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Refuge72

Se préparer à une tempête : le cas Ciarán, de J-2 à J+1

Se préparer à une tempête avec le cas Ciarán : 1,2 million de foyers sans courant et ce qui a dérapé. Déroulez la liste J-2, J-1, H-6 avant la prochaine alerte.

Baptiste S. Publié le 18 septembre 2026 Mis à jour le 18 septembre 2026
Un salon de jardin et un parasol rentrés dans un garage par temps calme, une lampe frontale et une radio posées sur l'établi à côté

200 km/h.

C’est la rafale relevée à la pointe du Raz dans la nuit du 1er au 2 novembre 2023, selon le bilan d’Enedis — avec « des vents de 150 km/h en moyenne » sur la Bretagne. Ciarán n’a pas surpris grand monde : Météo-France l’avait vue venir plusieurs jours à l’avance. Elle a quand même laissé 1,2 million de foyers sans courant au petit matin.

Se préparer à une tempête, c’est donc d’abord comprendre pourquoi une nuit annoncée a coûté si cher, et ce qu’un foyer pouvait faire à J-2 pendant que la carte était encore jaune. Un seul cas, disséqué de bout en bout. La leçon générale viendra en creux.

La situation de départ, en chiffres

Nuit du mercredi 1er au jeudi 2 novembre 2023. Une dépression creusée très vite au large, qui aborde la pointe bretonne en pleine nuit — le pire horaire, celui où personne ne voit ce qui tombe.

Météo-France déclenche la vigilance rouge dans trois départements — le Finistère, les Côtes-d’Armor et la Manche — et qualifie ensuite Ciarán de tempête « la plus sévère sur la Bretagne » depuis l’ouragan de 1987. Le même bilan insiste sur un point : sa trajectoire et son intensité « avaient été très bien prévues », plusieurs jours avant.

Retenez cette phrase. Elle veut dire que le J-2 a existé pour tout le monde.

Le 2 novembre à 8 h, Enedis publie son premier point : 1,2 million de clients privés d’électricité à 7 h, dont 780 000 en Bretagne, des rafales au-delà de 170 km/h, 3 000 salariés et prestataires mobilisés, 300 groupes électrogènes, 30 hélicoptères. Un an plus tard, le bilan définitif du distributeur parle de 3 400 techniciens, de 2 200 groupes électrogènes acheminés et de 8 000 poteaux.

Huit mille poteaux. Ce n’est pas une panne, c’est un réseau à reconstruire, et c’est cette échelle-là que le foyer ne mesure pas quand il lit « coupure ».

Ce qui a été décidé, et sur quelle base

La vigilance rouge a une définition, et elle n’est pas rhétorique : « Une vigilance absolue s’impose. Des phénomènes dangereux d’intensité exceptionnelle sont prévus. » Concrètement, dans les trois départements, la consigne a été de ne pas sortir, et la vie collective s’est arrêtée pour la nuit et la matinée.

Pour le vent, les conseils de comportement de Météo-France tiennent en quatre lignes dès l’orange : « Je protège ma maison et les biens exposés au vent. Je limite mes déplacements. Je prends garde aux chutes d’arbres et d’objets. J’installe les groupes électrogènes à l’extérieur de la maison. » Et la page annonce, pour le rouge, « des coupures d’électricité et de téléphone » pouvant « affecter les réseaux de distribution pendant des durées très importantes ».

Relisez la première ligne. « Je protège ma maison et les biens exposés au vent » n’est pas une consigne pour la nuit de la tempête : à ce moment-là, il est trop tard pour être dehors. C’est une consigne pour l’avant-veille, et l’État l’écrit noir sur blanc dans sa carte de vigilance. C’est là que se joue tout ce qui suit.

Ce qui a été décidé le jour J l’a été correctement : la rouge a été déclenchée à temps, et les gens sont restés chez eux. Le problème n’est pas venu du jour J.

Le poste qui a dérapé : la durée, et le téléphone avec

Le bilan d’Enedis dit que « 90 % des foyers privés d’électricité ont été réalimentés après quelques jours ». Lu vite, c’est rassurant. Lu lentement, cela veut dire que 10 % — de l’ordre de 120 000 foyers, sur 1,2 million — ont attendu plus que quelques jours, en novembre, sans chauffage électrique, sans surpresseur, sans congélateur.

