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Se chauffer sans électricité : les leçons du Texas 2021

Se chauffer sans électricité : le cas du Texas en février 2021, 246 morts, et le chauffage improvisé qui a tué. Comparez les options avant d'en allumer une.

Baptiste S. Publié le 18 septembre 2026 Mis à jour le 18 septembre 2026
Un poêle à pétrole éteint posé au milieu d'un salon, un détecteur de monoxyde de carbone fixé au mur, des plaids empilés sur le canapé, une lampe allumée sur la table basse

C’est le nombre de morts que le Texas a fini par attribuer à la tempête hivernale de février 2021, après huit mois de vérification certificat par certificat. Pas un ouragan. Pas une inondation. Une semaine de gel dans un État où l’hiver dure trois jours, un réseau électrique qui lâche, et des millions de foyers qui découvrent en même temps qu’ils ne savent pas se chauffer sans électricité.

Ce n’est pas un article sur le Texas. C’est un article sur ce qu’un foyer français peut apprendre d’un cas entièrement documenté, chiffre par chiffre, par les autorités sanitaires de l’État. On va le suivre du début à la fin : la situation, les décisions prises, le poste qui a dérapé, ce que ça a coûté, ce qu’il aurait fallu vérifier avant. Et à la fin, ce que ce cas vaut chez vous, et ce qu’il ne vaut pas.

La situation de départ, en chiffres

La tempête arrive sur le Texas le 11 février 2021. Le froid s’installe, la neige tombe, et le 15 au matin le gestionnaire du réseau, l’ERCOT, ordonne des délestages massifs pour éviter l’effondrement complet. Les délestages tournants prévus deviennent des coupures de plusieurs jours.

Le bilan de l’administration fiscale de l’État donne l’échelle : 69 % des Texans ont perdu l’électricité entre le 14 et le 20 février, pour une durée moyenne de 42 heures, dont 31 consécutives. Près d’un sur deux a perdu l’eau, pendant 52 heures en moyenne. Dallas-Fort Worth est resté 139 heures d’affilée à zéro ou en dessous, Waco 205 heures. Sept Texans sur dix ont perdu Internet. Trois sur quatre ont eu du mal à trouver de quoi manger.

Le froid en lui-même n’avait rien d’exceptionnel pour un hiver français. Ce qui l’était, c’est la conjonction : des maisons conçues pour la climatisation, sans isolation d’hiver, chauffées à l’électricité ou par des chaudières gaz qui ont besoin de courant, et un réseau entier qui tombe en même temps. Personne n’avait de solution de repli, parce que personne n’en avait jamais eu besoin.

Et c’est là que la comparaison avec un foyer français commence à valoir quelque chose. Chez nous, la coupure d’électricité prolongée est rare, mais elle existe, après chaque grande tempête d’hiver, pour les derniers foyers rebranchés. Et la chaudière gaz française s’arrête exactement comme la texane.

Ce qui a été décidé, et sur quelle base

Dans les heures qui suivent la coupure, les foyers texans ont pris les décisions que tout le monde prendrait. Ils ont allumé ce qu’ils avaient. Le barbecue au charbon, dans le garage, porte fermée pour garder la chaleur. Le groupe électrogène, dans le garage aussi, ou sous le porche, contre la fenêtre. Le radiateur d’appoint au propane, prévu pour la terrasse. La voiture, moteur allumé dans le garage attenant, pour se réchauffer et charger les téléphones. Le four à gaz, porte ouverte.

La base de ces décisions était la même partout : « c’est une source de chaleur, il fait froid, on la rentre ». C’est un raisonnement de bon sens, et il tue. Un appareil à combustion prévu pour l’extérieur produit du monoxyde de carbone en quantité, sans odeur, sans couleur. En intérieur, il sature une pièce en quelques dizaines de minutes.

La deuxième décision, moins visible, a été de ne rien décider : rester chez soi, dans une maison qui descend à la température extérieure, en attendant que le courant revienne « dans deux heures », comme le disaient les premiers messages de délestage tournant. Les deux heures sont devenues deux jours. Les personnes âgées, seules, sont restées dans leur chambre.

C’est ce que révèle le poste suivant, et la première chose à retenir pour chez vous se lit déjà : l’objet qui manquait dans ces maisons n’était pas un chauffage. C’était un détecteur. Un détecteur de monoxyde de carbone certifié EN 50291aff., posé près des chambres, aurait hurlé avant que les gens s’endorment. Il coûte moins qu’un plein d’essence, et c’est le premier achat de cet article, avant tout appareil de chauffage.

