Texas, 15 février 2021. Le réseau vient de lâcher sous une vague de froid, près de sept Texans sur dix sont sans électricité, et les gens font ce qu’on fait quand on a un groupe électrogène et qu’il gèle dehors depuis trois jours : ils le rentrent. Dans le garage, sous l’auvent, dans la buanderie. Le bilan officiel du Texas compte dix-neuf morts par intoxication au monoxyde de carbone sur cette semaine-là, à cause de groupes, de barbecues, de radiateurs et de voitures qui tournaient dans des espaces clos.
C’est toute la question « station d’énergie portable ou groupe électrogène » en une scène. Le groupe alimente tout. Mais pas chez vous.
La station, elle, se pose sur la table de la cuisine. Elle ne fait pas de bruit, ne fume pas, ne demande pas de bidon. Et elle s’arrête quand elle est vide, ce qui arrive plus vite que ne le laisse croire le chiffre sur la boîte. Entre les deux, il n’y a pas de gagnant absolu : il y a un logement, une durée de coupure et une liste d’appareils. On va les prendre dans cet ordre.
Ce qui sépare une station d’énergie portable d’un groupe électrogène
Une station d’énergie portable est une batterie avec un onduleur : elle stocke des wattheures qu’elle a pris sur le secteur ou sur un panneau solaire, et les restitue en 230 V. Un groupe électrogène est un moteur thermique qui entraîne un alternateur : il produit des watts tant qu’il a du carburant.
La différence n’est pas une question de puissance, contrairement à ce que laissent croire les fiches. C’est une question de réserve contre production. La station a une réserve finie et se recharge lentement ; le groupe n’a pas de réserve, il en fabrique à la demande, et il en fabrique dehors.
Les arguments de fiche, eux, ne départagent rien. Le nombre de prises. L’écran. L’application. Le « mode UPS » de la station est utile pour une box, mais il ne change pas la capacité. Le démarrage électrique du groupe est un confort, pas un critère.
Ce qui départage, ce sont six choses, et je vais les appliquer aux deux dans le même ordre : ce qu’on peut alimenter, l’autonomie et la recharge, le lieu, le bruit, l’entretien avec le carburant stocké, la durée de vie. À la fin, le verdict dépend du logement, et je le donne par profil.
Ce qu’on peut alimenter : les watts de crête et les wattheures
Deux chiffres commandent tout, et le plus visible des deux est le moins important.
Le premier est la puissance de crête. Tout ce qui a un moteur (frigo, congélateur, circulateur de chaudière, pompe) demande au démarrage plusieurs fois sa puissance nominale, pendant une fraction de seconde. Une station dont l’onduleur donne 600 W en continu et 1 200 W en pointe fait démarrer un frigo ordinaire ; la même station, chargée en même temps d’une bouilloire, se met en sécurité. Un groupe de 2 000 W passe la crête sans y penser. Sur ce critère, le groupe gagne, largement, et c’est son seul avantage franc.
Le second chiffre est la capacité en wattheures, et c’est lui qui décide de l’autonomie. Une station annoncée à 1 000 Wh n’en rend pas 1 000 : l’onduleur chauffe, la batterie garde une réserve basse, le froid la réduit. Comptez 80 % utilisables, c’est la marge que je prends pour tout ce qui suit.
Le calcul se fait appareil par appareil, avec l’étiquette énergie pour le frigo et le congélateur (un chiffre annuel en kWh, à diviser par 365). Le ministère de la Transition écologique rappelle qu’une box internet tire 1 à 10 W en continu, jusqu’à 80 kWh par an : 240 Wh par jour au pire, un quart d’une petite station. La lumière LED ne pèse rien. Le frigo pèse, le congélateur pèse plus, et le chauffage électrique pèse tout.
Le radiateur d’appoint, la ligne qui casse le calcul
C’est là que ça se complique pour la station. Un radiateur d’appoint de 1 000 W vide une station de 1 000 Wh en moins d’une heure, sans réchauffer une pièce. Ce n’est pas une option, et le dimensionneur ci-dessous le dit sans détour. Pour se chauffer pendant une coupure, la réponse est ailleurs : dans les solutions pour se chauffer sans électricité, qui n’ont rien à voir avec une batterie.
Le dimensionneur — vos appareils, votre coupure
Quelle station d'énergie pour tenir chez vous ?
