Aller au contenu
Refuge72

Coupure d'électricité prolongée : que faire heure par heure

Coupure d'électricité prolongée : ce qui tombe à H+0, H+4, H+24, H+72, les gestes à chaque jalon, frigo, téléphone, chaleur. Suivez le déroulé heure par heure.

Baptiste S. Publié le 18 septembre 2026 Mis à jour le 18 septembre 2026
Une cuisine le soir pendant une coupure de courant : une lanterne LED allumée au centre de la table, une lampe frontale, une radio et un réchaud à cartouche posés à côté, la porte du frigo fermée

Le 28 avril 2025, à 12 h 33, l’Espagne continentale et le Portugal se sont éteints en une fois. Pas un quartier : deux pays. Les feux de circulation, les métros, les distributeurs de billets, les terminaux de paiement, les antennes-relais les unes après les autres. Un petit bout du Sud-Ouest français a vacillé quelques instants avec eux, selon le rapport d’ENTSO-E, l’association des gestionnaires de réseau européens.

Une coupure d’électricité prolongée ne prévient pas, et elle ne ressemble pas à ce qu’on imagine. On imagine le noir. Ce qui arrive, c’est une suite de petites pertes à heures fixes : la box à la minute zéro, le frigo à quatre heures, le téléphone dans la nuit, le congélateur le lendemain. Chacune a son point de décision, avant lequel on peut encore agir et après lequel c’est perdu.

C’est ce déroulé que cet article suit, heure par heure, pour un foyer ordinaire. Sans bunker, sans groupe électrogène dans le salon.

H+0 : ce qui s’arrête dans la première minute, et ce qui n’a pas besoin de prise

La lumière, tout le monde s’y attend. Le reste surprend, et c’est le reste qui fait mal.

La box s’éteint, et avec elle Internet, le Wi-Fi et le téléphone fixe, qui passe par elle depuis que le cuivre a été abandonné. Les plaques à induction, le four et le micro-ondes deviennent des surfaces. Le portail motorisé, la porte de garage, l’interphone, l’ascenseur : arrêtés. Et la chaudière. C’est la découverte de la plupart des foyers chauffés au gaz ou au fioul : le gaz arrive encore, mais le circulateur, la carte électronique et l’allumage sont électriques. Sans courant, la chaudière ne fait rien. Un poêle à granulés non plus.

Dans un immeuble avec surpresseur, c’est encore plus court : la pompe qui monte l’eau aux étages s’arrête, et les robinets des étages hauts s’assèchent dans les minutes qui suivent. Ceux-là remplissent la baignoire et les casseroles à H+0, pas à H+1. La baignoire n’est pas de l’eau à boire, c’est de l’eau pour les chasses et les mains ; ce qui se boit pendant trois jours, 3 litres par personne et par jour, est la réserve d’eau potable à la maison, et c’est elle qui décide si la coupure d’eau différée est un problème ou un détail.

Le problème, c’est que la première réaction de tout le monde est la mauvaise : la torche du téléphone. Elle éclaire, elle rassure, et elle vide en une heure l’objet qui va servir à prévenir les proches et à recevoir des nouvelles pendant trois jours. La bonne réaction est une lampe qu’on n’a pas besoin de chercher. Chez moi, ce serait une lampe frontale par personne, à un endroit fixe, connu de tous, avec un mode rouge qui n’éblouit pas les autres. Le modèle importe peu ; ce qui compte, c’est qu’elle marche sur des piles standard et qu’elle soit là. Une lampe frontale à piles AAAaff. règle la question pour moins qu’un plein d’essence.

Les quatre gestes des cinq premières minutes

Quatre gestes tiennent dans les cinq premières minutes. Regarder par la fenêtre : si la rue est noire aussi, ce n’est pas votre disjoncteur, et vous n’avez rien à réarmer. Débrancher l’ordinateur, la télévision, tout ce qui a une carte électronique : le retour du courant s’accompagne parfois de pointes de tension, et Ready.gov, l’agence de préparation américaine, en fait sa deuxième consigne. Laisser une lampe témoin allumée dans le couloir, celle qui vous dira que le courant est revenu pendant que vous dormez. Et noter l’heure sur un papier collé au frigo, parce que tout ce qui suit se compte à partir d’elle.

Le point de décision de H+0 est simple : rien n’est perdu, tout est encore possible. C’est le seul jalon où c’est vrai.

La frise — cliquez une heure

Ce qui tombe, et à quelle heure, chez vous

La frise ci-dessus change selon le logement, parce que la coupure ne se vit pas pareil au quatrième étage sans ascenseur, dans une maison à chaudière au fioul, ou dans un immeuble dont l’eau dépend d’une pompe. Le reste de l’article suit le cas général ; la frise donne le vôtre.

