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Refuge72

Kit de survie 72h : le guide complet du foyer

Le livret officiel demande à chaque foyer de tenir trois jours sans aide extérieure, sans dire comment. Ce guide fait le calcul, poste par poste, pour votre foyer à vous.

Baptiste S. Publié le 18 septembre 2026 Mis à jour le 18 septembre 2026
Un bac de rangement ouvert sur une table de cuisine, avec des packs d'eau, une lampe frontale, une petite radio à manivelle et une trousse de premiers secours posés à côté, sous une lampe le soir.

Le 28 avril 2025, à 12 h 33, le réseau électrique de l’Espagne et du Portugal continentaux s’effondre en quelques secondes. Pas une panne de quartier : un blackout total, à l’heure du déjeuner, un lundi ordinaire. Les feux s’éteignent, les métros s’arrêtent entre deux stations, les terminaux de paiement se taisent. Ceux qui avaient de l’eau, une lampe, une radio à piles et un peu de liquide ont passé une journée étrange. Les autres ont fait la queue.

C’est la situation pour laquelle un kit de survie 72h existe. Pas la fin du monde : une journée, ou trois, pendant lesquelles ce qui arrive d’habitude tout seul — l’eau au robinet, la lumière, l’information, la carte bancaire — n’arrive plus. Le livret « Tous responsables », publié par le gouvernement en novembre 2025, demande à chaque foyer de tenir ces trois jours. Il ne dit pas combien de litres, ni où les ranger dans un deux-pièces sans cave. Ce guide s’en charge.

Pourquoi trois jours, et qui l’a décidé

Le chiffre de 72 heures n’est pas sorti d’un forum. Trois textes officiels le portent, à quelques mois d’écart.

Le 26 mars 2025, la Commission européenne présente sa stratégie de préparation de l’Union. Parmi les actions, une ligne vise directement les foyers : élaborer des lignes directrices pour atteindre une autosuffisance de la population d’au moins 72 heures. Le raisonnement tient en une phrase : dans une perturbation grave, la période initiale est la plus critique, parce que les secours organisent leur réponse pendant que vous attendez.

Le 20 novembre 2025, le gouvernement français publie le guide « Tous responsables », conçu par le SGDSN. Il demande à chacun d’assurer son autonomie et celle de ses proches pendant 72 heures, notamment en constituant un kit d’urgence : eau, nourriture, médicaments de base, radio. Quatre mots. Le livret s’arrête là.

Aux États-Unis, la FEMA tient le même discours depuis longtemps sur Ready.gov, avec une précision que les textes européens n’ont pas : un gallon d’eau, soit 3,8 litres, par personne et par jour, pendant plusieurs jours, pour boire et pour l’hygiène.

Pourquoi trois jours et pas un ou dix ? Parce que c’est le temps, en gros, qu’il faut pour qu’un réseau électrique régional soit réparé, qu’un centre d’hébergement ouvre, qu’une distribution d’eau s’organise. Lors de la tempête Ciarán, dans la nuit du 1er au 2 novembre 2023, 1,2 million de foyers ont perdu l’électricité, avec des rafales jusqu’à 207 km/h dans l’Ouest. Cinq jours plus tard, Enedis annonçait plus de 1,1 million de clients rétablis, et 62 000 encore dans le noir en Bretagne et en Normandie. Pour la majorité, la coupure a duré entre une nuit et trois jours. Pour les derniers, davantage. Ce qu’un foyer peut faire la veille d’une vigilance rouge, du bidon rempli aux téléphones chargés, est le sujet de l’article pour se préparer à une tempête ; le kit, lui, sert le lendemain.

Trois jours ne sont donc pas une limite haute. C’est le seuil sous lequel un foyer ne devrait jamais avoir besoin de personne.

Le kit de survie 72h poste par poste : l’eau d’abord

Tout le reste se discute. Pas l’eau.

