière et de quoi remonter un téléphone. Notez dessus, au marqueur, la fréquence de la station locale : le soir où ça compte, on ne cherche pas.

Se préparer à une catastrophe naturelle : le déroulé de J-3 à J+3

Chaque aléa a son article et son propre calendrier. Mais il existe un tronc commun, et c’est lui qu’on apprend d’abord. Le voici, jalon par jalon, dans une version que je déroulerais chez moi quelle que soit la couleur de l’aléa.

J-3 à J-2 : ce qui se vérifie pendant qu’il fait encore beau

À trois jours, la vigilance n’est pas encore là, mais les prévisions parlent. C’est le moment le moins cher de toute la préparation : rien ne manque en magasin, personne ne fait la queue à la station. On vérifie le kit de survie 72 h : l’eau, à raison de trois litres par personne et par jour — le calcul et le stockage sont détaillés dans la réserve d’eau potable à la maison —, les repas sans cuisson, les piles, la trousse de soins, les traitements du foyer avec quelques jours d’avance.

La trousse de soins est le poste qu’on croit avoir et qu’on a vidé au fil de l’année : ce qui manque toujours, ce sont les compresses et les bandes, jamais les pansements. Une trousse de premiers secours garnieaff. ouverte et complétée à J-3 évite la pharmacie fermée de J-1.

On fait le plein, on vérifie le gaz du réchaud, on charge tout ce qui se charge.

Et on relit le plan familial : qui va chercher qui, où l’on se retrouve si les téléphones ne passent plus, quel contact hors de la région centralise les nouvelles.

J-1 : la vigilance passe orange, la maison se ferme

La carte de 6 h a viré à l’orange. À partir de là, on compte en heures. Volets fermés, objets du jardin rentrés ou attachés, voiture sortie de dessous l’arbre, congélateur poussé au maximum pour gagner des heures de froid. Les documents importants rejoignent la pochette étanche, avec les photos de la maison prises pour l’assurance, pièce par pièce.

Le sac d’évacuation sort du placard et se pose près de la porte. Pas parce qu’on va partir, mais parce que si on le demande, on aura dix minutes, pas une heure. Son contenu ne s’improvise pas ce soir-là : la liste complète du sac d’évacuation se coche en septembre, une fois.

Jour J : on ne bouge plus, on écoute

Radio allumée sur la station locale, téléphone en économie d’énergie, tout le monde dans la pièce la plus sûre. On ne sort pas voir. On ne prend pas la voiture pour vérifier le garage. La consigne de Météo-France en rouge tient en une phrase : rester chez soi et se tenir informé.

Une seule exception, et elle ne se discute pas : si l’eau entre, on monte. Immédiatement, sans rien emporter d’autre que le sac et les gens.

J+1 : le jour des lignes au sol et des mauvaises surprises

Le lendemain est plus dangereux qu’il n’en a l’air. Lignes électriques à terre, tuiles qui achèvent de tomber, arbres fragilisés, routes minées par l’eau, eau du robinet peut-être impropre. On ne touche à rien qui pende. On ne roule pas sur une chaussée encore immergée. On photographie tout avant de ranger, pour l’assureur.

J+2 à J+3 : la coupure qui dure

C’est là que la préparation se voit. La coupure d’électricité prolongée a son heure par heure : le frigo tombe le premier jour, le congélateur tient le deuxième s’il est resté fermé, et à partir du troisième la question devient le chauffage, l’eau chaude et l’information. Au-delà de soixante-douze heures, on change d’échelle : ce n’est plus une catastrophe naturelle, c’est une crise, et le guide pour se préparer à la guerre traite précisément des paliers de deux semaines et d’un mois, sans dramatiser, poste par poste.

Inondation : l’eau monte plus vite qu’on ne range

Le 29 octobre 2024, dans la région de Valence, en Espagne, la pluie est tombée en quelques heures avec une violence que les habitants n’avaient jamais vue. Les rues des villages en aval sont devenues des rivières, les voitures se sont empilées contre les façades, et des gens se sont retrouvés piégés dans des rez-de-chaussée et des parkings souterrains alors que le ciel, chez eux, était encore sec. Ce qui a rendu cette DANA meurtrière, c’est que l’eau est arrivée d’ailleurs.

