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Refuge72

Feu de forêt : protéger sa maison commence à 50 mètres

Feu de forêt : protéger sa maison se joue sur les 50 m de débroussaillement, pas sur le tuyau d'arrosage. Ce que l'OLD impose. Mesurez votre cercle de 50 m.

Baptiste S. Publié le 18 septembre 2026 Mis à jour le 18 septembre 2026
Une maison de plain-pied en lisière de pinède, haie taillée bas et bande de terrain dégagée tout autour, tas de bois rangé loin du mur, ciel clair de fin d'été

Une gouttière pleine d’aiguilles de pin. Sèches, tassées, dix centimètres d’épaisseur sur toute la longueur de la façade sud, juste sous le bord des tuiles. Quand un feu de forêt approche, il n’arrive pas en marchant : il envoie devant lui des brandons, des fragments incandescents portés par le vent sur des centaines de mètres. L’un d’eux tombe dans cette gouttière. La maison brûle par le toit, sans que la flamme ait jamais touché le jardin.

Feu de forêt, protéger sa maison : tout le monde pense au tuyau d’arrosage. La bonne question se pose cinquante mètres plus loin, et elle se règle en hiver.

Feu de forêt, protéger sa maison : les 50 mètres décident avant tout achat

Le mardi 12 juillet 2022, dans l’après-midi, deux incendies se déclarent en Gironde. Treize jours plus tard, la préfecture fait le bilan en conférence de presse : 13 800 hectares brûlés à Landiras, plus de 7 000 à La Teste-de-Buch, 36 750 habitants évacués, jusqu’à 3 000 sapeurs-pompiers engagés en même temps au pic de la crise. Aucune victime. Vingt-cinq blessés, dont douze pompiers.

Ce que ce bilan ne dit pas, et que dit une autre page du gouvernement, c’est quelles maisons brûlent quand un tel feu passe. Le ministère de la Transition écologique est net : 90 % des maisons détruites lors de feux de forêt ne sont pas, ou sont mal, débroussaillées. Neuf sur dix. Pas neuf sur dix des maisons sans tuyau, sans piscine, sans volets métalliques : sans débroussaillement.

C’est le paramètre. Un feu de forêt arrive à une maison de trois manières : par le sol, à travers l’herbe et le sous-bois ; par les cimes, quand les couronnes des arbres se touchent jusqu’au mur ; et par l’air, avec les brandons. Les 50 mètres traitent les trois. Le tuyau n’en traite aucune.

La loi a fixé le chiffre, et l’ONF le rappelle dans sa foire aux questions : dans les zones concernées, le débroussaillement porte sur une profondeur de 50 mètres autour des habitations, constructions ou autres installations, et cette profondeur peut être portée à 100 mètres par le maire ou par le préfet. Sont concernés les terrains situés dans les bois, forêts, landes, maquis et garrigues, ou à moins de 200 mètres d’eux.

Cinquante mètres, c’est plus que la plupart des jardins. C’est pour ça que l’obligation s’étend chez le voisin : le propriétaire de la maison débroussaille jusqu’à 50 mètres, même sur la parcelle d’à côté, avec l’accord de son propriétaire. Le raisonnement de la loi est celui du feu, pas celui du cadastre.

Comment le mesurer chez vous, en dix minutes

D’abord la question de principe : êtes-vous concerné ? La réponse se lit sur une carte, pas dans un article. Le gouvernement renvoie vers cartes.gouv.fr, où l’on entre le code postal de sa commune, et vers Géorisques, dont la page « obligations légales de débroussaillement » dit à l’adresse si le terrain est soumis et à quelle profondeur. Puis l’arrêté préfectoral du département, sur le site de la préfecture, fixe les modalités : distance entre les arbres et la maison, distance entre les arbres, traitement des haies.

Ensuite la mesure elle-même. Un ruban de 50 mètres, quatre piquets, et on part des murs de la maison, pas de la clôture. Tout ce qui est à l’intérieur de ce cercle relève de l’obligation : la pelouse, le bosquet du fond, le talus, la pinède du voisin. Chez moi, je prendrais un décamètre à ruban de 50 mètresaff. à boîtier ouvert, celui des géomètres, parce qu’un mètre de chantier de 8 mètres oblige à reporter six fois et qu’on triche sans le vouloir. L’objet tient dans une main, et il donne le chiffre que la loi regarde.

Dix minutes plus tard, vous avez un cercle au sol et une liste de ce qu’il contient. C’est la seule photo qui compte, et c’est celle qu’un contrôleur regardera aussi.