Ce qui se passe quand le robinet s’arrête

Une coupure d’électricité en immeuble coupe souvent l’eau aussi : le surpresseur qui monte l’eau aux étages ne tourne plus. Une inondation rend le réseau impropre à la consommation pendant des jours, et les gestes des premières heures, avant même la question de l’eau, sont dans l’article inondation : que faire. Une canicule fait tomber la pression, au moment même où l’on boit presque le double ; c’est pour cela que l’article sur la canicule sans climatisation demande de monter la réserve d’été à 4,5 litres par personne et par jour. Dans les trois cas, la première réaction est la même : on va au supermarché, où le rayon eau est vide depuis deux heures.

Combien, et sous quelle forme

Les recommandations divergent, et c’est instructif. Ready.gov compte 3,8 litres par personne et par jour, boisson et hygiène comprises. La Croix-Rouge française monte à 6 litres d’eau par jour et par personne, cuisine et toilette minimale comprises. J’ai retenu un plancher de 3 litres à boire par personne et par jour, et j’ajoute le reste selon le foyer, parce qu’un plancher qu’on atteint vaut mieux qu’un idéal qu’on ne stocke jamais.

Pour quatre personnes sur trois jours, ça fait 36 litres à boire. Six packs de six bouteilles de 1,5 litre. Un carré de 60 cm de côté au fond d’un placard. Ajoutez un bidon de 10 à 20 litres pour la cuisson, la vaisselle sommaire et les chasses d’eau au seau, et le poste est réglé.

La bouteille du commerce a un défaut : sa date. Elle se remplace. Un bidon d’eau alimentaire avec robinet, rempli au robinet et vidé tous les six mois, ne coûte rien à entretenir et sert aussi en camping. Le bidon d’eau alimentaire de 20 litres avec robinetaff. est le premier achat de ce guide, et celui qu’on ne regrette pas.

Les réserves que vous avez déjà sans le savoir

Dès qu’une alerte tombe — tempête annoncée, inondation, avis de coupure —, remplissez la baignoire et deux ou trois casseroles. Ce n’est pas de l’eau à boire, c’est de l’eau pour les chasses, la vaisselle et les mains, et elle épargne la réserve en bouteilles. Un ballon d’eau chaude contient de son côté plusieurs dizaines de litres d’eau du réseau, qu’on peut tirer par la vanne de vidange en bas de la cuve une fois l’alimentation coupée ; c’est une eau d’usage, pas une eau de table, et elle vaut la peine d’être repérée avant d’en avoir besoin. Les glaçons du congélateur, en fondant, deviennent un litre ou deux de plus.

Ces ressources ne remplacent rien. Elles expliquent pourquoi la réserve à boire peut rester au plancher de 3 litres sans que le foyer manque d’eau pour le reste.

La réserve se construit, se tourne, et se traite le jour où il faut boire une eau douteuse. La méthode complète, ébullition et filtre compris, est dans l’article sur la réserve d’eau potable à la maison.

Manger trois jours sans frigo ni cuisson longue

Le deuxième poste est celui où les kits tout faits font le plus de dégâts.

La douleur : le frigo, puis le réchaud qu’on n’a pas

Une coupure de plus d’une soirée vide le réfrigérateur de sa sécurité. On mange d’abord ce qui va se perdre, ce qui est raisonnable le premier soir. Le deuxième jour, on découvre que les pâtes demandent douze minutes d’eau bouillante et que la plaque à induction est morte. Le troisième, on mange du pain sec.

La solution : neuf repas qui n’attendent rien

Comptez neuf repas par personne, en aliments qui se mangent froids ou avec de l’eau chaude : conserves de légumes et de poisson, riz et nouilles à cuisson rapide, fruits secs, biscuits, pâte à tartiner, lait UHT ou en poudre, compotes en gourde pour les enfants. Rien que vous ne mangiez pas déjà : un kit qu’on ne consomme jamais finit périmé.

Un ouvre-boîte manuel. Ça paraît idiot, c’est l’oubli le plus fréquent : tout le monde a des conserves, personne ne sait où est l’ouvre-boîte quand l’électrique ne marche plus. Le critère est la prise en main, pas le prix : un ouvre-boîte manuel à poignée largeaff. s’ouvre d’une main fatiguée là où le petit modèle plat à papillon se repose à la troisième boîte. Il vit dans le bac, et nulle part ailleurs.

