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Refuge72

Sac d'évacuation : la liste complète et pesée par personne

Sac d'évacuation liste complète : postes par personne du plus lourd au plus léger, le poids cible selon le porteur. Pesez le vôtre avant d'ajouter un gramme.

Baptiste S. Publié le 18 septembre 2026 Mis à jour le 18 septembre 2026
Un sac à dos de randonnée posé debout près d'une porte d'entrée, une paire de chaussures à côté, un bidon d'eau au pied du sac

Un sac à dos vert, posé debout contre le mur de l’entrée, à gauche de la porte. Une paire de chaussures devant. Un bidon de dix litres à côté, avec une date au marqueur. La sangle de poitrine est bouclée, le rabat fermé, et sur le rabat une fiche plastifiée : la liste de six lignes qu’on lit sans réfléchir avant de sortir.

C’est à ça que ressemble un sac d’évacuation quand il est fini. Ce que Géorisques appelle le kit d’urgence 72 h, à condition qu’il reste « facilement accessible », et dont le livret « Tous responsables » de l’automne dernier donne la liste à chaque foyer sans jamais dire combien elle pèse.

Le problème d’une liste de sac d’évacuation, ce n’est pas d’être incomplète. C’est d’être trop longue, additionnée sans être pesée, et de finir dans un sac que personne ne peut porter au-delà du parking. Ce qui suit prend donc les postes du plus lourd au plus léger, avec les quantités par personne, et dit à chaque fois ce que le poste achète réellement.

L’ordre de grandeur du sac d’évacuation, avant la liste

Deux chiffres commandent tout le reste. Le premier est celui de la FFRandonnée : 20 % du poids du porteur, c’est le maximum recommandé pour une randonnée itinérante de plusieurs jours, « excessif pour une simple journée de marche ». Une femme de 55 kg, 11 kg. Un homme de 80 kg, 16 kg.

Le second est celui de Géorisques : 6 litres d’eau par personne dans le kit 72 h. Six kilos. Pour une famille de quatre, vingt-quatre.

Mettez les deux côte à côte et la contradiction saute aux yeux. Un foyer ordinaire qui descend trois étages avec un enfant sur le bras, un soir d’alerte, ne porte pas ça. Je retiens 10 % comme cible et 15 % comme plafond, et je considère que l’eau ne va pas entièrement dans le sac : trois litres portés par personne, le reste dans un bidon posé à côté, qu’on emporte si on part en voiture et qu’on laisse si on part à pied.

Côté budget, un sac complet pour une personne, en partant de rien, se situe dans un ordre de grandeur de quelques centaines d’euros, indicatif — et il tombe de moitié dès qu’on utilise ce que la maison contient déjà. Le seul poste où il ne faut pas économiser, on y arrive tout de suite.

Le sac lui-même : ce que l’écart de prix achète

Le sac est le seul objet de la liste qui porte tous les autres, et c’est celui qu’on choisit le plus mal. Deux erreurs se partagent le marché : le sac à dos de ville, sans ceinture, où dix kilos tirent sur la nuque au bout de vingt minutes ; et le sac « tactique », couvert de sangles et de compartiments, lourd à vide et voyant.

Ce que l’écart de prix achète, c’est la ceinture. Une vraie ceinture rembourrée, qui se serre sur les hanches, transfère l’essentiel du poids sur le bassin au lieu des épaules. Ensuite viennent le dos aéré, le rabat avec une poche haute, deux poches latérales pour les bouteilles. Un volume de 30 à 40 litres suffit pour une personne ; au-delà, on remplit parce qu’il y a de la place, et le sac finit à 15 kg.

Mon avis est net : un sac de randonnée de 35 litres avec ceinture rembourréeaff., d’une marque de montagne ordinaire, sans rien d’accroché dehors. Il pèse entre un et un kilo et demi à vide, et c’est déjà 15 % du budget-poids d’un porteur de 70 kg. Le sac vide est le premier objet à peser.