Ce que les 50 mètres autorisent, palier par palier

L’obligation ne demande pas un désert. Elle demande que le feu ne trouve pas de chemin continu jusqu’à la maison, et elle se lit en trois anneaux.

De 0 à 10 mètres : rien de combustible ne touche la maison. Pas de haie de résineux contre le mur, pas de branche au-dessus du toit, pas de tas de bois sous l’auvent, pas de bâche, pas de jerrican, pas de meubles de jardin en plastique sous la fenêtre. Herbe rase. Gouttières vides. C’est l’anneau où l’on décide seul, sans tronçonneuse, en un week-end : une cisaille, un râteau à feuillesaff. pour les aiguilles au pied des murs et sous la terrasse, et un aller à la déchetterie, rien de plus.

De 10 à 50 mètres : le feu ne doit passer ni par le sol ni par les cimes. Les arbres restent, mais espacés : l’ONF décrit le débroussaillement comme la mise à distance des branches d’un arbre par rapport à l’habitation, et des branches d’un arbre avec celles d’un autre, avec l’élagage des branches basses et la coupe de la végétation herbacée et arbustive. Les rémanents s’évacuent. Un tas de branches coupées laissé sur place n’est pas du débroussaillement, c’est du combustible rangé.

Au-delà de 50 mètres : la forêt. Rien d’obligatoire pour vous, sauf si l’arrêté a porté la profondeur à 100 mètres. C’est aussi là que se décide tout ce que vous ne contrôlez pas, et c’est pour ça que les deux premiers anneaux doivent être irréprochables.

Le schéma ci-dessous se clique élément par élément : la haie, l’arbre proche, le tas de bois, l’abri, les gouttières, la terrasse. Pour chacun, ce que l’obligation impose ou conseille, le geste, et l’outil qui va avec.

Le schéma — cliquez un élément ou un anneau

Les 50 mètres autour de votre maison

Vue de dessus, pas à l'échelle. Chaque élément dit ce que l'obligation impose, le geste, et l'outil qui va avec.

10 – 50 M 0 – 10 M

Hachuré orange : ce que l'obligation condamne en l'état.

Cliquez la haie, l'arbre, le tas de bois, l'abri, les gouttières ou la terrasse. Ou l'un des anneaux, pour la règle qui s'y applique.

Suis-je concerné ? Vérifier sur Géorisques Un devis de débroussaillement professionnel La profondeur exacte (50 ou 100 m) et les distances entre arbres sont dans l'arrêté préfectoral de votre département.

Ce que les 50 mètres interdisent, et les contournements qui n’en sont pas

La haie de thuyas ou de cyprès plantée contre la façade pour se cacher du voisin. C’est un mur de résine sèche à un mètre des fenêtres, et c’est le premier objet que l’anneau de 0 à 10 mètres condamne. On la remplace par une clôture, ou par une haie de feuillus tenue basse et éloignée, jamais par « on la taillera cet été ».

Le tas de bois de chauffage rangé contre le mur, sous l’avant-toit, là où il reste sec. Il reste sec pour le feu aussi. Il va à plus de 10 mètres, sous une tôle, ou dans un local fermé et maçonné.

L’abri de jardin en bois collé à la maison, avec la tondeuse, le bidon d’essence et les coussins. C’est une amorce. À distance, ou en métal.

Et le contournement qui n’en est pas : « je n’ai pas débroussaillé, mais j’ai une piscine et une motopompe. » Le feu ne négocie pas avec une pompe. Il arrive par les brandons dans une gouttière que personne n’a vidée. La sanction, elle, existe : l’ONF cite jusqu’à 50 € par mètre carré non débroussaillé, et le pourvoi d’office, où la commune fait faire les travaux et envoie la facture. Le ministère ajoute que la franchise d’assurance peut être majorée en cas de sinistre sur un terrain non débroussaillé.

Les décisions qui en découlent, dans l’ordre

Une fois le cercle tracé, tout le reste se déduit, et dans un ordre précis.

La haie et les arbres proches, d’abord, parce que c’est le poste le plus long et qu’il se fait en hiver, hors sève et hors période de danger. Abattre ce qui touche le toit, élaguer le reste, espacer. Pour les branches basses jusqu’à quatre ou cinq mètres, un échenilloir télescopique avec scieaff. évite l’échelle sous l’arbre ; au-delà, et pour tout ce qui touche une ligne électrique, c’est un élagueur.

Le bois de chauffage et l’abri, ensuite : un après-midi pour déplacer, pas plus.

Les gouttières, avant chaque été et après chaque coup de vent. Les aiguilles de pin s’y accumulent en quelques semaines. Mon avis : une grille pare-feuilles pour gouttièreaff. en métal, jamais en plastique, évite de monter sur le toit tous les mois ; elle n’exempte pas de vérifier en juin, parce que les aiguilles fines passent quand même.