Pour l’eau chaude, un réchaud à cartouche de gaz de camping suffit à trois jours de café, de nouilles et de biberons. Il s’utilise fenêtre entrouverte, jamais sous une hotte éteinte, jamais pour chauffer une pièce. Chez moi, je prendrais un réchaud à cartouche compact en valiseaff. avec quatre cartouches, plutôt qu’un modèle de randonnée plus léger et moins stable sur une table de cuisine.

Trois jours de nourriture, c’est un placard. Deux semaines ou un mois, c’est une autre organisation, avec des calories comptées et une rotation : le sujet de l’article sur le stock alimentaire longue durée.

Lumière et énergie : ce qui tombe à la quatrième heure

Le soir de la coupure, tout le monde allume la lampe de son téléphone. À 23 h, le téléphone est à 12 % et il ne reste ni lumière ni moyen d’appeler.

La lampe : une par personne, pas une pour la maison

Une lampe frontale par personne, des piles au lithium qui se gardent dix ans, et une lanterne pour la pièce commune. La frontale libère les mains : on prépare un biberon, on descend un escalier, on cherche le disjoncteur. Je déconseille la lampe torche unique, qu’un enfant emporte dans sa chambre et qu’on ne retrouve plus. Une lampe frontale LED à piles AAA avec mode rougeaff. a un éclairage rouge qui préserve la vision de nuit et n’aveugle pas les autres. Pour la pièce où tout le monde se retrouve, une lanterne LED à pilesaff. posée au milieu de la table éclaire le repas sans que personne ait à la tenir, et elle ne brûle rien.

Les bougies sont dans tous les kits vendus, et dans beaucoup de rapports d’incendie. Une bougie tombée sur une nappe, un enfant qui l’approche d’un rideau : en coupure, les pompiers mettent plus longtemps à arriver. Elles sortent du kit.

L’énergie : le téléphone, puis le reste

Une batterie externe chargée et un câble dédié, rangés dans le bac. Le téléphone reste le lien avec FR-Alert et avec la famille, et c’est lui qu’on protège en premier. Une station d’énergie portable ou un panneau solaire pliable relèvent d’une autre échelle de préparation — deux semaines, pas trois jours. Ils ont leur article, qui compare la station d’énergie portable et le groupe électrogène critère par critère ; celui-ci n’en a pas besoin.

Ce qui tombe à quelle heure — le frigo, le congélateur, le chauffage, l’eau des étages —, les gestes à chaque jalon et ce qu’on jette au retour du courant sont détaillés dans le guide de la coupure d’électricité prolongée. Et si la coupure arrive en janvier, la chaleur passe devant la lumière : c’est l’objet de l’article pour se chauffer sans électricité, qui écarte d’emblée le groupe électrogène en intérieur et le four ouvert.

Idéal pour : garder le téléphone vivant trois jours

Batterie externe 20 000 mAh, deux ports USB

  • Recharge un smartphone plusieurs fois
  • Se recharge sur secteur, allume-cigare ou panneau pliable
  • Tient dans le bac du kit avec son câble

Le défaut : Une batterie stockée se décharge lentement : à recharger à chaque vérification du kit, sinon elle est vide le jour où il faut.

Prix du jour et disponibilité sur Amazon

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S’informer quand le réseau mobile ne répond plus

Le 28 avril 2025, le premier réflexe de beaucoup d’Espagnols a été d’ouvrir un réseau social pour comprendre. Sans courant, les antennes relais tiennent sur leurs batteries quelques heures, puis plus rien. Ceux qui avaient une radio à piles ont su ; ceux qui n’en avaient pas ont supposé. Le rapport de l’ENTSO-E date le début de l’effondrement à 12 h 33, heure d’Europe centrale : en plein déjeuner, quand personne ne regarde son téléphone.

Le livret officiel met la radio parmi les quatre objets du kit, et il a raison : en France, les consignes passent par la FM — France Info, le réseau ICI —, par les sirènes et par FR-Alert sur les téléphones tant qu’ils captent. Une radio de secours doit fonctionner sans le réseau, sans le secteur, et sans piles introuvables. Une radio d’urgence à manivelle et solaire avec FMaff. règle les trois : une minute de manivelle donne plusieurs minutes d’écoute, le panneau la recharge le jour, la lampe intégrée dépanne. Notez dessus, au marqueur, la fréquence de France Info et de votre station locale. Ce n’est pas le moment de chercher.

