Aller au contenu
Refuge72

Sac d'évacuation : le guide complet (liste, poids, plan)

Le sac d'évacuation n'est pas un kit de survie : c'est ce qui vous permet de quitter la maison en trois minutes sans rien oublier qui compte. Ce guide fixe ce qu'il contient, ce qu'il pèse, où il se range, et surtout dans quel état votre foyer doit être quand la consigne de partir tombe.

Baptiste S. Publié le 18 septembre 2026 Mis à jour le 18 septembre 2026
Un sac à dos de randonnée de 40 litres ouvert sur le sol carrelé d'une entrée, à côté d'une paire de chaussures, avec une gourde, une lampe frontale et une pochette étanche posées devant

Un bidon pliable de dix litres, vide, roulé serré au fond d’un sac à dos.

C’est l’objet qui m’a fait comprendre ce qu’est un sac d’évacuation, et ce qu’il n’est pas. La Croix-Rouge française, dans ses consignes de préparation, demande d’emporter en cas d’évacuation urgente un litre d’eau par personne et ce bidon pliable de dix litres. Un litre, pas six. Pourtant la même page rappelle qu’il faut six litres par jour et par personne pour tenir. La contradiction n’en est pas une : on part avec l’eau qu’on peut porter, et on remplit le bidon là où l’on arrive, au gymnase, chez un proche, à la fontaine d’un village. Le sac n’est pas fait pour tenir trois jours en autonomie. Il est fait pour franchir la porte sans rien oublier de ce qui compte, et pour rendre les 72 heures suivantes supportables.

Tout ce guide découle de cette idée. Le sac d’évacuation est un objet de transition, pas de survie. On le prépare pour partir, pas pour camper. Le premier achat n’est d’ailleurs pas le sac : c’est un bidon pliable de 10 litresaff., qui ne pèse rien tant qu’il est vide et qui fait de n’importe quel robinet, à l’arrivée, une réserve pour la famille.

Deux étés, deux évacuations que personne n’avait prévues

Le mardi 12 juillet 2022, à 15 h 11, un feu part à La Teste-de-Buch, au bord du bassin d’Arcachon. À 16 h 35, un autre part à Landiras, quarante kilomètres plus au sud. Deux semaines plus tard, la préfecture de la Gironde fait le compte : 13 800 hectares brûlés à Landiras, plus de 7 000 à La Teste, et 36 750 personnes évacuées, dont plus de 16 000 habitants de seize communes différentes pour le seul feu de Landiras. Un mardi après-midi de juillet. Des gens au travail, à la plage, en camping, à qui l’on a demandé de partir avec ce qu’ils avaient sur eux.

Le 29 octobre 2024, une DANA — une goutte froide, dans le vocabulaire espagnol — s’abat sur la province de Valence. Les médecins légistes qui ont travaillé sur la catastrophe rapportent 212 corps retrouvés en douze jours, la plupart dans les communes de la banlieue sud, Paiporta, Catarroja, Alfafar. Une crue d’un soir, à l’heure où les gens rentraient du travail.

Je cite ces deux cas parce qu’ils disent la même chose par deux bouts opposés. À Landiras, l’évacuation a été ordonnée à temps, massivement, et il n’y a pas eu de victime civile. À Valence, l’alerte est arrivée trop tard pour beaucoup, et ceux qui ont voulu sauver leur voiture au parking n’en sont pas remontés. Dans les deux cas, la question n’était pas « ai-je un sac ». C’était : suis-je capable de partir en trois minutes quand on me le dit, et capable de ne pas partir quand on me dit de rester ?

Le sac répond à la première moitié. Le reste de ce guide s’occupe des deux.

Évacuer ou rester : la décision n’est pas la vôtre

Le premier réflexe d’un foyer qui se prépare est de vouloir décider seul. C’est le mauvais réflexe, et il faut le dire avant de parler de matériel.

En France, l’alerte des populations passe par FR-Alert, déployé sur le territoire national depuis fin juin 2022 : une notification sur tous les téléphones présents dans la zone, avec un signal sonore spécifique, sans application à installer, qui dit ce qui se passe et quel comportement adopter. Elle s’ajoute aux sirènes, aux consignes de la mairie, aux pompiers qui frappent aux portes. Ready.gov, le site de préparation de la FEMA américaine, le formule en quatre mots que je n’ai pas trouvé mieux ailleurs : « Always follow the instructions of local officials ». Toujours.