Les ouvertures. Volets pleins, en bois épais ou en métal, fermés au moment du feu : ils protègent la vitre du rayonnement, qui casse avant que la flamme n’arrive. Les bouches d’aération et les entrées d’air de la ventilation sont la voie d’entrée des braises les plus fines : elles se grillagent en maille métallique inoxaff., jamais en plastique, et se calfeutrent le jour J. La terrasse en bois contre la maison, elle, est un plancher de brandons : on la nettoie dessous, on n’y entrepose rien.

La réserve d’eau et le tuyau, en dernier, et pas pour ce que vous croyez. Ils servent après le passage du feu, pour noyer les reprises dans les massifs et les débris, quand les pompiers sont partis plus loin. Pendant, la pression du réseau tombe et vous n’êtes pas là pour arroser. On y revient plus bas.

La voiture prête, enfin, tout l’été : réservoir au-dessus de la moitié, garée dans le sens du départ, clés à un endroit fixe, sac d’évacuation dedans ou à côté de la porte. La liste de ce sac est dans l’article sac d’évacuation liste complète, et le pilier sac d’évacuation explique pourquoi on le fait avant l’été et pas le soir de l’alerte.

La météo des forêts et les causes : 9 feux sur 10

Depuis 2023, Météo-France publie chaque jour la météo des forêts, un niveau de danger de feux de forêt établi à partir des prévisions météorologiques et de l’état de sécheresse de la végétation, par département, pour le lendemain et le surlendemain, sur quatre couleurs : vert, jaune, orange, rouge. C’est la carte à regarder tous les matins d’été, comme on regarde la vigilance orage avant de se préparer à une tempête. Orange ou rouge, on ne fait rien qui produise une étincelle, on ne s’éloigne pas, et on vérifie que la voiture est prête. Elle vire souvent la même semaine que la vigilance canicule, parce que trois jours à 38 °C sèchent la litière du sous-bois : l’article canicule sans climatisation raconte le même été depuis l’intérieur des murs.

Le danger vient rarement de la foudre. Le ministère l’écrit : en France, 90 % des départs de feux de forêt ont pour origine les activités humaines, et selon la répartition de l’ONF reprise sur la même page, les travaux (brûlage, bricolage, agriculture) pèsent environ 35 %, les infrastructures de transport environ 15 %, les activités de particuliers (barbecues, mégots, feux d’artifice) environ 15 %, la malveillance environ 25 %. Le brûlage de déchets verts, la disqueuse un après-midi de vent, le barbecue au bord de la pinède : ce sont des feux de voisins, et ce sont les vôtres.

L’année 2022 donne l’échelle : plus de 70 000 hectares de forêt et de végétation brûlés pour plus de 22 700 feux, contre une moyenne de 15 700 hectares par an entre 2006 et 2021. Ce n’est pas un été du Sud-Est : la Gironde, la Bretagne, le Jura ont brûlé. La question « suis-je concerné ? » a changé de réponse pour beaucoup de communes, et la carte de Géorisques est le seul endroit où la relire.

Quand les 50 mètres ne suffisent plus : confiner ou évacuer

Il y a un moment où le débroussaillement a fait son travail et où la suite ne vous appartient plus. Le feu est à quelques kilomètres, la fumée arrive, le téléphone sonne avec FR-Alert ou la gendarmerie passe dans la rue. Ce moment-là a deux issues, et ce n’est pas vous qui choisissez.

Si l’ordre d’évacuer arrive, on part. Tout de suite, par l’itinéraire indiqué, sans finir de charger la voiture, sans aller chercher les photos au grenier. C’est pour ça que le sac était prêt, avec les documents importants en cas d’urgence déjà dedans, en copie.

Sans ordre d’évacuer, la consigne officielle est de s’abriter dans une maison débroussaillée plutôt que de prendre la route au dernier moment, et jamais dans une voiture, qui brûle. On ferme tout : volets, portes, fenêtres, bouches d’aération calfeutrées au ruban adhésif large — un ruban toilé de 50 mmaff., qui tient sur un crépi, pas du ruban de peintre qui se décolle à la première chaleur. On coupe le gaz. On rentre les tuyaux, on remplit la baignoire et les seaux, on prépare des linges mouillés ; l’eau à boire et les repas sans cuisson sont ceux du kit de survie 72 h, qui sert ici sans qu’on ait quitté la maison. On écoute la radio, parce que le réseau mobile est la première chose qui tombe : la radio d’urgence à manivelle du kit trouve ici son usage le plus concret.