Manivelle, piles, solaire ou autoradio ? Chacune a un usage où elle gagne, et le comparatif complet, canal par canal, est dans l’article sur la radio d’urgence à manivelle.

Soins : la trousse, et ce qui ne s’improvise pas

Une trousse de premiers secours n’est pas une pharmacie. Elle sert à nettoyer et couvrir une plaie, immobiliser un poignet, retirer une écharde, protéger une brûlure légère, en attendant un professionnel ou parce qu’aucun n’est joignable.

Ce qu’elle contient

Compresses stériles, bandes, pansements de plusieurs tailles, sparadrap, antiseptique en unidoses, gants, ciseaux à bouts ronds, pince à épiler, couverture de survie, gel hydroalcoolique, un thermomètre. Une notice de premiers secours plastifiée, parce qu’on ne se souvient de rien sous stress. Une trousse de premiers secours complète pour la familleaff. vendue garnie fait gagner une heure de courses ; vérifiez qu’elle contient des compresses en quantité, c’est ce qui manque toujours.

Ce qui ne s’achète pas sur une liste

Les traitements en cours. Un foyer où quelqu’un prend un médicament quotidien — pour le cœur, la thyroïde, le diabète, l’asthme — a besoin d’une avance de quelques jours dans le kit, avec l’ordonnance. Combien de jours, quel conditionnement, comment le conserver : ce n’est pas à ce site de le dire.

Les papiers et l’argent qu’on ne retrouve jamais après

Une inondation ou un incendie détruit les documents en une heure. Les refaire prend des mois, précisément au moment où l’on doit prouver son identité, son adresse et son contrat d’assurance.

Dans une pochette étanche : les copies des pièces d’identité de tout le foyer, du livret de famille, des cartes Vitale et de mutuelle, des ordonnances en cours, du contrat d’assurance habitation avec le numéro à appeler, d’un justificatif de domicile, et les numéros utiles écrits à la main. Le critère ici, c’est la fermeture : une pochette étanche A4 à fermeture rouléeaff. tient sous une pluie battante, là où la chemise à zip de classeur prend l’eau en une heure. Une clé USB chiffrée avec les scans. Et une réserve d’argent liquide en petites coupures : le 28 avril 2025, une caisse sans courant ne rendait pas la monnaie par carte, et un distributeur éteint ne rend rien du tout.

L’inventaire complet, famille par famille, avec le test de ce que vous pourriez encore faire si votre téléphone mourait, est dans l’article sur les documents importants en cas d’urgence.

L’hygiène, le poste que tout le monde saute

Ready.gov le met noir sur blanc dans sa liste de base : lingettes, sacs poubelle et liens de fermeture. Ce n’est pas un détail de confort. Trois jours sans chasse d’eau ni douche, avec des enfants, c’est le moment où un foyer bien équipé en lampes et en conserves craque quand même.

Dans le bac : un rouleau de sacs poubelle épais, des lingettes, du savon, du gel hydroalcoolique, du papier toilette, des protections périodiques, et pour l’appartement sans eau aux étages, des sacs de toilettes sèches ou, plus simplement, un seau doublé d’un sac et un peu de litière pour chat. Personne n’aime y penser. Tout le monde est content de l’avoir prévu.

Le plan familial : la feuille que le kit ne contient pas

Un mardi à 15 h, un foyer de quatre personnes est en quatre endroits : un bureau, un chantier, une école, une crèche. Le kit est à la maison. Il ne sert à rien tant que personne ne sait quoi faire.

Le plan familial, c’est une feuille. Un point de rassemblement à pied près de la maison, pour l’incendie ou l’évacuation de l’immeuble. Un second hors du quartier, pour le jour où l’on ne peut pas y revenir. Un contact hors de la région, parce qu’un SMS vers l’extérieur passe souvent quand les appels locaux saturent. L’endroit exact où se coupent l’eau, le gaz et l’électricité. Les traitements et allergies. L’école et les personnes autorisées à y aller, en sachant que les établissements ont leur propre plan de mise en sûreté et gardent les enfants tant que la consigne tient. Les animaux.