H+4 : le frigo, la lumière et le téléphone — les trois décisions du premier soir

Quatre heures, c’est la limite du réfrigérateur fermé. Pas une limite française, d’ailleurs : l’ANSES rappelle que le compartiment le plus froid doit rester sous 4 °C et que l’exposition des aliments sensibles à la température ambiante doit rester minimale, mais elle ne donne pas de compte d’heures pour une panne. Le CDC, lui, le fait : quatre heures pour le réfrigérateur, quarante-huit pour un congélateur plein, vingt-quatre pour un congélateur à moitié plein, porte fermée. Ce sont ces ordres de grandeur que l’article et le simulateur reprennent.

Ce que ça impose à H+4, c’est de trancher pour le frigo, une fois, en ouvrant la porte une seule fois. Ce qui se mange ce soir se mange ce soir. Ce qui doit tenir jusqu’à demain va dans une glacière rigide avec les pains de glace du congélateur, s’il y en a. Ce qui a déjà passé l’après-midi dans un frigo ouvert dix fois pour « regarder » ne se goûte pas : viandes, poissons, laitages frais, plats cuisinés, à la poubelle. Le CDC est net là-dessus : on ne goûte jamais pour savoir.

Le simulateur — garder ou jeter

Combien d'heures votre froid tient-il encore ?

Rien n'est envoyé : le calcul se fait dans votre navigateur, et la méthode s'affiche avec le résultat.

L'appareil
Le remplissage
Ouvertures depuis la coupure
La pièce
6 h

Le téléphone, et le réseau qui s’éteint derrière lui

Le téléphone est la deuxième décision, et elle est déjà à moitié prise depuis H+0 si la torche est restée éteinte. Mode économie d’énergie, luminosité au minimum, Wi-Fi et Bluetooth coupés, un SMS aux proches plutôt qu’un appel : le message passe quand le réseau sature et coûte moins de batterie. Et un calcul à faire avant la coupure plutôt que pendant : une batterie externe de 10 000 mAhaff. recharge un téléphone deux ou trois fois selon le modèle, ce qui, en mode économie, couvre trois soirées. À condition qu’elle soit chargée, ce qui se vérifie tous les trimestres et jamais le jour même.

Le réseau mobile lui-même est en sursis. Les antennes-relais tournent sur des batteries de secours dont l’autonomie se compte en heures, et dans une coupure large elles tombent en cascade au fil de l’après-midi. Le 28 avril 2025, les Espagnols ont découvert en quelques heures que le portable ne servait plus qu’à faire lampe. C’est pour ça que l’information passe par la radio FM, pas par l’application de la préfecture : les consignes et les délais de rétablissement se donnent sur France Info et sur la station locale du réseau ICI, et une radio d’urgence à manivelle les reçoit quand tout le reste est déchargé.

La lumière de la première nuit

La lumière, enfin, pour la soirée qui vient. Une frontale par personne pour se déplacer, une lanterne LED posée au centre de la pièce commune pour vivre. Et pas de bougie sans quelqu’un devant : une bougie sur un meuble, un rideau, un enfant qui se lève la nuit, c’est ainsi que les coupures se transforment en incendies. Le site ne la déconseille pas par principe ; il la déconseille parce qu’une lanterne LED à pilesaff. fait mieux, sans surveillance.

H+24 : le congélateur, la chaleur et l’information

Le lendemain matin, la coupure a changé de nature. Elle n’est plus un incident, c’est une journée à organiser.

Le congélateur d’abord. À vingt-quatre heures, celui qui était à moitié plein a atteint sa limite ; celui qui était plein en a encore vingt-quatre devant lui, s’il est resté fermé. Un thermomètre de congélateuraff. laissé dedans en permanence évite d’avoir à deviner : s’il lit encore 4 °C ou moins, rien n’est perdu. Sans lui, c’est le moment de l’ouvrir une seule fois, vite, et de trier avec la règle du CDC : ce qui a encore des cristaux de glace au cœur se cuisine aujourd’hui ou se recongèle ; ce qui est mou et tiède se jette, photo prise avant. Et cuisiner, ici, veut dire un réchaud. Un ragoût de tout ce qui décongèle, au réchaud à cartouche de campingaff., fenêtre entrouverte, vaut mieux qu’un congélateur perdu et trois jours de biscuits. Deux cartouches couvrent trois jours de repas simples. C’est l’objet du jalon, et il coûte le prix d’une pizza livrée.