Les fumées finissent par entrer, même maison fermée. Un masque filtrant FFP2 ou FFP3 retient une partie des particules fines ; il ne protège pas des gaz et ne remplace ni l’abri ni la consigne. Mon avis : c’est l’objet le moins cher du kit de confinement et celui qu’on regrette le plus de ne pas avoir, pour les enfants et pour les jours d’après. Une boîte de masques FFP2 pliablesaff. dans le placard du couloir, avec le rouleau de ruban, et on n’y pense plus.

L’arbre ci-dessous ne remplace pas la consigne : il vous dit quoi faire de vos mains selon celle que vous avez reçue, et il garde la checklist du confinement en mémoire pour le jour où vous n’aurez pas la tête à relire un article.

L'arbre — 3 questions, puis la liste conservée sur votre appareil

Confiner ou partir : ce que vous faites de vos mains

0 / 3

La décision d'évacuer appartient aux autorités. L'outil vous dit quoi faire dans l'heure selon la consigne que vous avez reçue, et rien de plus.

01La consigne — Qu'avez-vous reçu des autorités (FR-Alert, mairie, gendarmerie, radio) ?
02La fumée — De la fumée est-elle visible ou sensible depuis chez vous ?
03Les personnes — Y a-t-il au foyer une personne âgée, un nourrisson, une personne asthmatique ou à mobilité réduite ?
Rien n'est envoyé : tout se passe dans votre navigateur.

L’après : les fumées, le retour

Le feu passe, le front s’éloigne, et la maison n’est pas tirée d’affaire. Les brandons tombent encore pendant des heures. C’est maintenant que la réserve d’eau et le tuyau servent : faire le tour, noyer les débris qui fument dans les massifs, sous la terrasse, dans les gouttières, une fois que les secours ont dit que le secteur était sûr. Pas avant. Le tuyau qui compte est celui qui atteint le fond du terrain et le toit : un tuyau de 50 mètres avec pistoletaff. sur dévidoir, pas les 15 mètres de la terrasse.

L’air reste chargé plusieurs jours. Fenêtres fermées tant que la fumée est visible, masque pour sortir, enfants et personnes fragiles à l’intérieur. Si vous avez été évacué, le retour se fait sur autorisation, pas sur intuition : des lignes électriques au sol, des arbres qui tombent encore, des routes coupées. On rentre quand la mairie le dit, avec la radio allumée.

Et on refait le cercle de 50 mètres dès le premier automne. Ce qui a brûlé est parti, ce qui a séché brûlera mieux l’année prochaine : protéger sa maison d’un feu de forêt est un travail qui recommence chaque hiver, pas un chantier qu’on termine. Un versant brûlé pose aussi un autre problème dès les premiers orages d’automne : sans végétation, la pluie ne s’infiltre plus, elle ruisselle et charrie la cendre vers les maisons en contrebas. Le calendrier d’inondation, que faire commence donc, pour ces maisons-là, l’automne qui suit le feu.

Ce qui ne sert à rien

Arroser le toit au tuyau pendant le feu. La pression tombe parce que tout le quartier et les pompiers tirent sur le même réseau, le jet mouille trois mètres carrés face à un rayonnement qui sèche tout en quelques minutes, et la personne sur l’échelle au moment où la fumée arrive est celle qu’il faudra aller chercher. Le toit se protège en hiver, gouttières et branches.

La « pompe » de piscine sans pression ni réserve. Une motopompe thermique alimentée par une piscine peut aider des pompiers qui savent s’en servir ; une pompe électrique le jour où le courant est coupé, ou un tuyau d’arrosage branché sur la piscine par gravité, ne font rien.

Le brumisateur de toiture, l’enduit ignifuge en bombe, la couverture anti-feu de camping sur le tas de bois. Vendus, achetés, inutiles face à un feu de forêt. L’argent est mieux placé dans une journée d’élagueur.

Et la vieille idée de « rester pour défendre la maison ». Le bilan girondin de 2022 tient en une ligne : plus de 36 000 personnes évacuées, aucune victime. C’est le résultat d’évacuations décidées à temps et suivies sans discuter, pas de propriétaires restés sur leur toit. Le pilier se préparer à une catastrophe naturelle reprend cette logique pour chaque aléa : on prépare, on ne décide pas à la place des secours.

La question qui reste

Les 50 mètres vous disent ce que la maison peut encaisser. Ils ne disent pas ce que vous emportez si, à 15 h un mardi de juillet, la gendarmerie vous donne cinq minutes. Les papiers, le chargeur, les médicaments de la grand-mère, le chat, la clé de la maison de la voisine partie en vacances : qu’est-ce qui est déjà dans un sac, et qu’est-ce qui est encore dans votre tête ? C’est la question de l’article suivant, le sac d’évacuation, liste complète, et elle se pose avant l’été, quand on a encore le temps d’y répondre calmement.