Remplissez-la ci-dessous. Elle reste dans votre navigateur, s’imprime en une page, et se glisse dans le kit, dans chaque sac, et chez le contact hors zone.

Plan familial d'urgence — conservé sur votre appareil

Sept blocs, une feuille à imprimer

Remplissez ce que vous savez, laissez le reste vide : la feuille le signalera. Rien ne quitte votre navigateur.

0 / 7 blocs
01Les personnes du foyer

Prénom, âge et, s'il compte, le téléphone de chacun. C'est la première ligne qu'un voisin ou un secouriste lira.

02Les deux points de rassemblement

Le premier, à pied depuis la maison, pour un incendie ou une évacuation de l'immeuble. Le second, hors du quartier, pour le jour où l'on ne peut pas y revenir.

03Le contact hors zone

Une personne qui n'habite pas la même région. Quand le réseau local sature, un SMS vers l'extérieur passe souvent mieux qu'un appel entre deux quartiers.

04Où couper l'eau, le gaz, l'électricité

L'endroit exact, et l'outil s'il en faut un. Une fuite ou une inondation ne laisse pas le temps de chercher.

05Traitements et allergies

Par personne : le nom du traitement, l'allergie, le médecin et la pharmacie habituels. Pas de dose ici — c'est l'ordonnance qui fait foi, et elle va dans la pochette.

06École, crèche, lieu de garde

Le nom de l'établissement, son numéro, et qui est autorisé à aller chercher les enfants si vous ne pouvez pas. Les écoles ont un plan de mise en sûreté : en cas d'alerte, elles gardent les enfants, on ne vient pas les chercher tant que la consigne tient.

07Les animaux

Nom, où sont la caisse de transport et la laisse, le vétérinaire, et qui s'en occupe si vous êtes bloqués ailleurs.

Une feuille que personne n’a lue n’existe pas. Lisez-la une fois à voix haute, à table, et faites apprendre aux enfants le numéro du contact et le premier point de rassemblement.

Calculer son kit pour son foyer, pas pour une famille moyenne

Le mot « kit » laisse croire à un objet standard. Un kit pour un étudiant seul en studio et un kit pour deux adultes, un bébé, une grand-mère sous traitement et un chien n’ont rien en commun, sauf la radio.

Enfants, bébés, animaux, personnes âgées

Un bébé change les proportions : eau adaptée aux biberons, lait infantile pour trois jours, couches et lingettes en quantité, un vêtement chaud de plus. Un enfant a besoin d’un objet familier et de quoi s’occuper sans écran ; c’est un poste à part entière, pas un luxe. Le livret lui-même met « livres et jeux » dans sa liste, et il a raison : un jeu de cartesaff. ou un jeu de société de voyage occupe une soirée sous une lanterne sans batterie ni écran, ce qu’aucune tablette déchargée ne fera. Un chien ou un chat ajoute son eau — comptez un litre par jour pour un chien moyen —, ses croquettes en sachet fermé, une laisse ou une caisse de transport à portée de main, et son carnet de vaccination dans la pochette. Une personne âgée ou dépendante ajoute ses traitements, ses lunettes de rechange, ses appareils et leurs piles.

Le composeur — votre foyer, trois jours

La liste du livret, avec vos quantités

Le livret officiel donne la liste ; vous donnez le foyer. Le composeur multiplie et vous rend une liste à imprimer, poste par poste.

Le calcul se fait dans votre navigateur, rien n'est envoyé.

Par quoi commencer, si tout n’arrive pas d’un coup

Un kit complet se monte en trois week-ends, pas en une commande. Le premier week-end règle l’eau et la lumière : les packs, le bidon, une frontale par personne, les piles. C’est le socle, et c’est déjà de quoi passer une nuit de coupure sans rien chercher. Le deuxième règle la nourriture et l’information : neuf repas par personne pris dans vos rayons habituels, l’ouvre-boîte, le réchaud et ses cartouches, la radio. Le troisième règle ce qui demande une démarche : le rendez-vous chez le médecin pour l’avance de traitement, les photocopies, la clé USB, l’argent liquide, et la feuille de plan familial remplie à table.