C’est la leçon principale de l’inondation : elle vient rarement du ciel au-dessus de votre tête. Elle vient d’un cours d’eau, d’une pente, d’un réseau d’égouts saturé. Et elle monte en minutes.

Pour la journée elle-même, l’article inondation que faire déroule les gestes couleur par couleur, du jaune à la décrue. Ce qui relève du pilier, c’est ce qui se décide avant, à froid.

Rez-de-chaussée, sous-sol, voiture : les trois postes

Un rez-de-chaussée en zone inondable se prépare avec la hauteur d’eau du PPRI en tête. Trente centimètres, c’est un batardeau à la porte et les prises remontées. Un mètre, c’est un étage de repli et l’acceptation que le rez-de-chaussée sera perdu.

Le sous-sol, lui, se remplit toujours en premier, et c’est là que les gens meurent : parking souterrain, cave, garage enterré. Rien de ce qui s’y trouve ne vaut d’y descendre quand l’eau arrive. La voiture non plus.

La voiture est justement le troisième poste. Elle se déplace à J-1, vers un point haut connu d’avance, et elle n’entre plus dans une rue immergée ensuite, même de vingt centimètres. C’est la consigne orange de Météo-France, mot pour mot.

Le batardeau, et ce qui va avec

Contre une crue de rivière, un batardeau ne sert à rien. Contre le ruissellement et les remontées d’orage, c’est l’objet le plus rentable de cette page. Il se mesure à la largeur de l’ouverture, se pose avant la pluie, et n’a de sens qu’avec un clapet anti-retour sur l’évacuation des eaux usées, sans quoi l’eau remonte par la douche et les toilettes pendant que la porte tient.

Pour les seuils secondaires, la porte du garage, le soupirail, je préfère des sacs anti-inondation qui gonflent au contact de l’eauaff. à des sacs de sable qu’on n’a jamais sous la main le soir où il pleut. Ils se stockent à plat dans un placard, pèsent quelques centaines de grammes secs, et se posent en deux minutes. Ils ne remplacent pas un batardeau à la porte principale ; ils le complètent.

Tempête : tout se joue à J-2

Ciarán a un mérite pédagogique : elle a été parfaitement annoncée. Vigilance rouge sur le Finistère, les Côtes-d’Armor et la Manche la veille, cartes commentées à la télévision, consignes répétées. Et pourtant, au matin du 2 novembre, 1,2 million de foyers étaient sans courant, dont une grande majorité en Bretagne, selon Enedis. Ce n’est pas l’alerte qui a manqué. Ce sont les lignes, tombées avec les arbres.

La tempête est donc l’aléa le plus prévisible et celui dont on prépare le moins bien la conséquence : la coupure. L’article se préparer à une tempête reprend Ciarán heure par heure, avec un audit de l’extérieur de la maison et un compte à rebours mémorisé. Ici, l’essentiel.

À J-2, la vigilance est jaune ou orange et le vent n’a pas commencé. C’est la seule fenêtre pour monter sur un escabeau : gouttières, tuiles qui bougent, antenne, branche au-dessus du toit. Après, c’est trop tard, et c’est dangereux.

À J-1, on range le jardin. Tout ce qui vole : trampoline, salon de jardin, poubelles, pots. Ce qui ne rentre pas s’arrime au sol ou au mur avec des sangles à cliquetaff., pas avec une corde qui se détend à la première rafale. On ferme les volets battants, on baisse les roulants. La voiture quitte le dessous des arbres et des lignes.

Le soir de la tempête, la question n’est plus le vent, c’est la nuit sans courant. Le réflexe du téléphone en lampe torche est le pire : c’est votre seul lien avec l’extérieur, et il sera vide à minuit. Une lanterne LED de camping, rechargeable et sur pilesaff., posée au milieu de la table, éclaire une pièce entière pendant des heures, ce qu’aucune frontale ne fait. Une par pièce de vie, et les frontales pour circuler.

Ce que la tempête n’exige pas : un groupe électrogène en appartement. Il y est interdit, il y est mortel, et la coupure d’un immeuble en ville dure rarement plus d’une nuit. Pour une maison en zone boisée, où la coupure se compte en jours, l’arbitrage entre station d’énergie portable et groupe électrogène se fait avant la saison, pas le soir de la panne.