Questions fréquentes

Feu de forêt protéger sa maison : par où commencer quand on vit en lisière de bois ?
En traitant d'abord les 50 mètres autour d'elle, ce que la loi appelle l'obligation légale de débroussaillement : herbe fauchée, sous-bois coupé, arbres espacés pour que leurs couronnes ne se touchent pas, branches basses élaguées, rien de combustible contre les murs, gouttières vides. C'est ce qui empêche le feu d'arriver jusqu'aux murs et ce qui permet aux pompiers d'intervenir. Le ministère de la Transition écologique rappelle que 90 % des maisons détruites lors de feux de forêt n'étaient pas, ou étaient mal, débroussaillées. Ensuite seulement viennent les matériaux, les bouches d'aération, la réserve d'eau, et la préparation du confinement ou de l'évacuation selon la consigne des autorités.
Suis-je concerné par l'obligation légale de débroussaillement ?
Si votre terrain se trouve dans ou à moins de 200 mètres d'un bois, d'une forêt, d'une lande, d'un maquis ou d'une garrigue, dans un département exposé, en principe oui. L'obligation porte sur une profondeur de 50 mètres autour de l'habitation, que le maire ou le préfet peuvent porter à 100 mètres. La réponse exacte dépend de l'arrêté préfectoral du département et de la carte : Géorisques et cartes.gouv.fr permettent de vérifier à l'adresse. En zone urbaine à moins de 200 mètres d'une forêt, c'est la parcelle entière qui se débroussaille. Le bouton du schéma de l'article renvoie directement vers la vérification officielle.
Que veut dire débroussailler, concrètement ?
Réduire la quantité de combustible sur les 50 mètres, pas raser. On coupe la végétation herbacée et arbustive, on élague les branches basses, on met les branches des arbres à distance de l'habitation et à distance les unes des autres, pour que le feu ne passe ni par le sol, ni de cime en cime, ni jusqu'au toit. Les distances précises entre arbres et par rapport aux murs sont fixées par l'arrêté préfectoral du département. On évacue les rémanents : un tas de branches coupées laissé sur place est un combustible de plus. Le travail se fait chaque année, de préférence à l'automne et en hiver, jamais en période de danger.
Faut-il évacuer ou se confiner quand un feu de forêt approche ?
Ce n'est pas vous qui décidez, ce sont les autorités : FR-Alert, la gendarmerie, la mairie, la radio. Sans consigne d'évacuation, la règle officielle est de s'abriter dans une maison débroussaillée plutôt que de prendre la route au dernier moment, et jamais dans une voiture. On ferme tout, volets, portes, bouches d'aération, on coupe le gaz, on garde des linges mouillés et de l'eau, on écoute la radio. Si l'ordre d'évacuer arrive, on part tout de suite, par l'itinéraire indiqué, avec le sac prêt. Ce site ne remplace ni la préfecture ni les pompiers : il vous prépare à suivre leur consigne sans paniquer.
Un masque FFP2 protège-t-il des fumées d'un feu de forêt ?
Partiellement. Un masque filtrant FFP2 ou FFP3 retient une partie des particules fines des fumées, mais il ne protège pas des gaz et ne remplace ni l'abri ni la consigne des autorités. C'est utile à l'intérieur d'une maison fermée quand la fumée finit par entrer, ou pendant les jours qui suivent, quand l'air reste chargé. Sans masque, un linge mouillé sur le nez et la bouche fait moins bien mais fait quelque chose. Je le range dans le kit de confinement avec le ruban adhésif large pour les bouches d'aération, et je le sors de la maison dans le sac d'évacuation.
Arroser son toit pendant un feu de forêt, ça sert à quoi ?
À se mettre en danger. Pendant l'incendie, la pression du réseau chute parce que tout le monde tire dessus en même temps, y compris les pompiers ; un tuyau d'arrosage ne mouille qu'une surface dérisoire face à un front de flammes et aux brandons qui volent sur des centaines de mètres ; et une personne sur son toit au moment où la fumée arrive est une personne que les secours devront aller chercher. Ce qui protège le toit, c'est ce qu'on a fait avant : gouttières vides, aiguilles balayées, branches éloignées, matériaux non combustibles. Une réserve d'eau et un tuyau servent après le passage du feu, pour éteindre les reprises, et aux pompiers, jamais à faire le pompier.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.

  • Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
  • Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
  • Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
  • Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.

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