Cet ordre n’est pas arbitraire. Il va du poste qu’on ne peut pas improviser (l’eau) au poste qu’on peut décaler d’une semaine (les copies de papiers), et il met les achats au début, quand l’élan est là, et les démarches à la fin, quand le kit existe déjà et qu’on n’a plus envie de le laisser incomplet.

La liste détaillée, ligne par ligne, avec les quantités par personne et cet ordre d’achat, est dans la liste kit d’urgence 72h. Ce guide donne la méthode et les postes ; l’article donne la liste à imprimer.

Ce qui ne sert à rien dans les kits tout faits

Il faut le dire une fois, clairement : la plupart des « kits de survie » vendus en ligne sont construits pour un catalogue, pas pour un foyer.

Dans les kits vendusCe qu’il en est chez vous
Couteau multifonction, scie à fil, pierre à feuVous avez une cuisine. Ces objets préparent une forêt, pas un appartement sans courant.
Bougies et allumettes « tempête »Risque d’incendie pendant une coupure, quand les secours sont ralentis. Une lampe fait mieux, sans danger.
Rations de survie compactesChères, peu appétissantes, jamais mangées, donc périmées. Neuf repas de placard que vous consommez déjà valent mieux.
Sifflet, miroir de signalisationUtiles en montagne. Dans un immeuble, on frappe à la porte du voisin.
Pastilles de purification en sachet uniqueUtiles, mais elles remplacent une réserve d’eau dans l’esprit de l’acheteur. Elles la complètent, elles ne la remplacent pas.
Le sac lui-mêmeUn kit 72 h à la maison vit dans un bac ; le sac, c’est l’évacuation, et c’est un autre objet.

Ce que les kits tout faits n’ont presque jamais : de l’eau en quantité, une avance de traitement, les copies de papiers, un plan familial, un ouvre-boîte, une radio qui capte la FM. Autrement dit, les choses qui comptent. Ils vendent la partie visible et laissent la partie utile.

Il existe des exceptions sérieuses. La Croix-Rouge française propose un sac de base pensé pour être complété par les médicaments quotidiens, les copies de papiers, l’argent liquide et la nourriture. C’est honnête : le sac est un point de départ, pas un kit fini. Si vous partez d’un produit, partez de celui-là, et lisez ce que le fabricant vous demande d’ajouter.

Où le ranger, et le cas de l’appartement sans cave

Le kit est utile s’il est à un endroit que tout le foyer peut nommer sans réfléchir, accessible dans le noir, et pas derrière les valises d’été.

Le bac, pas le sac

Un bac en plastique rigide à couvercle, 50 à 60 litres, étiqueté, ferme le poste. Il protège de l’humidité et des souris, il s’empile, il se soulève. Une boîte de rangement rigide de 60 litres à couvercle clipséaff. contient tout sauf l’eau, qui reste à côté, en packs au sol.

En maison

Le garage ou le cellier, à condition qu’ils ne gèlent pas en hiver (l’eau gèle, les conserves aussi) et ne chauffent pas trop en été. Jamais dans une cave inondable : le kit qui sert à l’inondation ne peut pas se trouver sous l’eau. Le placard de l’entrée est souvent le meilleur endroit, sur le chemin de sortie, sec, à la température de la maison.

En appartement, sans cave

C’est le cas d’une grande partie des foyers, et il n’est pas plus difficile, juste plus compact. Le bac va sous un lit, au fond d’un placard d’entrée, ou tient lieu de table de chevet avec une planche dessus. L’eau se répartit : deux packs sous l’évier, deux dans le bas du placard à balais, deux derrière le canapé. Trente-six litres n’ont pas besoin d’être au même endroit, ils ont besoin d’être comptés. La radio et une frontale vivent dans le tiroir de la cuisine, pas dans le bac, parce que c’est là qu’on les cherchera à 22 h.

Et la voiture, pour ceux qui en ont une : une frontale, une bouteille, une couverture et une batterie externe dans le coffre couvrent la coupure qui vous surprend loin de chez vous.