Le poste qui a dérapé : le chauffage improvisé

Le rapport du Texas Department of State Health Services, publié le 31 décembre 2021, classe les 246 morts par circonstance. Je l’ai lu ligne par ligne, et le poste qui dérape est là, en deux chiffres.

Dix-neuf morts par intoxication au monoxyde de carbone, 7,7 % du total, que le rapport attribue à « l’usage inapproprié de groupes électrogènes, de barbecues, de radiateurs, de véhicules tournant dans des espaces clos, et à la glace obstruant les évents d’appareils de chauffage au gaz ». Et dix morts par incendie, 4,1 %, dans des feux de maison ou avec un radiateur d’appoint trop près de matières inflammables.

Vingt-neuf morts, donc, qui n’ont pas été tués par le froid. Ils ont été tués par la réponse au froid.

Le monoxyde de carbone n’est pas un risque texan. Santé publique France dénombre près de 4 000 intoxications au monoxyde de carbone chaque année en France, concentrées sur la saison de chauffe, avec les mêmes causes : chaudières mal entretenues, chauffages d’appoint utilisés en continu, groupes électrogènes et braseros rentrés à l’intérieur. Le CDC américain, de son côté, compte plus de 400 morts par an aux États-Unis par intoxication sans lien avec un incendie, et rappelle la règle du groupe électrogène : dehors, à plus de six mètres de toute fenêtre, porte ou bouche d’aération.

Ce qui rend le monoxyde de carbone redoutable pendant une coupure, c’est qu’il arrive au moment où les défenses sont tombées. Il fait nuit, il fait froid, on a calfeutré la pièce pour garder la chaleur, on est fatigué, et les premiers signes — mal de tête, nausée, somnolence — ressemblent à une soirée difficile. Le contrôle ci-dessous ne fait pas de diagnostic : il vous dit si la situation appelle à aérer, à sortir, ou à appeler.

Le contrôle — suis-je en danger, là, maintenant ?

Monoxyde de carbone : aérer, sortir, ou appeler ?

Ce contrôle ne pose aucun diagnostic. Au moindre signe, il renvoie aux secours. En cas de doute, n'attendez pas sa réponse : sortez et appelez le 15 ou le 112.

Qu'est-ce qui brûle quelque chose dans le logement, en ce moment ?
Où, et avec quelle aération ?
Ce que vous constatez
Rien n'est envoyé.

Ce que ça a coûté, ligne par ligne

Le tableau 3 du rapport du DSHS est la partie la plus utile du document, parce qu’il ne dit pas « le froid a tué » : il dit comment.

CirconstanceMortsPart
Hypothermie15864,2 %
Aggravation d’une maladie existante2510,2 %
Accident de la route228,9 %
Intoxication au monoxyde de carbone197,7 %
Incendie104,1 %
Chutes, gelures, noyades, autres124,9 %

Cent cinquante-huit morts par hypothermie, dans des maisons. Parmi eux, 107 avaient 60 ans ou plus, deux sur trois. Le rapport note aussi les facteurs qui reviennent : l’alcool, l’isolement, la perte d’un appareil médical dépendant du courant, l’interruption des soins à domicile. Les morts se sont étalés du 11 février au 4 juin, parce que certaines blessures ont tué plus tard, et parce que des corps ont été retrouvés après.

Vingt-cinq morts par aggravation d’une maladie : le froid et la coupure ont achevé des gens que leur pathologie tenait en équilibre. C’est la ligne qu’on oublie dans les articles sur la préparation, et c’est celle qui concerne le plus de foyers français.

Le coût matériel, que le comptable de l’État chiffre entre 80 et 130 milliards de dollars, ne dit rien d’utile pour un foyer. Ce qui en dit, c’est la répartition : deux morts sur trois par le froid lui-même, un sur dix par la réponse au froid, un sur dix par la route. Les trois se préparent différemment, et le seul poste qu’un foyer maîtrise entièrement, c’est le deuxième.

Ce qui aurait dû être vérifié avant

Quatre vérifications, qui tiennent en une soirée, auraient changé ces lignes.

La première est de savoir si son chauffage marche sans électricité. La réponse est non pour presque tout le monde. Une chaudière gaz ou fioul a besoin de courant pour sa carte électronique, son allumage, son circulateur et, sur les modèles à ventouse, son extracteur. Une pompe à chaleur, évidemment. Un poêle à granulés aussi, pour sa vis d’alimentation et son ventilateur. Restent le poêle à bois, l’insert, la cheminée, et les appareils à combustion autonomes. Si vous n’avez aucun des trois premiers, votre maison descend à la température extérieure en un jour ou deux, comme au Texas. Un thermomètre d’intérieuraff. dans la pièce de vie est la seule façon de suivre cette descente sans se fier à la sensation, qui trompe d’abord les personnes âgées.