Ce qui ne cuisine jamais en intérieur : le barbecue, le brasero, le groupe électrogène, même dans le garage porte ouverte. Santé publique France compte chaque année 4 000 à 6 000 personnes intoxiquées au monoxyde de carbone et environ 300 décès, dont 80 % des cas domestiques entre novembre et mars ; le « groupe électrogène fonctionnant en intérieur » figure nommément dans ses causes. Le gaz est invisible, sans odeur, et les premiers symptômes — mal de tête, nausée, fatigue — ressemblent à une mauvaise nuit. Détecteur, aération, sortir : il n’y a pas d’astuce.

La chaleur : une seule pièce, aucune flamme sans conduit

La chaleur ensuite, en hiver. Une maison isolée perd sa température doucement, une maison des années soixante-dix la perd en une nuit, et un appartement entouré d’autres appartements résiste mieux que les deux. La règle est la même partout : une seule pièce, la plus petite qui contienne tout le monde, portes fermées, volets fermés, couvertures, deux personnes par lit. Un poêle à bois ou une cheminée avec conduit en font une pièce chaude ; sans eux, la question des chauffages d’appoint se pose, et elle mérite son propre article, parce qu’on peut se chauffer sans électricité de plusieurs façons dont une seule est sans danger dans un appartement.

L’information passe par la radio, plus par le portable

L’information, enfin. À H+24, le portable de presque tout le monde est mort, et c’est la radio qui donne les délais. Enedis communique commune par commune, la mairie relaie, et les points d’accueil chauffés ouvrent en général le deuxième jour. Une radio à piles, à manivelle ou solaireaff., à heure fixe plutôt qu’en continu pour ménager sa batterie. C’est aussi le moment de passer voir les voisins seuls : un jour sans nouvelles, c’est long pour une personne âgée qui n’a ni radio ni téléphone chargé.

H+72 : une coupure d’électricité prolongée, c’est à partir d’ici que ça se joue

Trois jours, c’est le seuil que le livret « Tous responsables » de l’automne dernier demande à chaque foyer de savoir tenir. Ce n’est pas un chiffre en l’air : c’est à peu près le temps qu’il faut aux réseaux pour rétablir l’essentiel après un événement majeur. Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2023, la tempête Ciarán a laissé, selon le communiqué d’Enedis, 1,2 million de clients sans électricité à 7 h du matin, dont 780 000 en Bretagne, avec des rafales au-delà de 170 km/h. Il a fallu cinq jours, 3 000 salariés et prestataires, 300 groupes électrogènes et 30 hélicoptères pour rétablir 95 % des foyers. Les 5 % restants ont attendu plus longtemps. Ce qu’un foyer breton pouvait faire la veille au soir, volets, réservoir plein, téléphones et batteries chargés, est l’objet de l’article pour se préparer à une tempête ; passé la première rafale, il ne reste que ce qui est déjà dans la maison.

Ce que trois jours changent, c’est la nature des pertes. Jusque-là on perdait du confort et des aliments. À partir d’ici on perd des réserves : les piles, les cartouches, l’eau tirée à H+0 dans l’immeuble à surpresseur, la batterie externe, la patience. Les piles sont le poste le moins cher et le plus vite oublié, et le seul critère qui compte est de n’en avoir qu’un ou deux formats pour toutes les lampes du logement : un lot de piles alcalines AA et AAAaff. rangé avec les frontales fait tenir la lumière et la radio jusqu’au bout des trois jours. Et c’est là que la liste du kit d’urgence 72 h montre ce qu’elle vaut : elle a été calculée pour arriver à ce point sans manquer, pas pour le dépasser.

Le geste administratif de H+72, c’est l’assurance. Le contenu du congélateur est perdu depuis la veille ; il reste à le déclarer. Photos du contenu décongelé, liste estimative, le papier collé au frigo avec l’heure de la coupure, et un appel à l’assureur dans les jours qui suivent. Beaucoup de contrats multirisques habitation couvrent les denrées en congélateur, avec un plafond et une franchise ; certains demandent une attestation de coupure du distributeur, qui se demande à Enedis. Seul le contrat dit ce qu’il couvre, et sa lecture prend cinq minutes. Avant la coupure, de préférence.

Le geste de fond, c’est de décider de l’énergie de secours pour la prochaine fois, pendant qu’on se souvient encore de ce qui a manqué. Deux familles d’objets existent : la station d’énergie portable, silencieuse, sans échappement, autorisée en appartement, qui alimente une box, des téléphones, une lampe et un petit frigo mais pas un chauffage électrique ; et le groupe électrogène, réservé aux maisons, dehors, loin des fenêtres, jamais raccordé au tableau sans électricien. Le site compare la station d’énergie portable et le groupe électrogène critère par critère ; ici, une seule chose à retenir : en appartement, la question ne se pose pas, c’est la station d’énergie portableaff..