Pourquoi ? Parce que dans le Finistère intérieur, les lignes traversent les arbres. Une question au gouvernement, posée à l’Assemblée nationale sept mois après, rappelle que « dans certaines zones » du département, « 80 % des arbres ont été couchés », que les dégâts dépassent « 1 milliard d’euros », et qu’à Cléden-Poher une centaine d’habitants étaient encore sans téléphone fixe ni mobile fin mai 2024.

Sept mois. C’est le second poste qui a dérapé, et celui qu’aucun foyer n’avait sur sa liste : le réseau mobile. Les antennes ont des batteries de secours qui durent quelques heures ; quand le courant manque plusieurs jours, elles s’éteignent l’une après l’autre. Le téléphone qui affiche « aucun service » ne prévient personne, il n’appelle pas le 112, il ne dit pas si la route est ouverte.

Le foyer qui avait une radio à piles savait ce que disait la préfecture. Les autres attendaient qu’un voisin passe. Une radio d’urgence à manivelleaff. règle ce point pour le prix d’un plein, et elle se prend à J-2, quand le colis arrive encore — le choix d’une radio d’urgence à manivelle mérite cinq minutes, pas plus, mais avant la saison.

Ce dérapage n’a rien d’exceptionnel. Il est structurel : le rétablissement suit la loi du dernier kilomètre. Les 90 % faciles se refont en jours, les 10 % difficiles en semaines, et l’on ne sait jamais à l’avance dans quel dixième on habite.

Ce que ça a coûté, ligne par ligne

Pour le réseau, la ligne est connue : plus d’un milliard d’euros de dégâts selon la question parlementaire citée plus haut, 3 400 techniciens, 2 200 groupes électrogènes, 30 hélicoptères, 750 tonnes de matériel et 8 000 poteaux selon Enedis. Ce sont les chiffres d’un distributeur ; ils ne disent rien du foyer.

Pour le foyer coupé cinq jours en novembre, la facture se décompose autrement, et aucune ligne n’est spectaculaire.

PosteCe qui s’est passéCe que ça a coûté
Le congélateurFermé, il tient environ 48 h. Au-delà, sans groupe, tout partUn congélateur plein, à racheter en contenu
L’eauEn immeuble, le surpresseur s’arrête ; à la campagne, la pompe du captage aussiDes jours de bouteilles, ou de seaux
Le chauffageChaudière gaz ou fioul : sans courant, la pompe et la régulation ne tournent pasDes nuits à 12 °C, et la tentation du brasero dedans
Le téléphoneAntennes éteintes après quelques heures de batteriePlus de 112, plus d’informations, plus de nouvelles
La toitureTuiles envolées, eau dedans pendant les jours qui suiventUn couvreur en liste d’attente pendant des semaines
L’assuranceDéclaration tardive, pas de photos, débris jetésUne indemnisation discutée, ou refusée

Le chauffage est la ligne qui inquiète. Une chaudière à gaz ou à fioul s’arrête avec le courant — la pompe, le brûleur et la régulation sont électriques —, et c’est en cherchant à se chauffer sans électricité que les foyers prennent les risques les plus graves : brasero, barbecue, groupe rentré « juste pour la nuit ».

Sur l’assurance, une distinction que le lendemain d’une tempête n’est pas le moment d’apprendre. Le vent relève de la garantie tempête du contrat multirisques habitation, pas du régime des catastrophes naturelles, qui suppose un arrêté publié au Journal officiel. Le délai de déclaration est celui du contrat, et ABE Infoservice, le service d’information de la Banque de France, rappelle qu’il « ne peut être inférieur à 5 jours ouvrés ». La pièce attendue est la même que pour une crue : « une liste chiffrée de tous les objets perdus ou endommagés accompagnée des justificatifs permettant de prouver l’existence et la valeur des biens (factures et photographies par exemple) ». Photos d’abord, rangement ensuite. Les factures des gros achats et la copie du contrat se rassemblent avant, avec les documents importants en cas d’urgence, parce qu’on ne les retrouve pas dans un garage dont le toit est parti.