Pourquoi c’est si net. Devant un feu de forêt, l’intuition dit de fuir ; les pompiers, eux, demandent souvent de rester dans une maison débroussaillée et fermée, parce que la route encombrée de voitures dans la fumée est l’endroit où l’on meurt. Devant un nuage industriel, l’intuition dit de sortir ; la consigne est de rentrer et de calfeutrer. Devant une crue, l’intuition dit d’aller chercher la voiture au parking. Valence a montré ce que ça donne.

Ce que vous pouvez décider, en revanche, c’est l’état de votre foyer quand la consigne tombe. Sac à la porte ou pas. Voiture dans le sens de la sortie ou pas. Enfants qui savent ou pas. C’est exactement ce que fait l’arbre ci-dessous : il ne vous dit pas de partir, il vous dit dans quelle posture attendre.

L'arbre de décision — 2 à 6 questions

Partir, rester, ou attendre la consigne ?

question 1

Ce que dit la préfecture, la mairie ou FR-Alert prime sur tout ce qui suit. L'arbre sert à savoir dans quel état doit être votre foyer avant que la consigne arrive.

Rien n'est envoyé : tout se calcule dans votre navigateur.

Deux aléas méritent leur propre déroulé, parce que la chronologie compte plus que le matériel : inondation, que faire, vigilance par vigilance et feu de forêt, protéger sa maison avant que la question de partir se pose. Et pour savoir à quoi votre adresse est exposée, le pilier se préparer à une catastrophe naturelle commence par la carte, pas par le placard.

Un sac d’évacuation par personne, et le sac du foyer

Le sac unique « pour la famille » est la première erreur, et elle est logique : on pense stock, on pense donc contenant. Le problème, c’est qu’un stock ne se porte pas. Quinze kilos d’eau et de vêtements pour quatre dans un seul sac, c’est un sac que personne ne monte dans un escalier, et une famille qui se sépare devient une famille où trois personnes n’ont rien.

Le découpage qui marche est en deux couches.

Le sac personnel, un par membre du foyer, à la taille de celui qui le porte. Il contient ce qui est à cette personne et à elle seule : son litre d’eau, une tenue de rechange, sa lampe, sa copie des papiers, ses traitements, un en-cas. Pour un enfant, c’est un petit sac d’école avec sa gourde, une lampe, un vêtement chaud et l’objet qui le rassure. À cet âge, le critère n’est pas le volume mais le réglage : un sac à dos d’enfant à bretelles rembourréesaff. se serre assez haut pour ne pas battre les reins au bout de dix minutes de marche. Il le porte lui-même. Ce n’est pas symbolique : c’est trois kilos de moins pour un adulte.

Le sac du foyer, porté par l’adulte le plus solide, contient ce qui ne se dédouble pas et ce qui coûte trop cher pour être en quatre exemplaires : la radio, la trousse de soins complète, les originaux des documents, l’argent liquide, les chargeurs et une batterie externe, le bidon pliable, la nourriture commune.

Le contenu détaillé, ligne par ligne et poste par poste, avec ce qui va dans quel sac, est dans la sac d’évacuation liste complète du site. Ce pilier s’arrête au raisonnement ; l’article s’occupe de l’inventaire.

Le contenant, lui, se choisit vite. Pour un adulte, un sac à dos de randonnée de 40 litres est le bon format : assez pour trois jours d’affaires, trop petit pour être surchargé, avec des bretelles rembourrées et une ceinture ventrale parce qu’il se porte, il ne se roule pas. La housse de pluie n’est pas une option : une évacuation pour crue se fait sous la pluie, par définition. De couleur claire ou vive plutôt que noire — on le retrouve dans un gymnase, on le voit dans un fossé. Pas de sac « tactique » à sangles : il pèse plus lourd vide, et il fait peur aux gens à qui vous demanderez de l’aide.

Idéal pour : le sac personnel d'un adulte

Sac à dos de randonnée 40 litres, avec housse de pluie

  • Bretelles rembourrées et ceinture ventrale : le poids va sur les hanches
  • 40 litres : trois jours d'affaires, impossible à surcharger
  • Housse de pluie incluse ou en poche dédiée
  • Couleur claire, visible dans un gymnase ou un fossé

Le défaut : Un 40 litres sans ceinture ventrale se porte sur les épaules et fatigue en vingt minutes : vérifier ce point avant tout le reste.

Prix du jour et disponibilité sur Amazon

Voir le prix sur Amazon

Lien partenaire Amazon : si vous achetez via ce lien, le site touche une commission, sans surcoût pour vous.