La deuxième est le détecteur de monoxyde de carbone. Il n’est pas obligatoire en France dans les logements, contrairement au détecteur de fumée, et c’est une des raisons pour lesquelles Santé publique France recense encore des milliers d’intoxications par an. Il se pose près des chambres, à hauteur de respiration, et se teste une fois par mois.

La troisième est le combustible. Un poêle à pétrole sans combustible, un chauffage catalytique sans bouteille de butane, un poêle à bois avec trois bûches : c’est le cas texan, la solution existe mais elle n’est pas alimentée. Un bidon de 20 litres de combustible pour poêle d’intérieuraff., une bouteille de butane pleine, un stère au sec, c’est ce qui sépare une préparation d’une intention.

La quatrième est la liste des personnes fragiles autour de soi. Deux morts sur trois par hypothermie avaient plus de 60 ans, souvent seuls. Le voisin âgé, le parent qui vit seul à dix minutes : savoir avant la coupure qu’on ira le chercher, ou qu’on s’installera chez lui, est une décision qui se prend au chaud. Elle s’écrit sur la feuille des documents importants en cas d’urgence, avec les traitements et les aidants de la personne concernée ; et si c’est vous qui partez chez un proche chauffé, c’est le sac d’évacuation qui part avec vous, pas un carton rempli dans le noir.

Se chauffer sans électricité chez vous : les options classées

Voilà les options, dans l’ordre où je les prendrais, avec ce qu’elles exigent et ce qu’elles interdisent.

Une seule pièce, des couches, un duvet. Avant tout appareil. On choisit la pièce la plus petite et la mieux exposée, on ferme les volets, on cale un plaid au bas des portes, on y installe tout le monde, y compris pour dormir. Le corps produit sa chaleur : couches fines superposées, bonnet, chaussettes sèches, et un sac de couchage dont la température de confort — pas la température « extrême » de l’étiquette — est à 0 °C ou en dessous. C’est ce qui fait tenir une nuit dans n’importe quel logement français, sans risque. Si vous n’achetez qu’une chose pour le froid, c’est ce sac : un sac de couchage avec température de confort à 0 °Caff. par personne fait plus qu’aucun radiateur d’appoint sur batterie.

Le poêle à bois, l’insert, la cheminée, s’ils existent. La seule solution qui chauffe une maison sans électricité et sans risque nouveau, à condition que le conduit soit ramoné et le bois sec. Si vous n’en avez pas et que les coupures longues sont un risque réel chez vous, c’est un chantier, pas un achat.

Le poêle à pétrole électronique à sécurité. Un modèle récent, avec arrêt automatique en cas de basculement et détecteur de CO₂ intégré, et un combustible pour poêle d’intérieur. Conditions : une aération permanente, jamais dans une chambre, jamais pendant le sommeil, un détecteur de CO dans la pièce, et un bidon stocké hors du logement si le règlement de copropriété l’exige. Ça chauffe réellement une pièce de vie, et c’est l’appareil que je choisirais pour une maison ou un appartement qu’on peut aérer : un poêle à pétrole électronique avec arrêt de sécuritéaff. est l’objet qui aurait remplacé le barbecue dans les garages texans.

Le chauffage catalytique au butane. Mêmes conditions, même famille de risques, avec une bouteille de 13 kg qui se stocke debout. Il chauffe un peu moins qu’un poêle à pétrole de même taille, mais le butane ne se périme pas et ne sent rien. Pour une petite pièce, c’est parfois le meilleur choix : un chauffage catalytique au butane avec analyseur d’atmosphèreaff., qui se coupe quand l’oxygène de la pièce baisse, est celui que je regarderais.

Le chauffage d’appoint sur station d’énergie. Presque jamais. Un radiateur de 1 000 W vide une station portable en une heure pour tiédir une pièce, ce que détaille l’arbitrage entre station d’énergie portable et groupe électrogène. La station sert à faire tourner le circulateur d’une chaudière gaz, si votre chauffagiste confirme que c’est possible sur votre modèle, ou une couverture chauffante basse puissanceaff., qui chauffe le dormeur et non le volume de la pièce. Pas un convecteur.

Ce qui n’entre jamais dans un logement

Les bougies. Non. Chaleur négligeable, oxygène consommé, et une flaque de cire qui prend feu sous le pot en terre cuite du tutoriel. Dix morts par incendie au Texas.

La voiture, le groupe, le barbecue, le brasero. Jamais à l’intérieur, jamais dans le garage même porte ouverte, jamais sous un balcon. Dix-neuf morts.