Canicule : la catastrophe qui ne fait pas de bruit

Août 2003 reste la catastrophe naturelle la plus meurtrière de l’histoire récente du pays, et elle n’a cassé aucune tuile. Santé publique France chiffre l’excès de décès à environ 14 800 entre le 1er et le 20 août, soit 60 % de plus que la mortalité attendue sur la période. Des personnes âgées, seules, dans des appartements sous les toits, en ville. Personne n’a évacué qui que ce soit. Il faisait simplement trop chaud, trop longtemps, y compris la nuit.

Le plan canicule est né de cet été-là, et la vigilance canicule aussi. Ce qui n’a pas changé, c’est le logement : les étages élevés en ville dense chauffent toujours plus que le reste.

Se préparer à une canicule, c’est préparer une pièce, pas un stock. L’article canicule sans climatisation démonte les idées reçues (ouvrir en grand pour aérer, le ventilateur qui suffirait) et donne un plan heure par heure. Le principe tient en deux phrases : fermer le jour, ouvrir la nuit, et désigner la pièce la plus fraîche comme dortoir commun le temps de l’épisode.

Pour savoir laquelle, il faut mesurer. Un thermomètre-hygromètre d’intérieur avec mémoire des mini et maxiaff. dans deux ou trois pièces, une semaine de juin, dit sans discussion où dormir en juillet.

Et puis il y a les voisins. La canicule est le seul aléa de ce guide où frapper à la porte d’à côté fait partie de la préparation. Le voisin isolé au-dessus, on le connaît avant l’été.

Feu de forêt : les cinquante mètres autour de la maison

En juillet 2022, les feux de Landiras, en Gironde, ont brûlé pendant des semaines, vidé des campings et des villages entiers, et rappelé une chose que les communes du Sud savaient déjà : le feu ne s’arrête pas à la lisière, il saute. Il saute par les braises, portées par le vent bien devant le front, et ce sont elles qui allument une haie, un tas de bois contre la façade, une gouttière pleine d’aiguilles.

C’est pour cela que le paramètre unique de cet aléa est une distance : les cinquante mètres de débroussaillement obligatoire autour des constructions dans les communes exposées. L’article feu de forêt protéger sa maison est construit autour de cette distance, anneau par anneau, avec ce qui est obligatoire et ce qui est seulement raisonnable.

Le feu est aussi l’aléa où la préparation se fait dehors : pas de bois contre la maison, haie éloignée, gouttières propres, volets pleins plutôt que persiennes, tuyau d’arrosage qui atteint le toit. Ce dernier point est une mesure, pas une intention : si le jet n’atteint pas le faîtage depuis le robinet extérieur, le tuyau est trop court, et c’est le seul critère qui compte. Un tuyau d’arrosage long monté sur dévidoiraff. se déroule en une minute et sert tout l’été, ce qui est la meilleure garantie qu’il fonctionnera le jour où il faudra mouiller une façade. Et le sac d’évacuation près de la porte tout l’été, parce que l’évacuation préventive est la règle, pas l’exception.

L’été 2026 a rappelé à quelle échelle cela se produit : 220 000 évacuations cumulées en Gironde, vingt-trois communes, dix jours. C’est le versant que le débroussaillement ne couvre pas, et il a son propre déroulé — recevoir la consigne, charger dans le bon ordre, les animaux, l’hébergement, le retour sur autorisation. L’article évacuation incendie forêt : que faire dissèque ce cas girondin de bout en bout, chiffres de préfecture à l’appui.

Quand les autorités demandent au contraire de se confiner, ce qui arrive lorsque les routes sont plus dangereuses que les maisons, c’est la fumée qui devient le problème. Une boîte de masques FFP2 à la norme EN 149aff., pas trois masques au fond d’un tiroir, rend l’attente supportable, surtout pour les enfants et les gens qui toussent déjà. La fumée dure des jours.

Séisme, neige et verglas, orage, submersion : les aléas qu’on ne prépare jamais

Quatre aléas n’ont pas d’article dédié sur le site. Ils ont un point commun : on ne les prépare pas parce qu’on ne les attend pas.