Le poids : 10 à 15 % du poids du porteur, eau comprise

La règle vient de la randonnée, où elle est éprouvée depuis longtemps : un sac confortable sur une journée pèse 10 % du poids du marcheur, et 15 % est le plafond pour quelqu’un d’entraîné. Pour un sac d’évacuation, je retiens la fourchette basse. Personne ne s’entraîne à évacuer, et le jour J on porte le sac dans un escalier, avec un enfant dans l’autre bras, sur cinq cents mètres jusqu’au point de rassemblement, ou deux kilomètres jusqu’à la route dégagée.

Le calcul pour un foyer de quatre

Ce que ça donne, concrètement.

PorteurPoids du corpsSac à 10 %Sac à 15 %Ce que ça contient
Adulte 180 kg8 kg12 kgsac personnel + sac du foyer (radio, trousse, documents, bidon)
Adulte 260 kg6 kg9 kgsac personnel + nourriture commune + chargeurs
Enfant de 10 ans35 kg3,5 kg5 kggourde, tenue, lampe, en-cas, doudou
Enfant de 5 ans20 kg2 kg3 kggourde de 50 cl, un vêtement, une lampe, le doudou

Le premier enseignement de ce tableau, c’est que le foyer entier porte 19 à 29 kilos, pas 40. Le second, c’est que l’eau commande tout : un litre pèse un kilo, et le litre par personne de la Croix-Rouge est déjà un dixième du sac d’un adulte moyen. C’est pour ça que le bidon pliable est vide, et que la gourde filtrante, un peu plus loin, change le calcul.

Le composant ci-dessous fait ce calcul avec vos objets et votre poids, et il tranche. Il est écrit pour l’article sur la liste complète du sac ; je le reprends ici parce que le pilier pose la règle des 10 à 15 % et que c’est le seul endroit du site où l’on peut la vérifier sur son propre sac, objet par objet.

Le peseur — conservé sur votre appareil

Combien pèse votre sac, et qui va le porter ?

Cochez ce que vous mettez dedans, corrigez les poids si vous les connaissez, puis indiquez le poids de la personne qui portera le sac. Les grammes proposés sont des ordres de grandeur, pas des fiches produit.

Le sac

L'eau et sa filtration

L'abri et la chaleur

L'énergie et la lumière

Les soins

Les documents et l'argent

La nourriture et l'hygiène

Poids du sac chargé

0 kg

010 %15 %20 %

Rien n'est envoyé : le calcul se fait dans votre navigateur.

Poste par poste : ce que le sac contient, et pourquoi

Neuf postes. Ils ne se valent pas, et l’ordre ci-dessous est celui de leur importance, pas celui du rangement.

L’eau et la filtration

Un litre par personne dans le sac, c’est ce qu’on porte. Le bidon pliable de dix litres, c’est ce qu’on remplit à l’arrivée. Entre les deux, il y a le cas où le point d’eau à l’arrivée n’est pas sûr : une fontaine dont on ne sait rien, un robinet après une inondation, quand le réseau est trouble et que la mairie recommande de ne pas boire l’eau. Là, une gourde filtrante à membrane, celle des randonneurs, rend potable une eau claire mais douteuse en la buvant simplement à la paille, sans attendre, sans pastille, sans réchaud. Elle ne fait rien contre les produits chimiques ni contre une eau boueuse, et il faut le savoir ; pour tout le reste elle remplace deux litres de poids mort. Une gourde filtrante à membraneaff. par sac du foyer, et une paille filtrante par sac personnel si le budget suit. Le fonctionnement, les limites et le choix entre membrane, pastilles et UV sont dans l’article sur le filtre à eau randonnée : c’est le même objet, et la randonnée est le meilleur endroit pour apprendre à s’en servir.

La FEMA raisonne à la maison, pas dans le sac, et sa règle donne l’ordre de grandeur de ce qu’on ne portera jamais : un gallon, soit 3,8 litres, par personne et par jour, pour plusieurs jours. Pour quatre personnes sur trois jours, c’est 45 litres. Personne ne les porte. C’est la réserve d’eau de la maison, qui reste à la maison — comment la stocker et à quel rythme la renouveler est l’objet de la réserve d’eau potable à la maison —, et c’est le sujet du kit de survie 72 h, pas de ce sac.

L’abri et la chaleur

On sous-estime le froid parce qu’on imagine l’évacuation en été, comme à Landiras. Elle arrive aussi en octobre, la nuit, sous la pluie, comme à Valence, et un gymnase municipal n’est pas chauffé à l’ouverture. Le poste abri d’un sac d’évacuation tient en trois objets : une couverture de survie épaisse, réutilisable, pas la feuille dorée qui se déchire en la dépliant ; un poncho de pluie qui couvre le sac ; une couche chaude de plus que la saison, bonnet compris pour les enfants. Pas de tente. Pas de sac de couchage, sauf pour un bébé ou une personne très âgée, et alors un modèle léger.