L’eau et sa filtration : le poste le plus lourd, et le seul où l’on peut économiser des kilos

Le 29 octobre 2024, la DANA qui a frappé la province de Valence a coupé l’eau, l’électricité et les routes de dizaines de communes en quelques heures. Un an plus tard, l’hommage d’État à la Cité des arts et des sciences comptait 237 victimes. Les gens qui ont dû quitter leur rez-de-chaussée ce soir-là ne portaient pas six litres d’eau par personne. Ils portaient ce qu’ils avaient dans les mains.

C’est là que la liste de Géorisques et la réalité du portage se séparent. Six litres par personne sont justes pour trois jours à la maison. Dans un sac porté, ils sont impossibles pour un enfant, pénibles pour un adulte, et ils condamnent le reste de la liste.

Trois litres, ce sont deux bouteilles de 1,5 L, une par poche latérale, pour l’équilibre. À cela j’ajoute une gourde filtrante à membraneaff. ou une paille : elle pèse moins de cent grammes et transforme un robinet douteux, un ruisseau ou une flaque de gouttière en eau qu’on peut boire. Le critère qui compte n’est pas le débit annoncé, c’est ce que la membrane arrête — bactéries et protozoaires au minimum. Le détail par technologie est dans l’article sur le filtre à eau de randonnée, qui vaut aussi pour un sac qu’on n’emporte jamais en montagne.

Le bidon qui reste près de la porte, lui, peut contenir les trois litres manquants de chaque personne. Ready.gov compte un gallon par personne et par jour, boisson et hygiène comprises, soit un peu moins de quatre litres : la réserve de la maison, celle qu’on décrit dans le guide du kit de survie 72 h, n’a pas à tenir dans un sac. Elle se stocke en bouteilles ou en bidons, se renouvelle à date fixe, et c’est le sujet à part de la réserve d’eau potable à la maison.

L’abri et la chaleur : là où économiser coûte plus cher

Un sac qui part en février ne ressemble pas à un sac qui part en juillet, et pourtant on n’en a qu’un. Le poste abri et chaleur se règle donc sur l’hiver et s’allège en été, pas l’inverse.

Le socle tient en quatre objets. Une couverture de survie épaisse et réutilisableaff., de celles qui se déplient sans se déchirer, pas la feuille d’or à usage unique qui se perce au premier angle. Un poncho qui couvre le porteur et le sac : il remplace la veste de pluie et la housse. Une couche chaude — polaire, bonnet, gants —, et des chaussettes de rechange dans un sac plastique fermé, parce qu’un pied mouillé en novembre décide de la suite de la nuit.

Ce qui se passe quand ce poste manque, les évacuations le montrent mieux que n’importe quel argument. En Gironde, le 17 juillet 2022, le point de la préfecture donnait 4 100 personnes évacuées à Landiras, dont 1 900 la veille, et 10 000 à La Teste-de-Buch depuis le début de la crise. Des nuits d’été, en plein air ou dans des gymnases. Même en juillet, dormir sur un sol de gymnase sans rien pour se couvrir est une nuit blanche, et la nuit blanche, c’est ce qui abîme le lendemain.

Le sac de couchage léger et la tente sont facultatifs, et c’est par eux que le sac dépasse le plafond. Je les garde dans le placard à côté, prêts à partir si on part en voiture. À pied, on ne les emporte pas : on va vers un abri, pas vers une forêt.

Le peseur — conservé sur votre appareil

Combien pèse votre sac, et qui va le porter ?

Cochez ce que vous mettez dedans, corrigez les poids si vous les connaissez, puis indiquez le poids de la personne qui portera le sac. Les grammes proposés sont des ordres de grandeur, pas des fiches produit.

Le sac

L'eau et sa filtration

L'abri et la chaleur

L'énergie et la lumière

Les soins

Les documents et l'argent

La nourriture et l'hygiène

Poids du sac chargé

0 kg

010 %15 %20 %

Rien n'est envoyé : le calcul se fait dans votre navigateur.

Ce que le peseur ne fait pas, c’est décider à qui va chaque sac : un adolescent de 45 kg porte 4,5 kg en cible, pas la moitié du kit familial.