Les personnes fragiles : le point de non-retour est avant la coupure

Il y a un cas où aucun jalon ne tient, et c’est celui du foyer où quelqu’un dépend d’un appareil électrique pour respirer, se nourrir ou se soigner : assistance respiratoire, nutrition par perfusion, dialyse à domicile, oxygène. Pour ces foyers, une coupure n’est pas une question de frigo. C’est une question de minutes ou d’heures, selon la batterie de l’appareil.

Un statut existe : le « patient à haut risque vital ». Selon Enedis, le médecin remplit le formulaire CERFA 10401 02 et le certificat médical 10402 02, le dossier part à l’Agence régionale de santé, dont le médecin accepte ou non de reconnaître le statut selon la pathologie ; si oui, un feuillet du CERFA est transmis à Enedis, qui enregistre l’adresse, l’exclut des coupures programmées et la prévient en cas de travaux. La demande se renouvelle chaque année.

C’est là que ça se complique : ce statut protège d’une coupure décidée, pas d’une ligne arrachée par une tempête. Le 2 novembre 2023, Enedis n’a pas choisi qui coupait. Le plan du foyer reste donc indispensable, et il s’écrit avant : une batterie dédiée à l’appareil et sa durée réelle connue, un lieu d’accueil alimenté identifié — famille, hôpital, la mairie qui ouvre une salle —, le numéro du prestataire qui suit le patient, et la décision, prise à froid, de partir dès la première heure plutôt que d’attendre de voir. Ready.gov le formule ainsi : parlez du plan de coupure avec le médecin qui suit l’appareil et les médicaments au frais.

Le voisinage entre dans la même logique. Le voisin âgé du dessus, la personne seule au bout de la rue : la première heure de la coupure est le bon moment pour frapper à leur porte, pas la deuxième nuit. On apporte une lampe, on note leur numéro, on convient de repasser. C’est ce que la préparation d’un foyer a de plus utile, et ça ne s’achète nulle part.

Ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend bien

Le « kit blackout » tout fait, d’abord. Une boîte avec une lampe médiocre, des bougies, un poncho et une couverture de survie dorée, vendue comme si elle réglait la question. Elle n’a ni réchaud, ni glacière, ni batterie chargée, ni radio qui reçoive la FM correctement, et ses bougies sont exactement ce que cet article demande de ne pas allumer sans surveillance. Ce qu’un foyer a besoin d’avoir, il l’a déjà en grande partie, il lui manque le compte et l’emplacement.

Les bougies parfumées, ensuite, et les photophores. Elles font une belle photo et un vrai risque : une flamme nue pendant huit heures dans une pièce où tout le monde dort. Une lanterne LED fait mieux, plus longtemps, et ne brûle rien.

Le groupe électrogène acheté en appartement, enfin. Il ne s’utilisera jamais, parce qu’un balcon n’est pas « dehors » au sens de Ready.gov, qui demande six mètres de distance des fenêtres et des portes. Il finira dans la cave, où il est encore plus dangereux qu’au salon. En revanche, le site recommande sans réserve un objet qui se vend beaucoup moins bien et qui sauve des vies chaque hiver : un détecteur de monoxyde de carbone certifié EN 50291aff., à pile, posé dans la pièce où l’on chauffe. Il ne coûte presque rien, il dort dix ans, et le jour où un chauffage d’appoint ou une chaudière mal réglée se met à produire du gaz, c’est lui qui réveille tout le monde. Cet article-là est écrit pour un foyer qui n’aura jamais de bunker ; la préparation en cas de crise longue, avec ses paliers à deux semaines et un mois, traite ce qui se passe quand la coupure n’est plus un accident mais une pénurie.

La question qui reste

Trois jours de coupure se tiennent avec ce qui est décrit ici, et le guide complet du kit de survie 72 h rassemble les quantités poste par poste. Ce qui reste ouvert, c’est la question d’après : est-ce qu’un foyer ordinaire a besoin d’une source d’énergie de secours, et laquelle ? Une station portable qui fait tourner la box et les téléphones trois jours, ou un groupe électrogène qui fait tourner la maison mais pose plus de problèmes qu’il n’en règle ? C’est une décision qui se prend chez soi, avec la liste des appareils qu’on tient à garder allumés, et c’est celle que tranche l’article sur la station d’énergie portable ou le groupe électrogène. Après une coupure, on la lit autrement.