La couverture de survie épaisse et réutilisableaff. est l’achat que je ferais en premier dans ce poste : elle sert dans le sac, dans la voiture, et pendant une coupure de chauffage à la maison, où elle isole du sol un enfant qui dort dans la pièce chauffée. Le poncho, lui, se juge sur une seule mesure : il doit couvrir le sac en même temps que le porteur, sinon on arrive avec dix kilos d’affaires trempées. Un poncho de pluie taillé pour passer par-dessus le sacaff. remplace la veste imperméable et se range en boule dans une poche.

La lumière et l’énergie

Une lampe frontale par personne, enfants compris, avec des piles de rechange dans le sac du foyer. Frontale, pas lampe de poche : on charge une voiture, on tient un enfant, on lit une carte, et il faut les deux mains. Le téléphone reste un téléphone ; le vider en lampe torche est la première erreur des soirées de coupure d’électricité prolongée, et une évacuation est une coupure qui se déplace.

Pour l’énergie, une batterie externe chargée dans le sac du foyer, avec les câbles de tous les téléphones de la famille, et un chargeur allume-cigare dans la voiture. La batterie se recharge à chaque révision du sac, deux fois par an, et elle perd une partie de sa charge entre-temps : c’est normal, et c’est pour ça qu’on la vérifie. Une lampe frontale rechargeable avec un mode rougeaff. a l’avantage de se recharger sur la même batterie, et le mode rouge ne réveille pas toute la salle quand on cherche un biberon à trois heures du matin.

L’information

Le poste le plus léger et le plus oublié. Quand le réseau mobile tombe — et il tombe, par saturation ou par coupure —, les consignes passent par la radio FM. Une petite radio à piles ou à manivelle dans le sac du foyer, avec la fréquence de France Info et de la station locale écrite au marqueur dessus, pèse cent grammes et remplace la rumeur par la consigne. Le choix entre manivelle, piles et solaire est traité dans l’article sur la radio d’urgence à manivelle ; pour le sac, la plus petite et la plus simple gagne. Une radio de poche FM à pilesaff. qui se règle sans menu et tient dans une main fait le travail mieux qu’un modèle à manivelle, plus lourd, qu’on garde pour la maison. Ajoutez une feuille plastifiée avec les numéros de la famille écrits à la main, le contact hors zone, le point de rassemblement, et un sifflet par sac personnel — Ready.gov le met dans son kit de base, pour signaler sa position sans voix.

Les soins

Une trousse de premiers secours dans le sac du foyer, du type de celles qu’on emmène en randonnée : pansements, compresses, bande, désinfectant, gants, pince à épiler, couverture de survie fine en doublon, et vos lunettes de rechange. Elle sert pour une coupure, une ampoule, une écharde, pas pour autre chose. Le critère est donc le volume, pas le nombre de références annoncées : une trousse de secours de randonnée compacteaff. tient dans une poche latérale, là où la trousse de voiture prend la place d’une tenue de rechange.

Ce qui compte plus que la trousse, ce sont les traitements en cours. Un foyer où quelqu’un prend un traitement quotidien doit avoir dans le sac personnel de cette personne une avance de quelques jours, son ordonnance, et la liste de ce qu’elle prend. Combien de jours d’avance, comment conserver un traitement au frais dans un sac, que faire si l’on manque une prise : ce sont des questions pour votre médecin ou votre pharmacien, et pour personne d’autre. Ce site n’y répond pas, volontairement.

Les documents et l’argent liquide

Après une inondation ou un incendie, les papiers sont ce qui prend le plus de temps à refaire, et ce qu’on vous demandera en premier : à l’assureur, à la mairie, à la banque, à l’école. Le sac du foyer contient les originaux dans une pochette étanche — carte d’identité, passeports, livret de famille, carte Vitale, permis, titre de propriété ou bail, contrat d’assurance —, et chaque sac personnel contient des copies. Une clé USB chiffrée avec les scans et les photos de la maison pièce par pièce complète le tout ; la Croix-Rouge la met dans sa liste au même titre que les copies de papiers. La méthode pour tout rassembler, famille par famille, et pour décider ce qui reste en original ou en copie, est dans l’article sur les documents importants en cas d’urgence.