Ce qui aurait dû être vérifié avant

Tout ce qui précède se règle à J-2, quand la carte est encore jaune et que la consigne de Météo-France — « je protège ma maison et les biens exposés au vent » — est encore exécutable.

Le tour de la maison, d’abord. Il ne prend pas une heure, mais il se fait dans un ordre : ce qui vole avant ce qui tombe. Un trampoline non ancré, un parasol sur pied, un salon de jardin léger, un brise-vue tendu sur le grillage partent les premiers et atterrissent sur une ligne, une voiture ou une fenêtre. La toiture, la cheminée et les gouttières se regardent depuis le sol, jamais depuis une échelle à J-1 — des gouttières vidées en octobre servent deux fois, contre le débordement d’automne et contre les brandons d’un feu de forêt l’été suivant ; une tuile de travers est un couvreur avant la saison, pas un bricolage sous les premières rafales. La voiture ne dort ni sous un arbre ni contre un mur pignon, et son réservoir est plein — après la tempête, les stations sans courant ne pompent plus.

Cliquez chaque zone du schéma, cochez-la une fois vérifiée : le composant retient ce que vous avez fait et vous dit ce qui reste à faire de plus dangereux.

L'audit — cliquez chaque zone, cochez-la une fois vérifiée

Le tour de la maison à J-2

0 / 11 zones
Vous vivez en :
Toiture Cheminée Gouttières Volets Balcon Arbres Voiture Terrasse, mobilier Abri Trampoline Portail

Cliquez une zone du schéma. La fiche s'ouvre ici : ce qu'il faut vérifier, le geste à J-2, l'objet qui sert.

Puis la veille, dedans. L’eau se remplit à J-1 — bidons, casseroles, baignoire — parce que dans un immeuble, l’eau coupe avec le surpresseur, et qu’à la campagne, la pompe du captage suit le courant. Un bidon d’eau alimentaire avec robinetaff. de dix litres rempli la veille couvre trois jours pour une personne, sans dépendre de personne. Le téléphone, la batterie externe et les lampes se chargent — une lampe frontaleaff. par personne, parce que le téléphone utilisé en torche est vide à minuit, au moment où l’on en a besoin pour le 112. Le congélateur passe au plus froid et ne s’ouvre plus. La radio sort du placard avec ses piles, et l’on découvre — à J-1, c’est encore rattrapable — qu’elles sont mortes.

Enfin H-6 : un dernier tour dehors — rien ne traîne, portail bloqué —, volets fermés, rideaux tirés, box et ordinateur débranchés parce que le retour du courant fait plus de dégâts que la coupure, un repas chaud cuisiné pendant qu’il y a du courant. Après, plus personne ne sort.

Se préparer à une tempête chez vous : ce que ce cas vaut, et ce qu’il ne vaut pas

Ce que Ciarán vaut pour votre foyer tient dans le compte à rebours ci-dessous : cinq jalons, de J-2 à J+1, avec les gestes de chacun. Il se coche sur le téléphone, il se souvient, et il vous dit lequel des jalons est en retard.

Le compte à rebours — conservé sur votre appareil

De J-2 à J+1, ce qui se fait à chaque jalon

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Deux jalons appellent un mot de plus, parce que ce sont ceux où l’on se blesse.

Pendant : on ne sort pas, même pour « vérifier ». Une tuile à 150 km/h ne prévient pas. On dort dans la pièce du côté abrité, loin des vitres exposées, et l’on n’allume ni le poêle ni la cheminée — le vent refoule dans le conduit et la fumée rentre. Pas de bougies non plus dans une pièce où l’on dort : une lanterne LED de campingaff. posée au milieu de la pièce refuge éclaire tout le monde pendant des heures, sans flamme. Le scotch en croix sur les vitres, lui, ne sert à rien : il ne retient ni la vitre ni ce qui la traverse.

Après : le danger change de nature. Une ligne à terre ne se touche pas, ni la branche posée dessus, ni la flaque autour ; on s’écarte, on appelle le 112 si quelqu’un est en danger, sinon le dépannage Enedis. Le groupe électrogène tourne dehors, à plusieurs mètres des fenêtres, et jamais au garage — et un détecteur de monoxyde de carboneaff. à piles, un par niveau, prévient de ce que le nez ne sent pas quand le réchaud ou le poêle d’appoint sont rentrés « juste un moment ».