L’énergie et la lumière : ce qui tient trois jours, et ce qui tient trois heures

Le téléphone est le seul objet du sac qui appelle, qui reçoit FR-Alert, qui montre une carte et qui éclaire. C’est pour ça qu’on ne s’en sert jamais comme lampe : une soirée en mode torche, et il est mort au moment où il faut appeler.

D’où la lampe frontale à piles AAAaff., une par personne, plutôt qu’un modèle rechargeable — parce que des piles au lithium se conservent des années dans le sac, alors qu’une batterie intégrée se retrouve vide au bout de dix-huit mois de placard. Un mode rouge évite d’éblouir les autres la nuit dans une salle commune. Quatre piles de rechange, et c’est tout pour la lumière.

Pour l’énergie, une batterie externe de 10 000 mAhaff. recharge un téléphone deux à trois fois, pèse un peu plus de deux cents grammes, et se recharge dans la voiture. Plus gros, c’est plus lourd sans être plus utile sur trois jours ; plus petit, ça ne fait qu’une charge. Le câble qui va avec vit dans la poche haute, avec le chargeur allume-cigare dont on reparle plus bas.

Reste la radio. Quand le réseau mobile tombe — et il tombe, c’est même l’une des premières choses qui tombent —, les consignes passent par la FM. Une petite radio à piles ou à manivelle, avec la fréquence de France Info et de la station locale écrite au marqueur sur le boîtier. Le choix entre manivelle, piles et solaire est traité dans l’article sur la radio d’urgence à manivelle ; pour le sac, le critère, c’est le poids, et une radio de poche à piles gagne. Les bougies de la liste officielle, je les laisse à la maison : dans un gymnase, on ne les allume pas.

Les soins : la trousse, et la ligne que personne ne pèse

Une trousse de premiers secours compacte suffit : pansements de plusieurs tailles, compresses, bande, désinfectant en dosettes, une paire de gants, une pince à échardes, une couverture de survie si elle n’est pas déjà dans le poste abri. Ce que je regarde sur la fiche, c’est la composition, pas le nombre de « pièces » — une trousse de 250 pièces est une trousse de 200 pansements identiques.

La ligne que personne ne pèse, ce sont les médicaments du foyer. Le traitement de fond de quelqu’un — thyroïde, tension, diabète, épilepsie, asthme — ne se rachète pas dans une salle d’évacuation un dimanche soir. Une semaine d’avance, dans une boîte étanche, avec l’ordonnance photocopiée dans la pochette de documents. Et les lunettes de vue de rechange, que Géorisques liste noir sur blanc et que presque aucune liste de boutique ne reprend : sans elles, la personne qui porte le sac ne lit ni la carte, ni le message FR-Alert, ni les numéros écrits sur le carnet.

Les documents et l’argent : le poste le plus léger, et le plus long à refaire

Cent grammes. C’est le poids d’une pochette étanche contenant les photocopies des pièces d’identité, du livret de famille, des ordonnances, de l’attestation d’assurance habitation, de la carte vitale et de la carte grise, avec une clé USB chiffrée où tout cela existe aussi en numérique. Cent grammes, et des mois de démarches épargnés si la maison est inondée ou brûlée.

Le détail de ce qui va dans cette pochette et de ce qu’on sauvegarde où est dans l’article sur les documents importants en cas d’urgence. Pour le sac, l’important est qu’elle soit étanche pour de vrai — fermeture zip, pas un simple rabat — et qu’elle vive dans la poche haute, là où on la sort sans poser le sac. Une pochette étanche à zip au format A4aff. coûte moins qu’un plein de carburant et c’est, à mon sens, l’achat le plus rentable de toute la liste.

L’argent liquide va avec, en petites coupures : Géorisques le rappelle, les distributeurs peuvent ne pas fonctionner, et le 28 avril 2025 la péninsule Ibérique entière a vu ses terminaux de carte s’éteindre en même temps que le courant. Un double des clés de la maison et de la voiture, une carte papier du secteur — le jour où le GPS montre des routes que tout le monde prend, s’orienter sans GPS se prépare au crayon, la veille —, un carnet avec les numéros de téléphone écrits — parce qu’on ne connaît plus aucun numéro par cœur — et un crayon. Le poste entier tient dans une main.