La liste de la Croix-Rouge ajoute l’argent liquide, et elle a raison : quand le courant ou le réseau tombe, les terminaux de paiement tombent avec, et un plein, une chambre, un repas se paient en billets. Une réserve en petites coupures, dans la pochette des documents, qu’on ne touche jamais pour autre chose. Une pochette étanche pour documents au format A4aff., transparente pour qu’on n’ait pas à l’ouvrir pour savoir ce qu’il y a dedans, suffit ; les modèles à fermeture roulée tiennent mieux sous la pluie que ceux à zip.

L’hygiène

Petit poste, grand effet sur le moral au troisième jour : brosse à dents et dentifrice de voyage, savon solide, lingettes, papier toilette compressé, un gel hydroalcoolique, des protections périodiques, des sacs poubelle qui servent aussi de sur-sac, de siège sec et de poncho de secours. Une serviette en microfibre. Le tout tient dans une trousse de toilette d’enfant et pèse moins de 400 grammes.

Les enfants, le bébé, les animaux

Pour un bébé, le sac du foyer gagne un poste entier : lait en poudre et eau en bouteille pour le préparer, biberons, couches pour trois jours, lingettes, deux tenues, un porte-bébé plutôt qu’une poussette — on ne fait pas passer une poussette dans un escalier de gymnase ni dans un fossé. Pour un enfant, son sac à lui, léger, et dans le sac du foyer une occupation qui ne demande pas de courant : un jeu de cartes, un carnet, un livre.

Pour un animal, la règle est simple et non négociable : il part avec vous. La caisse de transport reste sortie et accessible, pas au fond de la cave ; la laisse est accrochée au sac ; trois jours de croquettes, une gamelle pliable et le carnet de vaccination sont dans le sac du foyer, parce qu’un hébergement d’urgence qui accepte les animaux demandera le carnet. Un chat se cache quand tout le monde s’agite : on le met en caisse avant de charger la voiture, pas après.

Le sac de voiture : la version qui ne dépend pas de l’heure

Les deux feux de Gironde sont partis un mardi après-midi. La DANA de Valence a frappé un mardi soir, à l’heure des retours. Une alerte a plus de chances de vous trouver au bureau, sur la route ou à l’école qu’assis dans votre entrée à côté du sac. Le sac de voiture répond à ça : il n’est pas une copie du sac de la maison, il est ce qui vous permet de tenir une nuit bloqué, ou de rejoindre la maison à pied.

Dedans, dans un bac qui ne roule pas dans le coffre : une couverture chaude, de l’eau qu’on renouvelle à chaque saison parce que la chaleur du coffre abîme les bouteilles, des barres, une lampe, un chargeur allume-cigare et un câble, un gilet — obligatoire de toute façon —, un poncho, et une paire de chaussures de marche pour ceux qui roulent en chaussures de ville. Pour celles-là, le critère tient en deux points : elles tiennent la cheville et on les enfile debout. Des chaussures de marche montantes et imperméablesaff. passent dans les gravats et dans l’eau froide, ce qu’aucune paire de ville ne fait. Un bidon pliable de plus ne pèse rien. Le chargeur est la pièce qui compte : une file de voitures à l’arrêt est la seule prise de courant d’une évacuation, et un chargeur allume-cigare à deux portsaff. recharge le téléphone et la batterie du sac en même temps, pendant qu’on attend.

Le réservoir compte autant que le bac. Ready.gov le dit sans détour : garder le réservoir plein si une évacuation semble probable, et au moins la moitié en permanence pour l’évacuation qu’on n’a pas vue venir. Une file de quarante voitures à la station-service le jour d’une alerte est une scène banale de toutes les évacuations, et elle se règle à l’avance, en ne descendant jamais sous la moitié. C’est la règle de préparation la moins chère de tout ce guide.

Dernier point, le sens de la voiture. Garée nez vers la sortie, elle part en dix secondes ; garée nez au mur, il faut manœuvrer dans une rue où tout le monde manœuvre. En zone inondable, elle ne dort pas au parking en sous-sol pendant une vigilance orange, et c’est un sujet à part entière dans l’article sur les inondations.

L’EDC, la couche zéro : ce que vous avez sur vous

Il y a une couche en dessous du sac de voiture, et c’est celle qu’on ne prépare jamais : ce que vous portez sur vous, tous les jours, sans y penser. Le téléphone, les clés, le portefeuille. Les préparateurs l’appellent l’EDC, pour everyday carry, et le mot a été abîmé par des photos de couteaux et de lampes tactiques posés sur des planches en bois. Ce n’est pas le sujet.