Séisme : aucune vigilance ne le précède

C’est le seul aléa de cette liste qui ne prévient pas. Sans carte de 6 h, sans J-1, la préparation se fait entièrement avant : fixer au mur les meubles hauts et la télévision, ne rien accrocher de lourd au-dessus des lits, connaître le geste (à terre, sous une table, on s’accroche) et le refaire une fois avec les enfants. Aux Antilles, en zone forte, cela fait partie de la vie. En métropole, c’est une heure de visserie qu’on ne regrette jamais.

Neige et verglas : la coupure, encore

La neige lourde casse les lignes comme le vent, et ferme les routes en plus. Ce qu’on prépare, c’est deux ou trois jours enfermé sans courant, et donc la question du chauffage : un logement chauffé uniquement à l’électricité doit avoir une solution de repli sûre — l’article se chauffer sans électricité trie ce qui est admis dedans et ce qui tue —, et le monoxyde de carbone se traite par détecteur, aération et sortie, jamais par une astuce. Le détecteur s’achète avant l’appareil, jamais l’inverse : un détecteur de monoxyde de carbone certifié EN 50291aff. à pile scellée dix ans se pose une fois et ne demande plus rien. Le reste est le même déroulé que la tempête.

Orage et grêle : le poste que l’assurance connaît bien

L’orage coupe le courant et grille ce qui reste branché ; la grêle perce les tuiles et cabosse les voitures. Il produit aussi, quelques fois par an en France, une tornade : Keraunos en a classé une en EF3 à Pomas, dans l’Aude, le 24 août 2026. Et là, le régime de catastrophe naturelle ne joue pas — c’est la garantie tempête du contrat qui paie, avec sa franchise et ses exclusions. L’article tornade en France : que faire démonte cette confusion et donne la pièce où s’abriter. Deux gestes à l’annonce d’un front : la voiture à l’abri, et la box, la télévision et l’ordinateur débranchés. Pour ce qu’on ne peut pas débrancher, une multiprise parafoudre sur la box et le téléviseuraff. coûte moins qu’une seule des deux réparations. Elle ne protège pas d’un coup de foudre direct ; elle protège des surtensions ordinaires, qui sont l’immense majorité des cas.

Submersion marine : l’inondation qui vient de la mer

Sur le littoral, une forte dépression, un vent d’ouest et une marée haute au même moment font entrer la mer dans les rues. La vigilance vagues-submersion existe pour ça, et sa consigne orange est sans nuance : « Je m’éloigne des côtes et des estuaires ». Un rez-de-chaussée ou un parking enterré en front de mer se prépare comme une zone inondable, avec un détail en plus : l’eau salée abîme davantage, et les prises basses se protègent aussi.

La maison : volets, toiture, gouttières, batardeaux

Tout ce qui précède se joue en jours. La maison, elle, se prépare en saisons, et la plupart des dégâts d’une catastrophe naturelle ordinaire viennent de choses qu’on aurait pu voir en octobre.

Les volets d’abord. Un volet battant fermé et verrouillé protège une vitre du vent, des branches et des braises ; un volet roulant baissé protège du soleil et de la grêle, mais son tablier peut sortir des coulisses sous une rafale violente s’il est ancien. Une maison sans volets sur la façade exposée est une maison qui perd une vitre à chaque tempête.

La toiture ensuite. Une tuile qui bouge en septembre est une tuile qui part en novembre, et derrière elle, dix autres. Un contrôle visuel du sol, aux jumelles, à chaque changement de saison ; un couvreur si quelque chose cloche. Le faîtage et les rives sont les points faibles.

Les gouttières, enfin. Pleines de feuilles, elles débordent sur la façade et dans les fondations lors du premier orage d’automne ; pleines d’aiguilles, elles s’allument sous une braise. Nettoyées deux fois par an, elles ne posent aucun problème.

Reste le sous-sol et le rez-de-chaussée en zone inondable. Pour une porte d’entrée de largeur courante et une hauteur d’eau de référence modeste, les batardeaux à largeur réglable du commerce font le travail, à condition de mesurer l’ouverture avant de commander et de vérifier que le seuil est plan.