La nourriture et l’hygiène : le poste qu’on surcharge

C’est ici que les listes s’emballent. Trois jours de nourriture sans cuisson par personne, c’est un kilo et demi si on choisit bien : barres de céréales, fruits secs, biscuits secs, une ou deux petites conserves à ouverture facile, du chocolat. Pas de riz, pas de pâtes, pas de réchaud dans le sac d’évacuation — on va vers un lieu où l’on sera nourri, pas vers un bivouac. La réserve qui se cuisine reste à la maison, dans le stock alimentaire longue durée, qui se compte en semaines et pas en grammes.

L’hygiène tient en trois cents grammes : brosse à dents, savon en petit format, lingettes, un rouleau de papier toilette aplati dans un sac zippé, des protections périodiques, des sacs poubelle solides qui servent à tout. Un ouvre-boîte et un petit couteau multifonction pliant, d’un modèle qu’on trouve dans n’importe quelle cuisine de camping, ferment le poste.

Le sifflet pèse dix grammes et il est sur la liste de Ready.gov pour une bonne raison : une voix ne porte pas au-delà de quelques dizaines de mètres, un sifflet s’entend à travers une porte ou une dalle. Un sifflet plat sans billeaff., qui marche mouillé, et c’est aussi le premier objet qu’on donne à un enfant.

La ligne que les listes oublient

Quatre objets ne figurent presque jamais dans les listes qui circulent, et ce sont ceux qui manquent le jour J.

Les lunettes de rechange, on en a parlé. Le chargeur allume-cigare, ensuite : une évacuation en voiture, c’est des heures dans une file où la voiture devient la seule prise de courant disponible, et un chargeur allume-cigare à deux portsaff. de trente grammes, qui recharge le téléphone et la batterie externe en même temps, vaut plus que n’importe quel panneau solaire de poche. Le double des clés, parce que celui qui a les clés n’est pas toujours celui qui est à la maison. Et la fiche de six lignes scotchée sur le rabat, qui liste ce qu’on ne peut pas ranger à l’avance : téléphone, portefeuille, clés, manteau, traitement en cours, animal. Avec un bébé, une cinquième ligne : couches, lait en poudre et l’eau pour le préparer, dans le sac d’un adulte.

Où va quoi dans le sac

Une liste complète mal rangée fait un sac inutilisable. La règle de la FFRandonnée tient en une phrase : le lourd calé côté dos, le léger vers l’extérieur, rien de lourd au sommet ni sur les reins. Le reste se déduit — ce qu’on attrape en marchant dans la poche haute et la ceinture, les bouteilles dans les poches latérales, une par côté, la trousse de secours au sommet du compartiment principal, et rien qui pende dehors.

Le schéma — cliquez une zone du sac

Où va quoi, et pourquoi là

Un sac bien rempli, c'est un sac où l'on attrape la lampe sans le poser et où le poids tire sur les hanches, pas sur les épaules. Six zones, six règles.

poche haute compartiment principal côté dos (le lourd) latérale latérale ceinture extérieur

Le sac vu de face, dos vers la page.

Cliquez une zone du dessin ou un bouton : le panneau dit ce qui va là, pourquoi, et l'erreur qu'on y fait presque tous.

Enfants, animaux, et le sac de voiture

Un enfant qui sait marcher porte son propre petit sac, et ce sac contient trois choses : ce qui le rassure, ce qui l’occupe, et sa gourde. Le doudou, un livre ou un jeu de cartes, une barre. Le poids cible de 10 % vaut pour lui aussi : trois kilos pour un enfant de 30 kg, et pas un gramme des affaires des adultes. Ses vêtements de rechange, ses médicaments, ses papiers vont dans le sac d’un parent, avec sa photo récente sur le téléphone et une carte dans sa poche portant le nom et le numéro d’un adulte.