Le sujet, c’est ce qui change entre « je suis au bureau quand l’alerte tombe » et « je suis au bureau avec une lampe de la taille d’un briquet, une batterie de secours dans la sacoche, un billet de vingt euros que je n’ai jamais dépensé, et la copie de mon ordonnance en photo dans le téléphone ». Quatre objets, cent cinquante grammes, et la première heure d’une évacuation change de nature. La lampe, en particulier, n’est pas un gadget : une coupure de courant dans un parking, un escalier de bureau sans éclairage de secours, une gare dans le noir, et on marche au lieu d’attendre. Une mini lampe de porte-clés rechargeableaff. pèse vingt grammes et reste sur le trousseau où on ne l’oublie pas.

La méthode pour composer cette couche selon votre journée — bureau, ville, voiture, parent qui fait les trajets d’école — est dans l’article sur l’kit EDC quotidien. Le principe est le même que pour le sac : partir de ce que vous portez déjà, ajouter cinq objets, ne jamais en ajouter dix.

La randonnée, l’école de l’autonomie

Je dois une explication sur la place de la randonnée dans ce silo. Un site sur la préparation du foyer pourrait s’en passer ; il aurait tort. La randonnée est le seul cadre ordinaire où l’on porte un sac calculé, où l’on boit une eau qu’on a filtrée soi-même, où l’on se repère sans réseau, et où l’on découvre ce que pèsent réellement dix kilos après deux heures. Tout ce que ce guide affirme sur le poids, l’eau et l’orientation, un randonneur du dimanche le sait dans ses jambes.

Deux compétences en sortent directement utiles à une évacuation. La première est l’eau : savoir utiliser un filtre à membrane, savoir ce qu’il arrête et ce qu’il n’arrête pas, savoir qu’une eau boueuse se laisse décanter avant de filtrer. La seconde est l’orientation. Une évacuation se fait par un itinéraire imposé, souvent différent de celui du GPS, sur des routes fermées, parfois à pied, parfois de nuit, avec un téléphone qui n’a plus de réseau ou plus de batterie. Savoir lire une carte papier, trouver le nord, estimer une distance et un temps de marche, c’est ce qui permet de suivre la consigne « rejoignez le gymnase de la commune voisine » quand l’application ne répond plus. L’article sur s’orienter sans GPS part de trois situations concrètes ; il n’y a rien de militaire là-dedans, c’est ce qu’on apprend en classe de découverte. Les deux objets qui le permettent tiennent dans la poche extérieure du sac : la carte IGN de la commune et une boussole à plaquetteaff., la seule qui se pose sur une carte pour l’orienter — celle du téléphone ne le fait pas, et elle s’éteint avec lui.

Le conseil que je donnerais à un foyer qui vient de faire son sac : allez marcher avec, une fois, une demi-journée, sur un sentier balisé. Vous saurez en deux heures si les bretelles frottent, si le sac de l’enfant est trop lourd, si la gourde filtrante a un goût. C’est la seule répétition générale qui ne coûte rien.

Où le ranger, et quand le refaire

Le sac se range près de la porte de sortie, à un endroit fixe connu de tout le foyer, y compris des enfants et de la personne qui garde la maison de temps en temps. Pas dans la cave, pas dans le garage en sous-sol, pas dans le grenier au bout d’une échelle : ce sont les endroits inondés, enfumés, ou inaccessibles quand ça presse. Un placard d’entrée, le bas d’une penderie, un coffre de banquette. En appartement, il reste dans l’appartement, jamais dans un local commun fermé à clé.

Une paire de chaussures fermées posée dessus, pour tout le monde. Ce détail a l’air ridicule jusqu’au jour où l’on marche dans une rue pleine de débris en chaussons. Et une lampe frontale accrochée à la bretelle extérieure : dans un couloir sans lumière, la première chose à voir, c’est le sac.

Le sac ne se prépare pas une fois. Il se refait deux fois par an, à date fixe, et le plus simple est de choisir les deux changements d’heure, parce qu’ils tombent aux bons moments — avant les tempêtes d’automne, avant les orages et les feux d’été — et qu’on ne les oublie pas. On vide tout sur la table de la cuisine. L’eau et la nourriture partent dans la consommation courante et sont remplacées. La batterie se recharge, la lampe s’allume, la radio capte. Les copies de papiers se mettent à jour, les traitements aussi. Les vêtements changent de saison et, pour les enfants, de taille. Et on repèse.

Le sac se refait aussi après chaque événement dans le foyer : une naissance, un nouveau traitement, un animal, un déménagement — et un déménagement change tout, parce que l’aléa change avec l’adresse. Le pilier sur les deux semaines d’autonomie à la maison traite l’autre versant du même sujet : ce qui reste chez vous, à l’échelle de la quinzaine, quand le sac est fait pour trois jours dehors.

Ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend bien

J’ai gardé la contradiction pour la fin, parce qu’elle est plus claire une fois le sac compris.

Le « BOB » de 25 kilos. Le bug-out bag des forums, avec tente, hache, réchaud, corde et rations pour une semaine, est le produit le plus vendu de la niche et le moins utile à un foyer français. Il est conçu pour disparaître dans la nature ; vous allez chez votre belle-sœur ou dans un gymnase. Il pèse le tiers de votre poids ; vous devez monter un escalier avec. Il coûte le prix d’un vrai sac pour chaque membre du foyer, et il n’en fait qu’un. Le calcul du carnet de préparation, plus haut, dit le reste.

Le couteau de survie. Dans une évacuation ordinaire, on coupe du ruban adhésif, un emballage, une ficelle. Une petite paire de ciseaux dans la trousse de soins fait tout ça et n’inquiète personne dans un hébergement collectif où l’on vit à deux cents. Le couteau à lame fixe sert à une image, pas à un geste.

Les kits tout faits, rangés fermés. Le kit prêt à l’emploi n’est pas un mauvais objet ; c’est un mauvais réflexe. Il contient ce qui est pareil pour tout le monde et rien de ce qui compte pour vous. La Croix-Rouge, qui vend le sien, est la première à écrire qu’il doit être complété par les traitements, les copies de papiers, l’argent liquide et une clé USB. Le kit acheté et rangé sans être ouvert donne le sentiment d’être prêt, qui est la pire des positions : celle où l’on ne fait plus rien. Si vous en achetez un, ouvrez-le le soir même, pesez-le, retirez ce qui ne vous sert pas, ajoutez ce qui vous est propre. À ce moment-là il devient un sac. Avant, c’est un achat.

La réserve d’eau dans le sac. Six litres par personne, c’est la règle de la maison ; dans le sac, c’est six kilos qui font abandonner tout le reste au premier escalier. Un litre, un bidon vide, une gourde filtrante. La réserve reste à la maison.

Il reste le bidon pliable de dix litres, vide, roulé au fond du sac. Dans un an, à la révision de mars, il sera toujours vide, et c’est exactement ce qu’on lui demande. Un sac d’évacuation réussi est un sac dont le contenu le plus important est la place qu’on a laissée pour ce qu’on trouvera à l’arrivée : un robinet, un toit, des gens. Tout le reste tient en dix kilos, et il est déjà à côté de la porte.