Idéal pour : un rez-de-chaussée exposé au ruissellement, porte standard

Batardeau de porte anti-inondation à largeur réglable

  • Se pose sans outil en quelques minutes, avant la pluie
  • Réutilisable d'une saison à l'autre
  • Joints à contrôler une fois par an, rien d'autre à entretenir
  • Se range à plat derrière une porte

Le défaut : il retient trente ou quarante centimètres, pas une crue, et il ne sert à rien sans clapet anti-retour sur l'évacuation des eaux usées.

Prix du jour et disponibilité sur Amazon

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Lien partenaire Amazon : si vous achetez via ce lien, le site touche une commission, sans surcoût pour vous.

Au-delà, on sort de ce qu’un foyer fait seul.

L’assurance catastrophe naturelle : l’arrêté, les 30 jours, la franchise

Le sinistre passé, la deuxième catastrophe commence : celle des papiers. Elle est mieux balisée qu’on ne le croit, à condition de connaître trois choses.

La première : le régime « catastrophe naturelle » ne se déclenche pas parce qu’il a plu fort chez vous. Il se déclenche par un arrêté interministériel, publié au Journal officiel, qui reconnaît l’état de catastrophe naturelle pour une liste de communes, une période et une nature de dommages. Sans arrêté, vous êtes dans le droit commun de votre contrat, tempête, grêle ou dégât des eaux, avec ses propres règles.

La deuxième : la garantie est incluse automatiquement dans les contrats qui couvrent les dommages aux biens, à commencer par la multirisque habitation. Vous ne la souscrivez pas à part. Un logement non assuré n’est pas couvert du tout, arrêté ou pas.

La troisième : les délais, ci-dessous.

Ce que l’assureur demandera, on le prépare avant : des photos de chaque pièce et de l’extérieur, datées, refaites une fois par an ; les factures des gros achats ; une copie du contrat. C’est le rôle des documents importants en cas d’urgence, rassemblés une bonne fois, avec une sauvegarde numérique hors de la maison.

Le support physique compte aussi. Une inondation détruit les papiers en une heure, et une pochette étanche au format A4aff. dans le sac d’évacuation ou en haut d’une armoire coûte moins qu’un timbre. Elle contient les copies, pas les originaux, et une feuille avec les numéros de contrat et le téléphone de l’assureur, parce que le jour où on en a besoin, le téléphone est à plat et l’ordinateur sous l’eau.

Un soir d’octobre, à 16 h

Je me projette. La carte de vigilance passe orange vent et pluie-inondation pour le lendemain sur votre département, un jeudi de fin octobre, à la mise à jour de l’après-midi.

Dans le foyer qui n’a rien lu, la soirée sera une course : le magasin de bricolage pour des piles, le supermarché pour de l’eau, la station-service avec quinze voitures devant, et le jardin rangé dans le noir sous les premières rafales. Dans le foyer qui a fait ce que ce guide décrit, la soirée sera ordinaire. Les volets se ferment à 19 h, la voiture va au bout de la rue, le sac est déjà près de la porte, la radio est sur la table avec la fréquence écrite dessus, et on regarde un film.

Le lendemain, 1,2 million de foyers ou pas, la différence entre les deux maisons ne sera pas la chance. Ce sera un jeudi soir de plus, ou de moins.