Questions fréquentes

Que faire en cas de coupure d'électricité prolongée ?
Dans l'ordre : une lampe frontale plutôt que le téléphone, un regard par la fenêtre pour savoir si la rue est coupée aussi, les appareils sensibles débranchés, l'heure de la coupure notée sur un papier collé au frigo. Puis le téléphone passe en économie d'énergie, la radio FM donne les consignes, et le frigo reste fermé. À quatre heures, on décide du contenu du frigo ; à vingt-quatre heures, du congélateur à moitié plein ; à quarante-huit, du congélateur plein. En hiver, on regroupe tout le monde dans une seule pièce, sans flamme de camping ni groupe électrogène en intérieur. Si le foyer compte une personne dépendante d'un appareil médical, on ne tient pas : on part vers un lieu alimenté, tout de suite.
Combien de temps un frigo et un congélateur tiennent-ils sans électricité ?
Les ordres de grandeur du CDC, porte fermée : environ quatre heures pour un réfrigérateur, quarante-huit heures pour un congélateur plein, vingt-quatre heures pour un congélateur à moitié plein. Chaque ouverture fait perdre du froid, et une pièce chaude raccourcit tout. Passé la limite, les viandes, poissons, laitages frais et plats cuisinés se jettent sans être goûtés. Ce qui contient encore des cristaux de glace au cœur peut se cuisiner le jour même ou se recongeler. Un thermomètre laissé dans le congélateur remplace toute estimation : si l'intérieur est resté sous 4 °C, le contenu est sauvé.
Le chauffage au gaz fonctionne-t-il pendant une coupure de courant ?
Presque jamais. Une chaudière au gaz ou au fioul a besoin d'électricité pour son circulateur, sa carte électronique et souvent son allumage : sans courant, elle s'arrête, même si le gaz arrive toujours. Un poêle à granulés s'arrête aussi. Ce qui continue de chauffer sans prise : un poêle à bois, une cheminée avec conduit, un chauffage d'appoint au gaz ou au pétrole conçu pour l'intérieur, avec une fenêtre entrouverte et un détecteur de monoxyde de carbone. Jamais un barbecue, un brasero ni un groupe électrogène dans le logement, garage compris : le monoxyde de carbone est la première cause de mortalité accidentelle par toxique en France.
Le téléphone fixe et le portable marchent-ils sans électricité ?
Le fixe non, sauf exception : il passe par la box depuis des années, et la box est éteinte. Le portable oui, un temps : les antennes-relais ont des batteries de secours qui se comptent en heures, et dans une coupure large elles tombent les unes après les autres. Le bon usage du portable pendant ces heures-là : mode économie d'énergie, luminosité au minimum, Wi-Fi coupé, et un SMS plutôt qu'un appel, parce qu'il passe quand le réseau sature et consomme moins. Une batterie externe chargée donne deux ou trois recharges. Pour les consignes, c'est la radio FM qui tient, pas le portable.
Comment déclarer la perte de son congélateur à l'assurance ?
Avant de jeter, photographiez le contenu décongelé, dressez une liste avec une estimation, et gardez le papier où vous avez noté l'heure de la coupure. Beaucoup de contrats multirisques habitation prévoient une garantie « perte du contenu du congélateur », avec un plafond et une franchise, et certains demandent une attestation de coupure du distributeur. Appelez votre assureur dans les jours qui suivent, décrivez la coupure et sa durée, et envoyez photos et liste. Seul votre contrat dit ce qui est couvert : la lecture de sa page « dommages électriques » ou « denrées en congélateur » prend cinq minutes, avant la coupure de préférence.
Comment sont protégées les personnes dépendantes d'un appareil médical ?
Il existe un statut de « patient à haut risque vital », reconnu par l'Agence régionale de santé sur dossier médical : le médecin remplit un formulaire CERFA et un certificat, l'ARS statue, et Enedis enregistre l'adresse pour l'exclure des coupures programmées et la prévenir en cas de travaux. La demande se renouvelle chaque année. Ce statut n'empêche pas une tempête d'arracher une ligne : le plan du foyer reste indispensable, avec une batterie dédiée à l'appareil ou un lieu d'accueil alimenté identifié à l'avance, et le numéro du service qui suit le patient. C'est une conversation avec le médecin, pas avec ce site.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.

  • Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
  • Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
  • Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
  • Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.

À lire ensuite

Mise en relation gratuite · sans engagement

Faites chiffrer ce qui ne s'achète pas sur une étagère

Énergie de secours, protection contre l'inondation, cuve d'eau, formation aux premiers secours : décrivez votre projet en trois réponses. Nous le transmettons à des professionnels de votre secteur — uniquement si vous cochez la case correspondante.

Gratuit, sans engagement, 2 minutes.