Les bouillottes. Oui, si vous avez un moyen de chauffer de l’eau — réchaud à cartouche, sur le balcon ou fenêtre ouverte, jamais dans une pièce calfeutrée. Une bouillotte en caoutchouc de deux litresaff. dans le sac de couchage, enveloppée dans un linge, fait une nuit confortable là où la pièce est à 10 °C. L’eau qu’on y verse n’a pas besoin d’être potable : le ballon d’eau chaude en contient 150 à 200 litres, une ressource que le guide de la réserve d’eau potable à la maison compte à part de l’eau de boisson.

Le sélecteur — vos options, dans l'ordre, avec les interdits

Comment vous chaufferiez-vous chez vous, sans électricité ?

Le logement
La pièce que vous chaufferiez
Pouvez-vous laisser une fenêtre entrouverte en permanence dans cette pièce ?
La durée à tenir
Enfants en bas âge, personnes âgées ou malades dans le foyer ?
Cheminée, insert ou poêle à bois en état de marche ?
Rien n'est envoyé.

Ce que ce cas vaut pour vous — et ce qu’il ne vaut pas

Ce qu’il vaut, c’est la mécanique. Une chaudière qui a besoin de courant, une maison qui refroidit, des gens qui rentrent un appareil d’extérieur parce qu’il fait froid : cette chaîne est la même à Houston et à Rennes. Les 19 morts par monoxyde de carbone et les 10 morts par incendie sont la partie du bilan texan qui se transpose telle quelle. Elle se prépare avec un détecteur, un appareil conçu pour l’intérieur, et la règle du plein air pour tout le reste.

Ce qu’il ne vaut pas, c’est l’échelle. Le bâti texan n’est pas isolé pour l’hiver ; une maison française d’après 1975, volets fermés, perd sa chaleur bien plus lentement. Le réseau français est maillé, interconnecté avec les voisins, et une coupure nationale de plusieurs jours n’a pas d’équivalent récent ; nos coupures longues sont locales, après une tempête, comme celles que décrit la préparation à une tempête. Et le climat : 205 heures sous zéro à Waco, c’est un hiver de plaine continentale, pas un hiver breton.

Le risque français est donc plus petit et plus concentré : une maison isolée, quelques jours après une tempête d’hiver, une chaudière arrêtée, une personne âgée seule. C’est moins spectaculaire, et c’est exactement ce que le livret officiel de novembre 2025 demande à chaque foyer de savoir gérer pendant 72 heures. Le chauffage y est le poste le moins expliqué. L’eau et la nourriture, eux, ont leurs propres pages : le kit de survie 72 h pour les trois premiers jours, le stock alimentaire longue durée au-delà. Et pour la préparation qui vise deux semaines ou un mois, où le chauffage devient le premier poste de l’hiver, c’est le guide pour se préparer à une crise longue qui prend le relais.

L’hiver prochain

Imaginez la même semaine chez vous, un février où une tempête a couché les lignes et où Enedis annonce trois jours — annonce entendue sur la radio d’urgence à manivelle, parce que la box est éteinte avec le reste. La chaudière est muette. Vous avez lu ce cas.

Le premier soir, la famille dort dans le salon, volets fermés, dans des sacs de couchage, avec une bouillotte chacun. Le détecteur de CO est au mur, testé le mois dernier. Le deuxième jour, le poêle à pétrole tourne l’après-midi dans la pièce de vie, fenêtre entrouverte, éteint avant de dormir. Le voisin de 80 ans est venu s’installer sur le canapé le premier jour, parce que c’était décidé depuis longtemps. Le groupe électrogène, s’il y en a un, est dehors, à six mètres du mur, et il ne rentre pas, même la nuit, même quand il gèle.

Personne ne s’endort avec un barbecue dans le garage. C’est tout ce que ce cas demande, et c’est ce que le Texas a payé 246 vies pour l’apprendre à notre place.