Pour l’animal, la nourriture est le poste facile — Géorisques la met dans la liste — et le transport est le poste qui bloque. Un chat sans caisse ne quitte pas la maison, un chien sans laisse ne monte pas dans un bus d’évacuation : une caisse de transport rigide qui s’ouvre par le dessusaff. — on y dépose un chat paniqué, on ne l’y pousse pas — et la laisse vivent à côté du sac, pas à la cave, avec le carnet de vaccination photocopié dans la pochette.

Le sac de voiture est un troisième objet, plus petit, qui reste dans le coffre à l’année : une couverture, une bouteille d’eau, une lampe, le chargeur allume-cigare, quelques barres, des chaussures fermées. Il couvre le cas où l’on n’est pas chez soi quand ça arrive — sur une route coupée par une inondation, par exemple, un scénario que l’article sur l’inondation et ce qu’il faut faire traite heure par heure. Et ce qu’on porte sur soi tous les jours, en dehors de tout sac, fait l’objet d’un article à part sur l’EDC, le kit de tous les jours.

Ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend bien

Les kits d’évacuation tout faits, d’abord. Un sac vendu « complet 72 h » contient une couverture qui se déchire, une lampe dont on n’a pas les piles, une trousse de secours symbolique et un poids qu’on découvre à la livraison. Il coûte le prix d’un bon sac vide et il faut tout remplacer dedans. Mieux vaut un sac choisi pour sa ceinture et un contenu qu’on a pesé soi-même.

Le couteau « de survie » à lame fixe, ensuite. Il est lourd, il ne sert à rien dans une salle d’évacuation, et il pose un problème juridique dès qu’on le porte hors de chez soi. Un petit couteau pliant de cuisine de camping fait tout ce qu’un sac d’évacuation demande — ouvrir un emballage, couper une ficelle.

La paracorde en pelote, le kit de pêche miniature, le briquet à silex, les comprimés « énergie » : ce sont des objets de bushcraft qui répondent à un scénario de forêt, pas à un ordre de quitter un quartier inondé pour un gymnase à trois kilomètres. Chaque gramme qu’ils prennent est un gramme qui manque aux chaussettes sèches. Le bilan de l’été 2022 en Gironde le dit sans le dire : près de 50 000 personnes évacuées préventivement, plus de 30 000 hectares brûlés, aucune perte humaine. Tout le monde a attendu dans une salle, une voiture, chez de la famille, et ce qui a compté, c’est d’avoir ses papiers, ses médicaments et de quoi dormir.

Ce que ça coûte encore après : l’entretien

Un sac d’évacuation n’est pas fini, il est entretenu. Géorisques demande un contrôle annuel des dates de péremption et des piles ; je le fais deux fois, aux changements d’heure, parce que c’est une date qu’on n’oublie pas et que les deux saisons ne demandent pas la même couche chaude.

Vingt minutes sur la table de la cuisine : les barres périmées partent au goûter, les piles se testent, la batterie se recharge, les vêtements des enfants passent à la taille au-dessus, la pochette se met à jour. On remet tout dans l’ordre du schéma et on repose le sac près de la porte.

Le guide du sac d’évacuation va plus loin sur la question qui précède tout ça — partir, rester, attendre, et qui en décide — parce qu’un sac prêt ne sert que si l’on sait quand le prendre. Ce n’est pas vous qui tranchez, ce sont les autorités, et le sac est ce qui permet de leur obéir sans hésiter.

Dans deux ans, ce sac aura été ouvert quatre fois pour rien. Les barres auront été mangées en randonnée, la frontale aura servi à une panne de courant, le poncho à un match de football sous la pluie. On aura sorti le sac de couchage pour un week-end et oublié de le remettre. La pochette contiendra une carte grise d’une voiture qu’on n’a plus. Ce n’est pas un échec : c’est un sac qui vit dans une maison, et qu’on remplit à nouveau au prochain changement d’heure.