Questions fréquentes

Comment se préparer à une catastrophe naturelle quand on vit en appartement ?
En appartement, le risque principal est rarement l'eau qui entre : c'est la coupure. Électricité, ascenseur, parfois l'eau si l'immeuble a un surpresseur, et le réseau mobile qui sature. La préparation tient donc en trois postes : de quoi s'éclairer et s'informer sans courant (lampes frontales, radio autonome), trois jours d'eau et de repas sans cuisson, et un sac prêt si les autorités demandent de quitter l'immeuble. Ajoutez la canicule, qui frappe d'abord les étages élevés en ville dense, et le parking souterrain si vous en avez un : c'est lui qui se remplit en premier lors d'une pluie violente. Le DICRIM de la commune vous dira où sont les points de rassemblement.
Où trouver les risques naturels de mon adresse ?
Sur Géorisques, le site public du ministère chargé de l'écologie : vous tapez votre adresse dans la rubrique « Connaître les risques près de chez moi » et la page liste les aléas recensés, les plans de prévention qui s'appliquent, la zone sismique et les arrêtés de catastrophe naturelle déjà pris dans la commune. C'est la même base que l'état des risques remis à toute location ou vente. Complétez avec le DICRIM de la mairie, qui donne les consignes locales, et avec le PPRI ou le PPRN si votre commune en a un : c'est là que figurent la hauteur d'eau de référence et les obligations qui pèsent sur votre parcelle.
Que change une vigilance orange par rapport à une vigilance jaune ?
Le jaune signale un phénomène habituel mais localement dangereux : on vérifie, on suit. L'orange, d'après Météo-France, demande de se tenir informé auprès des autorités et d'adapter son comportement au phénomène : c'est le moment où l'on agit sur la maison, la voiture, les courses et les recharges, parce qu'à partir de là il reste quelques heures. Le rouge signifie rester chez soi. Concrètement, le passage au orange est le jalon qui déclenche le déroulé de J-1 : volets, objets du jardin, congélateur au maximum, sac près de la porte, téléphone et batterie chargés. La carte du lendemain est publiée à 6 h du matin, ce qui laisse la journée.
FR-Alert fonctionne-t-il sans application et sans réseau ?
Sans application, oui : FR-Alert utilise la diffusion cellulaire, déployée sur le territoire depuis fin juin 2022, et ne demande aucune installation sur le téléphone. Vous recevez une notification avec un signal sonore spécifique, même en mode silencieux, si vous êtes dans la zone visée. Sans réseau mobile, non : le message passe par les antennes, donc un téléphone hors couverture ou une antenne tombée avec la tempête ne reçoit rien. C'est la raison pour laquelle FR-Alert complète les sirènes et la radio sans les remplacer. Le site officiel précise aussi que le délai de réception varie selon la marque du téléphone, l'opérateur et l'endroit où l'on se trouve.
Combien de temps a-t-on pour déclarer un sinistre catastrophe naturelle ?
Trente jours au plus tard après la publication au Journal officiel de l'arrêté interministériel qui reconnaît l'état de catastrophe naturelle pour votre commune, d'après service-public.gouv.fr. Attention au piège : ce délai court à partir de l'arrêté, qui peut sortir des semaines après l'événement. Rien n'empêche de prévenir l'assureur tout de suite, et c'est même conseillé. La garantie est incluse automatiquement dans les contrats qui couvrent les dommages aux biens, la multirisque habitation en tête. Une franchise légale s'applique, 380 € pour une habitation, et l'assureur doit verser une provision sous deux mois puis l'indemnisation complète sous trois mois à compter de l'état estimatif.
Faut-il évacuer ou rester chez soi pendant une catastrophe naturelle ?
Ce n'est pas vous qui décidez, et c'est une bonne nouvelle : la décision d'évacuer ou de se confiner appartient aux autorités, qui la transmettent par FR-Alert, par les sirènes, par la radio et par la mairie. Votre travail, c'est d'être en état d'obéir vite. Pour l'évacuation : un sac prêt, les documents dans une pochette, un point de rassemblement connu de tous, la voiture avec du carburant. Pour le confinement : de l'eau, de quoi manger sans cuisson, de quoi s'éclairer et s'informer, et les volets fermés. Le seul geste à prendre seul, sans attendre : monter à l'étage quand l'eau entre, et ne jamais rouler sur une route immergée.
Un batardeau suffit-il contre une inondation ?
Contre une crue de rivière qui monte d'un mètre, non. Contre les vingt ou trente centimètres qui ruinent un rez-de-chaussée lors d'un orage ou d'un ruissellement, c'est l'objet le plus efficace qui existe, à condition d'être à la bonne dimension, posé avant la pluie, et accompagné d'un clapet anti-retour sur l'évacuation des eaux usées, sinon l'eau remonte par les toilettes et la douche. Le clapet se pose par un plombier ; le batardeau se mesure à la largeur de l'ouverture et à la hauteur d'eau donnée par le PPRI. Pour les seuils secondaires et les portes de garage, des sacs anti-inondation qui gonflent au contact de l'eau se rangent dans un placard et se posent en deux minutes.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.

  • Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
  • Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
  • Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
  • Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.

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