Questions fréquentes

Comment se chauffer sans électricité pendant une coupure de courant ?
D'abord sans appareil : une seule pièce de vie, portes fermées, volets clos, tout le monde dedans, des couches de vêtements et un sac de couchage pour la nuit. C'est ce qui tient une nuit dans n'importe quel logement français, sans risque. Ensuite seulement, un appareil à combustion prévu pour l'intérieur — poêle à pétrole électronique à sécurité ou chauffage catalytique au butane — à condition d'aérer, de ne jamais le laisser tourner dans la pièce où l'on dort, et d'avoir un détecteur de monoxyde de carbone. Un poêle à bois existant règle la question. Le reste — barbecue, brasero, groupe électrogène, moteur de voiture en intérieur — tue, et c'est exactement ce qui s'est passé au Texas en février 2021.
Pourquoi ma chaudière au gaz ou au fioul s'arrête-t-elle quand l'électricité est coupée ?
Parce qu'elle a besoin de courant pour tout sauf la flamme : la carte électronique qui pilote l'allumage, le circulateur qui pousse l'eau dans les radiateurs, le ventilateur d'extraction sur les modèles à ventouse, et le thermostat. Sans électricité, le brûleur ne s'allume pas et, même s'il s'allumait, l'eau chaude ne circulerait pas. C'est ce qui a surpris des millions de Texans : leur chauffage au gaz était en état de marche, et il ne chauffait pas. Un circulateur tire quelques dizaines de watts ; une petite station d'énergie peut faire tourner une chaudière gaz une nuit, à condition qu'un professionnel ait confirmé que le branchement est possible sur votre modèle.
Peut-on utiliser un poêle à pétrole dans un appartement sans électricité ?
Oui, avec quatre conditions qui ne se négocient pas. Un modèle récent, avec détecteur de CO₂ et arrêt automatique en cas de basculement, alimenté avec un combustible prévu pour l'intérieur, jamais du fioul ni de l'essence. Une aération permanente de la pièce, une fenêtre entrouverte, même s'il fait froid : le poêle consomme l'oxygène de la pièce et rejette ce qu'il brûle dedans. Jamais dans une chambre, jamais pendant le sommeil. Et un détecteur de monoxyde de carbone dans la pièce. Le règlement de copropriété peut aussi interdire le stockage de combustible : on stocke un bidon, pas dix.
Quels sont les signes d'une intoxication au monoxyde de carbone ?
Le CDC américain liste les plus fréquents : maux de tête, vertiges, faiblesse, nausées, vomissements, douleur thoracique et confusion. Ce qui doit alerter davantage encore, c'est que plusieurs personnes du foyer présentent les mêmes signes en même temps, qu'un animal semble malade, ou que les symptômes s'atténuent dès qu'on sort. Le monoxyde de carbone ne se sent pas et endort avant de tuer. À la moindre suspicion, la conduite est toujours la même : aérer, arrêter l'appareil, sortir tout le monde, et appeler le 15 ou le 112 depuis l'extérieur. On ne retourne pas dans le logement avant le passage des secours.
Les bougies peuvent-elles chauffer une pièce ?
Non, et les montages qui circulent — bougies sous un pot en terre cuite — sont dangereux. Une bougie dégage une chaleur négligeable à l'échelle d'une pièce, consomme de l'oxygène, et le pot en terre cuite concentre une chaleur suffisante pour enflammer ce qui le touche ou faire fondre la cire en une flaque qui prend feu. Les incendies domestiques augmentent pendant les coupures, et le Texas a compté dix morts par incendie ou par radiateur trop près de matières inflammables en février 2021. Pour la lumière, des lampes LED. Pour la chaleur, les couches, le duvet et, si les conditions sont réunies, un appareil conçu pour l'intérieur.
Comment protéger un bébé ou une personne âgée du froid pendant une coupure ?
Ce sont eux que le Texas a perdus en premier : parmi les morts par hypothermie, deux sur trois avaient 60 ans ou plus. La règle est de les garder dans la pièce chauffée, jamais seuls dans une chambre froide, avec des couches sèches, un bonnet et une bouillotte enveloppée dans un linge pour ne pas brûler la peau. Un bébé dort dans un vêtement de nuit chaud et une gigoteuse, jamais sous une couverture lourde ni collé à un appareil. Si la pièce descend durablement en dessous de ce qui est tenable, ou si une personne devient confuse, somnolente ou cesse de frissonner, c'est une urgence : le 15. Et si la coupure s'annonce longue, rejoindre un proche chauffé vaut mieux que tenir.
Faut-il installer un poêle à bois pour se préparer aux coupures ?
C'est la seule solution qui chauffe une maison entière sans électricité, sans stock de combustible qui se périme et sans risque nouveau une fois posée. Elle exige un conduit conforme, un tubage, une arrivée d'air et une pose par un professionnel qualifié, avec un ramonage deux fois par an dans la plupart des règlements sanitaires départementaux. Ce n'est pas un objet qu'on achète en ligne pour l'hiver prochain : c'est un chantier, avec un devis, et il ne se justifie que si les coupures longues sont un risque réel là où vous vivez. Pour une nuit ou deux par an, la pièce unique et le poêle à pétrole font le travail pour une fraction du coût.

Qui a écrit cet article

Baptiste S.

Fondateur et rédacteur · bs-media

Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.

  • Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
  • Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
  • Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
  • Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.

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