La rotation : deux vérifications par an, à date fixe

Un kit n’est pas un achat, c’est un abonnement à une demi-heure deux fois par an. Sans cette demi-heure, il devient une boîte de piles mortes et d’eau qui a un goût.

Deux rendez-vous faciles à retenir : au changement d’heure d’octobre, avant les tempêtes d’automne et les coupures d’hiver ; au changement d’heure de mars, avant les canicules et les orages d’été. On sort tout sur la table, on vérifie les dates, on mange ce qui approche de la sienne et on le remplace, on recharge la batterie externe, on teste la radio et les lampes, on relit le plan familial et on le corrige, parce qu’une école a changé, un numéro aussi.

Les piles au lithium se conservent dix ans, les alcalines beaucoup moins, et elles coulent ; c’est un bon argument pour n’acheter que les premières : un lot de piles AA au lithiumaff. pour la lanterne et la radio, un lot de AAA pour les frontales, et le poste est réglé pour dix ans de rotations sans rien changer. L’eau en bouteille porte une date qu’il vaut mieux respecter, non parce qu’elle devient dangereuse à la minute, mais parce que le plastique et le goût vieillissent. Le bidon rempli au robinet se vide et se remplit à chaque vérification.

Écrivez la date de la prochaine vérification au marqueur sur le couvercle du bac. C’est plus fiable qu’un rappel de téléphone qu’on repousse.

Quand 72 heures ne suffisent plus

Le kit couvre le scénario le plus probable : une coupure, une tempête, une alerte, quelques jours. Trois situations le dépassent, et chacune a son guide.

La première est l’évacuation. Le kit reste à la maison ; ce qu’on emporte tient dans un sac d’évacuation préparé à l’avance, avec ses propres règles de poids et son propre contenu — la liste complète du sac d’évacuation le détaille poste par poste, poids compris —, et la décision de partir appartient aux autorités, pas au sac.

La deuxième est l’aléa qui dépend de l’endroit où vous vivez : inondation, feu de forêt, canicule, tempête. Chacun a un calendrier d’alerte, des gestes à J-2 et des objets particuliers, du batardeau au masque FFP2. Le guide pour se préparer à une catastrophe naturelle part de votre situation — littoral, vallée, forêt, ville dense — et en déduit les risques.

La troisième est la crise longue : pénurie de carburant, tension d’approvisionnement, coupures qui se répètent sur des semaines. Là, le calcul change d’échelle, et l’énergie de secours devient un vrai sujet. C’est le guide pour se préparer à la guerre, un titre qu’on ne choisit pas, c’est la requête que tapent les gens ; le contenu, lui, parle de deux semaines et d’un mois d’autonomie domestique, sans armes ni abri.

Dans deux ans, ce kit aura été ouvert quatre fois pour la rotation, et peut-être une fois pour de vrai : une soirée de tempête où la lumière a sauté à 20 h et où, chez vous, quelqu’un a simplement pris la frontale dans le tiroir, allumé la radio, et fini de dîner. Ce que vous aurez oublié, c’est le prix de la lampe. Ce que vous n’oublierez pas, c’est la file d’attente que vous n’avez pas faite. Commencez par l’eau, ce week-end. Le reste suit.