Questions fréquentes

Que mettre dans un sac d'évacuation ?
Ce qui vous manquera dans les premières 72 heures loin de chez vous, et rien de plus : un litre d'eau par personne et un bidon pliable à remplir à l'arrivée, de quoi manger sans cuisson, une couverture de survie épaisse, une lampe frontale, une batterie externe chargée, une petite radio, une trousse de soins et l'avance de vos traitements, les copies de vos papiers dans une pochette étanche, un peu d'argent liquide, de quoi se laver les mains et les dents, une tenue de rechange. Le sac est complété par ce qui est propre à votre foyer : lait et couches pour un bébé, laisse et caisse pour un animal, lunettes de rechange. Tout ce qui sert à « survivre dehors » n'a rien à y faire : vous allez chez des proches ou dans un gymnase, pas en forêt.
Combien doit peser un sac d'évacuation ?
Entre 10 et 15 % du poids de la personne qui le porte, et plutôt 10 % si elle n'a pas l'habitude de marcher chargée. Pour un adulte de 70 kilos, cela donne 7 à 10 kilos, eau comprise ; pour un enfant de 30 kilos, 3 kilos au plus, c'est-à-dire ses affaires personnelles et sa gourde. Ce n'est pas une coquetterie de randonneur : une évacuation peut se finir à pied, dans un escalier, sur une passerelle, avec un enfant dans l'autre bras. Le sac que l'on ne peut pas porter deux kilomètres est un sac que l'on abandonne. Pesez-le une fois rempli, sur le pèse-personne, et retirez ce qui dépasse : c'est presque toujours l'eau en trop et les objets « au cas où ».
Faut-il un sac d'évacuation par personne ou un seul pour la famille ?
Les deux, et ils n'ont pas le même contenu. Chaque personne porte un sac à sa taille avec ce qui est à elle : eau, vêtements, lampe, sa copie des papiers et ses traitements. Le foyer a en plus un sac commun, porté par l'adulte le plus solide, qui contient ce qui ne se dédouble pas : la radio, la trousse de soins complète, les documents originaux, l'argent liquide, les chargeurs et le bidon pliable. L'intérêt est double. Si un membre de la famille part de son côté, il n'est pas démuni ; et le sac du foyer reste léger parce que l'eau et les vêtements, qui pèsent le plus, sont répartis. Un enfant de six ans porte son doudou, sa gourde et sa lampe, et il est fier de le faire.
Où ranger le sac d'évacuation dans la maison ?
Près de la porte par laquelle vous sortez, à un endroit fixe que tout le foyer connaît, et jamais dans la cave ni dans le garage en sous-sol : ce sont les premiers endroits inondés et les derniers où l'on veut descendre quand ça presse. Un placard d'entrée, le bas d'une penderie, un coffre de banquette dans le couloir font l'affaire. Le sac doit être accessible sans déplacer autre chose et sans lumière, parce que l'évacuation arrive souvent de nuit ou pendant une coupure. Une paire de chaussures fermées posée dessus évite de partir en chaussons. En appartement, le sac reste dans l'appartement, pas dans un local commun fermé à clé dont on cherche la clé.
Que mettre dans le sac d'urgence de la voiture ?
Ce qui sert si vous êtes bloqué dans la voiture ou si vous devez la quitter loin de chez vous : une couverture chaude, de l'eau (renouvelée souvent l'été, la chaleur du coffre abîme les bouteilles), quelques barres, une lampe, un chargeur allume-cigare et un câble, un gilet et une paire de chaussures de marche si vous roulez en chaussures de ville. Le réservoir compte autant que le sac : la FEMA recommande de garder au moins un demi-réservoir en permanence, parce qu'une évacuation commence souvent par une file à la station-service. Le sac de voiture ne remplace pas le sac de la maison, il le complète pour le cas, fréquent, où l'alerte vous trouve au travail ou sur la route.
Comment savoir s'il faut évacuer ou rester chez soi ?
Vous ne le décidez pas : ce sont les autorités qui tranchent, par FR-Alert, par la mairie, par la préfecture ou par les pompiers sur place, et leur consigne prime sur toute règle générale. Ce que vous décidez, c'est l'état de préparation de votre foyer avant que la consigne arrive. En zone inondable au rez-de-chaussée, le sac est à la porte et la voiture tournée vers la sortie ; en cas d'accident industriel ou de fumée, le réflexe est de rentrer et de fermer, pas de sortir ; sous une tempête, on ne prend pas la route. Dans le doute, on écoute la radio, on garde le téléphone chargé et on ne va pas « voir » la rivière ou le feu. Partir sans consigne dans un feu de forêt ou une crue rapide est ce qui coûte des vies.
Quand faut-il vérifier et refaire le sac d'évacuation ?
Deux fois par an, à date fixe, et le plus simple est de le faire aux changements d'heure, fin mars et fin octobre. On vide tout sur la table de la cuisine, on remplace l'eau et la nourriture, on recharge la batterie externe et on vérifie que la lampe s'allume, on met à jour les copies de papiers et les traitements, on ajuste les vêtements à la saison et à la taille des enfants, qui grandissent plus vite que le sac. Le sac doit aussi être refait après chaque changement dans le foyer : une naissance, un nouveau traitement, un animal, un déménagement. Un sac préparé une fois et oublié trois ans contient de l'eau douteuse, une batterie vide et un pantalon d'enfant deux tailles trop petit.
Les kits d'évacuation tout faits valent-ils le coup ?
Comme point de départ, parfois ; comme sac, non. Un kit vendu prêt à l'emploi contient ce qui est pareil pour tout le monde — lampe, couverture, sifflet, quelques pansements — et rien de ce qui compte pour vous : vos papiers, vos traitements, vos chargeurs, la nourriture que vos enfants acceptent de manger, les affaires de votre animal. Même la Croix-Rouge, qui vend le sien, précise qu'il doit être complété par les médicaments, les copies de papiers, l'argent liquide et une clé USB avec les données de la famille. Le risque du kit tout fait est de le ranger fermé en se croyant prêt. Si vous en achetez un, ouvrez-le le jour même, pesez-le, retirez ce qui ne sert à rien et ajoutez ce qui vous est propre.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.

  • Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
  • Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
  • Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
  • Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.

À lire ensuite

Mise en relation gratuite · sans engagement

Faites chiffrer ce qui ne s'achète pas sur une étagère

Énergie de secours, protection contre l'inondation, cuve d'eau, formation aux premiers secours : décrivez votre projet en trois réponses. Nous le transmettons à des professionnels de votre secteur — uniquement si vous cochez la case correspondante.

Gratuit, sans engagement, 2 minutes.