Le congélateur se garde fermé jusqu’à 48 heures, puis se trie : ce qui est encore dur se recongèle, le doute se jette. Si la coupure s’installe, on est dans le cas de la coupure d’électricité prolongée, avec ses jalons à elle. Et si la toiture est ouverte, on bâche depuis l’intérieur ou par un professionnel, pas sur le toit sous les rafales résiduelles ; une bâche de toiture renforcéeaff. à œillets, achetée avant la saison, ferme un trou en attendant un couvreur qui mettra des semaines à venir — le lendemain d’une tempête régionale, il n’y en a plus en magasin.

Voilà pour ce que le cas vaut. Ce qu’il ne vaut pas mérite autant de place.

Ciarán est une tempête d’automne sur une côte atlantique, prévue à plusieurs jours. Un orage violent d’été — une ligne de grains, un derecho — donne des rafales comparables sur une bande étroite, avec une heure de préavis, parfois moins : le J-2 n’existe pas, et seul compte ce qui était déjà rangé. Une tempête sur une ville dense ne couche pas d’arbres sur les lignes enterrées ; elle fait tomber des cheminées, des échafaudages, des enseignes, et le danger est dans la rue, pas dans la coupure. Un appartement au sixième n’a ni toiture ni jardin ; il a un balcon, des vitres exposées, un ascenseur qui s’arrête et un surpresseur au sous-sol. Le compte à rebours change de contenu, pas de logique. La canicule sans climatisation est le cas limite de la même famille : pas de J-2 dehors, mais une journée dedans qui se joue à 9 h, quand on ferme, et la coupure de 17 h au pic de consommation.

Et ce cas ne vaut rien pour une inondation, qui a son propre calendrier : là, c’est l’eau qui monte, et le geste décisif est de ne pas descendre au parking. Les deux se retrouvent dans le guide pour se préparer à une catastrophe naturelle, qui les met sur la même année, saison par saison, et dans le kit de survie 72 h, qui est ce que les deux ont en commun.

La prochaine saison

Elle arrivera entre octobre et mars, comme les précédentes. Météo-France la verra venir plusieurs jours avant, comme Ciarán. La carte passera jaune un lundi, orange un mardi, et la plupart des foyers liront « soyez attentifs » sans rien faire, parce que le jaune ne fait peur à personne.

Ce qui s’usera d’ici là : les piles de la radio — des piles au lithium à longue conservationaff. passent la saison morte dans un tiroir bien mieux que des alcalines —, le crochet du volet qu’on n’a pas remplacé, la sangle laissée dehors tout l’été. Ce qu’on regrettera : le parasol qu’on avait « presque » rentré, le plein qu’on ferait demain, le couvreur qu’on n’a pas appelé pour la tuile de travers en juin.

Ce qu’on ne regrettera pas : les vingt minutes du tour de la maison, un mardi soir, pendant que la carte était jaune. Elles ne changent rien à la tempête. Elles changent ce qu’elle trouve chez vous.