Questions fréquentes

Pour un sac d'évacuation, liste complète ou liste courte ?
Les deux, mais pas au même endroit. La liste complète, c'est celle de cet article : sac, eau et filtration, abri et chaleur, énergie et lumière, soins, documents et argent, nourriture et hygiène, avec les quantités par personne. La liste courte, c'est ce qu'on attrape en plus au moment de partir et qu'on ne peut pas ranger à l'avance : le téléphone, le portefeuille, les clés, le manteau, le traitement en cours. Je l'écris sur une fiche scotchée sur le rabat du sac. Le jour où il faut partir, on ne réfléchit pas, on lit six lignes, et on sort.
Combien doit peser un sac d'évacuation ?
Je vise 10 % du poids de celui ou celle qui le portera, et je considère 15 % comme un plafond au-delà duquel le sac se traîne au lieu de se porter. Pour un adulte de 70 kg, ce sont 7 kg en cible et 10,5 kg au maximum, sac compris. La FFRandonnée donne 20 % comme maximum pour une randonnée itinérante et le juge excessif pour une simple journée : un sac d'évacuation se porte souvent sur des escaliers, dans une foule, par quelqu'un qui ne marche jamais chargé. C'est l'eau qui fait tout le poids, et c'est sur elle qu'on arbitre en premier.
Faut-il un sac par personne ou un sac pour toute la famille ?
Un sac par personne capable de le porter, et rien pour les autres. Un enfant de six ans porte son doudou, sa gourde et son livre dans un petit sac, pas plus ; le reste de ses affaires va dans le sac d'un adulte. Un sac unique de famille dépasse vite 15 kg et ne se porte pas dans un escalier ni sur un quai. Répartir a un autre avantage : si la famille est séparée, chacun a le minimum sur lui. La pochette de documents, elle, existe en un seul exemplaire complet, plus une copie du plan familial dans chaque sac.
Où ranger le sac d'évacuation à la maison ?
Près de la porte par laquelle on sort, à hauteur de main, pas au fond d'un placard ni au grenier. Géorisques demande un sac « facile d'accès » et la logique est simple : en cas d'ordre d'évacuation, on a quelques minutes, parfois moins, et on ne retrouve pas dans le noir ce qu'on a rangé au sec dix-huit mois plus tôt. En appartement, l'entrée ou le placard du couloir ; en maison, l'entrée ou le garage si on part en voiture. Un bidon d'eau posé à côté du sac complète l'ensemble sans alourdir ce qu'on porte.
Que mettre dans le sac d'évacuation pour un chien ou un chat ?
Trois jours de croquettes dans un sac zippé, une gamelle pliante, la laisse ou la caisse de transport, le carnet de vaccination photocopié dans la pochette de documents, et une photo de l'animal sur le téléphone. Géorisques liste explicitement la nourriture pour animaux dans le kit 72 h. Le point qui bloque le jour J n'est pas la nourriture, c'est le transport : un chat sans caisse ne monte dans aucune voiture ni dans aucun bus d'évacuation. La caisse reste donc à côté du sac, pas à la cave.
À quelle fréquence vérifier le contenu du sac ?
Géorisques dit une fois par an, en insistant sur les dates de péremption des médicaments et des denrées et sur les piles. Je le fais deux fois, à date fixe : au changement d'heure d'octobre et à celui de mars. Ça prend vingt minutes. On sort tout, on remplace ce qui est périmé, on vérifie que la batterie externe est chargée et que les vêtements de rechange sont encore à la bonne taille — pour les enfants, c'est le poste qui périme le plus vite. Et on met à jour la pochette de documents, parce qu'une ordonnance de deux ans ne sert à rien.
Le sac d'évacuation remplace-t-il le kit 72 h ?
Non, et les deux se recouvrent en partie. Le kit 72 h est ce qui permet de rester chez soi trois jours sans eau courante ni électricité : c'est lourd, volumineux, et ça ne bouge pas. Le sac d'évacuation est la part portable de cette réserve, pour le cas où il faut quitter la maison. Chez moi, ce sont deux objets : une caisse dans un placard et un sac près de la porte. Quand l'un s'appuie sur l'autre — la lampe, la radio, la trousse de secours peuvent vivre dans le sac et servir aux deux — on évite d'acheter tout en double.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.

  • Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
  • Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
  • Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
  • Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.

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