Questions fréquentes

Que doit contenir un kit de survie 72h pour une famille de quatre ?
Sept postes, calculés pour quatre personnes sur trois jours. De l'eau : 36 litres à boire, soit six packs, plus un bidon de 20 litres pour la cuisine et la toilette. De la nourriture : 36 repas qui se mangent froids ou avec de l'eau chaude, un réchaud à cartouche et un ouvre-boîte manuel. De la lumière : quatre lampes frontales, une lanterne, des piles au lithium, une batterie externe chargée. Une radio à manivelle réglée sur la FM. Une trousse de premiers secours et l'avance de traitement décidée avec le médecin. Les copies des papiers dans une pochette étanche, avec de l'argent liquide. Et une feuille de plan familial que les quatre connaissent. Le tout dans un bac étiqueté, l'eau à côté.
Combien d'eau faut-il stocker pour trois jours ?
Le plancher est de 3 litres à boire par personne et par jour, soit 9 litres par personne pour 72 heures, en bouteilles du commerce. Ready.gov compte 3,8 litres par jour, hygiène comprise, et la Croix-Rouge française monte à 6 litres en ajoutant la cuisine. La méthode qui tient dans un placard consiste à séparer les deux : l'eau à boire en bouteilles, non négociable, et l'eau d'usage dans un bidon rempli au robinet, complété par la baignoire remplie dès l'alerte. Ajoutez un litre par jour pour un chien moyen, et de l'eau adaptée aux biberons s'il y a un bébé. Écrivez la date de rotation sur les packs.
Un kit de survie tout fait vaut-il le coup ?
Rarement, et jamais seul. Les kits vendus en ligne contiennent ce qui se photographie bien — couteau, pierre à feu, bougies, rations compactes, sifflet — et presque jamais ce qui compte pour un foyer : de l'eau en quantité, une avance de traitement, les copies de papiers, un ouvre-boîte, une radio FM, un plan familial. Les bougies y sont un risque d'incendie pendant une coupure. L'exception honnête est le sac de base de la Croix-Rouge française, présenté comme un point de départ à compléter par les médicaments, les papiers, la nourriture et l'argent liquide. Si vous partez d'un produit, partez de celui-là et faites la liste de ce qu'il vous demande d'ajouter.
Où ranger le kit dans un appartement sans cave ?
Dans un bac rigide à couvercle de 50 à 60 litres, sous un lit, au fond du placard d'entrée ou en guise de table de chevet avec une planche dessus. L'eau n'a pas besoin d'être au même endroit : deux packs sous l'évier, deux dans le placard à balais, deux derrière le canapé, à condition d'être comptés. La radio et une lampe frontale vivent dans le tiroir de la cuisine, parce que c'est là qu'on les cherchera dans le noir. Évitez le balcon, qui gèle et chauffe, et tout endroit qui demande de déplacer des valises pour y accéder. Le bon critère : chaque membre du foyer peut nommer l'emplacement sans réfléchir.
Faut-il mettre des médicaments dans le kit ?
Une trousse de premiers secours, oui : compresses, bandes, pansements, antiseptique en unidoses, gants, ciseaux, pince, couverture de survie, thermomètre, et une notice plastifiée. Pour les traitements en cours du foyer, la réponse appartient au médecin traitant ou au pharmacien : ils connaissent le traitement, peuvent délivrer une avance raisonnable et dire comment la conserver sans réfrigérateur. Ce guide ne donne ni quantité ni posologie. Ce qu'il recommande, c'est de ranger l'ordonnance dans la pochette étanche, d'inscrire les traitements et allergies sur la feuille de plan familial, et de vérifier les dates de péremption aux deux rotations annuelles du kit.
À quelle fréquence vérifier son kit d'urgence ?
Deux fois par an, une demi-heure, à date fixe : au changement d'heure d'octobre, avant les tempêtes et les coupures d'hiver, et à celui de mars, avant les canicules et les orages. On sort tout sur la table, on vérifie les dates, on mange ce qui approche de la sienne et on le remplace, on recharge la batterie externe, on teste la radio et les lampes, on vide et remplit le bidon, on relit le plan familial et on le corrige. Les piles au lithium se conservent dix ans, les alcalines coulent : n'achetez que les premières. Écrivez la date de la prochaine vérification au marqueur sur le couvercle du bac, c'est plus fiable qu'un rappel qu'on repousse.
Que dit le livret « Tous responsables » sur le kit d'urgence ?
Le guide, conçu par le SGDSN et publié par le gouvernement le 20 novembre 2025, demande à chacun d'assurer son autonomie et celle de ses proches pendant 72 heures, notamment en constituant un kit d'urgence composé d'eau, de nourriture, de médicaments de base et d'une radio. Il n'indique ni quantités ni méthode de rangement, et c'est précisément ce que ce guide ajoute. Le chiffre de 72 heures rejoint la stratégie de préparation présentée par la Commission européenne le 26 mars 2025, qui prévoit des lignes directrices pour une autosuffisance de la population d'au moins 72 heures, et les recommandations de longue date de Ready.gov aux États-Unis.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.

  • Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
  • Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
  • Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
  • Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.

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