Questions fréquentes

Comment se préparer à une tempête quand la vigilance orange est annoncée ?
En deux jours et dans l'ordre. À J-2, dehors : rentrer tout ce qui vole (mobilier, parasol, trampoline, jardinières), sangler ce qui reste, regarder la toiture depuis le sol, garer la voiture loin des arbres et faire le plein, fermer les volets. À J-1, dedans : remplir des bidons — l'eau coupe avec le courant dès qu'un surpresseur ou une pompe est dans la boucle —, charger tout ce qui se charge, mettre le congélateur au plus froid, choisir la pièce refuge côté abrité, sortir la radio et les lampes. À H-6, un dernier tour dehors, puis plus personne ne sort. Ciarán avait été annoncée plusieurs jours à l'avance : le J-2 existe, à condition de regarder la carte.
Faut-il scotcher les vitres en croix avant une tempête ?
Non. Le ruban adhésif ne retient ni la vitre ni ce qui la traverse ; au mieux il tient quelques éclats groupés, au pire il donne l'impression d'avoir protégé la fenêtre et l'on reste devant. Ce qui protège une fenêtre, c'est le volet fermé et verrouillé, et ce qui protège les personnes, c'est la distance : rideaux tirés, personne à moins de deux mètres d'une vitre exposée au vent, et la nuit passée dans la pièce du côté abrité. Si un volet manque, on éloigne les meubles de la fenêtre et l'on ferme la porte de la pièce. Le scotch se vend bien parce qu'il se pose en cinq minutes, ce qui n'en fait pas une protection.
Combien de temps dure une coupure d'électricité après une tempête ?
Quelques heures pour la plupart, plusieurs jours pour une minorité, et c'est cette minorité qu'il faut préparer. Après Ciarán, Enedis comptait 1,2 million de clients coupés le 2 novembre 2023 au matin, 780 000 en Bretagne ; 90 % ont été réalimentés « après quelques jours ». Les 10 % restants — de l'ordre de 120 000 foyers — ont attendu plus longtemps, dans les zones où les lignes traversent des arbres. Météo-France l'écrit dans sa vigilance rouge vent : des coupures « pendant des durées très importantes ». Trois jours d'autonomie en eau, lumière, information et repas sans cuisson longue sont le minimum ; une semaine n'est pas exagérée dans une commune boisée.
Un groupe électrogène peut-il fonctionner dans le garage pendant une tempête ?
Jamais, même porte ouverte, même « juste une heure ». Un moteur thermique produit du monoxyde de carbone, invisible et sans odeur, qui s'accumule dans un espace clos ou semi-clos et tue en moins d'une heure. Météo-France l'inscrit parmi ses quatre conseils de comportement en vigilance orange vent : « J'installe les groupes électrogènes à l'extérieur de la maison. » Dehors, à plusieurs mètres des fenêtres et des bouches d'aération, sous une protection contre la pluie qui ne l'enferme pas. Un détecteur de monoxyde de carbone par niveau, à piles, prévient de ce que le nez ne sent pas. Et le raccordement au tableau n'est pas un geste de foyer : c'est un électricien.
Que faire si une ligne électrique est tombée devant chez moi ?
Ne rien toucher, et ne pas laisser toucher : ni le câble, ni la branche posée dessus, ni la voiture qu'il effleure, ni la flaque autour. Une ligne à terre peut être sous tension sans un bruit ni une étincelle. On s'écarte, on empêche les enfants et les chiens d'approcher, on prévient les voisins, et on appelle : le 112 si quelqu'un est en danger ou si la ligne fume, sinon le numéro de dépannage d'Enedis pour votre département. Après Ciarán, ce sont 8 000 poteaux qu'Enedis a dû remplacer ; les lignes au sol se sont comptées par milliers, parfois pendant des jours. La règle vaut pour chacune.
L'assurance couvre-t-elle les dégâts d'une tempête ?
Oui, par la garantie tempête du contrat multirisques habitation, et non par le régime des catastrophes naturelles, qui suppose un arrêté publié au Journal officiel. Le délai pour déclarer est celui de votre contrat, qui ne peut pas être inférieur à 5 jours ouvrés selon ABE Infoservice, le service d'information de la Banque de France. On photographie tout avant de ranger, on garde les débris et les objets abîmés pour l'expert, et l'on fournit une liste chiffrée avec factures ou photos. Les franchises et les exclusions varient d'un contrat à l'autre — le vôtre se lit avant la saison, pas le lendemain d'une nuit à 150 km/h.
Comment garder le contact quand le réseau mobile tombe après une tempête ?
En ayant prévu qu'il tomberait. Les antennes mobiles dépendent du courant et de batteries de secours qui durent quelques heures ; après Ciarán, certains habitants du Finistère sont restés sans téléphone fixe ni mobile pendant des mois. Ce qui reste : la radio FM sur piles ou à manivelle pour les consignes, un point convenu avec les proches — un message court à heure fixe quand le réseau revient par intermittence —, et la voiture comme chargeur. Le téléphone se garde pour le 112 et pour ce message-là, pas pour regarder des vidéos de la tempête. Un voisin qu'on va voir à pied remplace beaucoup d'appels.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.

  • Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
  • Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
  • Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
  • Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.

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