Cochez ce que vous voulez garder allumé. Les puissances sont indicatives : remplacez-les par celles de vos appareils.
Pour une coupure de quelques heures, une station de 1 000 à 2 000 Wh garde le frigo froid, la box allumée et les téléphones chargés. Si vous partez de zéro, c’est cette catégorie que je regarderais en premier, en cherchant la chimie et la puissance de crête sur la fiche : une station d’énergie portable LiFePO4 autour de 1 000 Whaff. est le point de départ le plus rationnel pour un appartement ou une maison de ville.
L’autonomie et la recharge : la station s’épuise, le groupe se ravitaille
La station a une autonomie qui se compte en heures, calculée ci-dessus. Le groupe a une autonomie qui se compte en litres.
Un groupe de taille domestique consomme autour d’un litre d’essence par heure à mi-charge, l’ordre de grandeur des fiches constructeurs. Trois jours en continu, c’est une soixantaine de litres, que vous ne pouvez pas stocker chez vous. En pratique, un groupe tourne par plages : deux heures le matin pour refroidir le congélateur et recharger tout ce qui se recharge, deux heures le soir. Dix à quinze litres pour trois jours, c’est tenable.
La station se recharge sur le secteur, ce qui ne sert à rien pendant la coupure ; sur la voiture, lentement et en brûlant du carburant ; et au solaire.
Le solaire est l’argument de vente numéro un des stations, rebaptisées « générateurs solaires » pour l’occasion. La puissance inscrite sur un panneau est celle d’un test en laboratoire, sous un ensoleillement franc et perpendiculaire. En hiver, en France, avec un panneau posé à plat sur une terrasse par ciel couvert, on récupère une petite fraction de ce chiffre, pendant quelques heures de jour utile. Je ne vais pas donner de pourcentage : il dépend de votre ciel ce jour-là, et ceux qui en donnent un l’inventent. Le panneau regagne chaque jour de quoi faire tourner la box et les téléphones. Il ne remet pas un frigo en route seul en janvier.
Pour une coupure longue en hiver, il n’y a que deux réponses honnêtes : un groupe qui recharge la station en une heure ou deux, ou réduire drastiquement ce qu’on alimente.
Un panneau reste un bon complément, à condition de le choisir pliable, avec une prise compatible avec la station, et de ne pas en attendre plus que l’entretien de la charge : un panneau solaire pliable de 100 à 200 Waff. est le format qui se range dans un placard et se déploie sur un balcon.
Le lieu : l’appartement interdit le groupe
C’est le critère qui tranche avant tous les autres, et il tranche en une ligne : un groupe électrogène ne fonctionne qu’en plein air.
Le monoxyde de carbone d’un moteur thermique est incolore, inodore, et il s’accumule vite dans un volume fermé. Le CDC américain, qui a documenté l’affaire texane de près, fixe la règle sans nuance : un groupe ne s’utilise qu’à l’extérieur, à plus de vingt pieds (six mètres) de toute fenêtre, porte ou bouche d’aération. Le même organisme compte plus de 400 morts par an aux États-Unis par intoxication au monoxyde de carbone sans lien avec un incendie. En France, Santé publique France dénombre près de 4 000 intoxications au monoxyde de carbone chaque année, avec un pic chaque hiver.
Six mètres, ce n’est pas un balcon. Ce n’est pas une cour intérieure d’immeuble, où les fenêtres des voisins donnent sur le même volume. Ce n’est pas un garage porte ouverte, ni un abri de jardin accolé à la maison. Pour un appartement, la question ne se pose donc pas : c’est la station, et rien d’autre.
Pour une maison, il faut un endroit dehors, à six mètres de tout, à l’abri de la pluie sans être enfermé. Ça se prépare avant, pas dans le noir sous la pluie.
Et quel que soit le choix, le détecteur reste obligatoire, parce que pendant une coupure, le voisin sortira son barbecue dans son garage. Il se choisit sur une seule mention, la norme européenne, et se pose près des chambres : un détecteur de monoxyde de carbone certifié EN 50291aff. est le seul objet de cet article que je considère non négociable, station ou groupe.
Reste le raccordement. Un groupe se branche sur ses propres prises, et les appareils viennent à lui par rallonge, un par un — une rallonge pour l’extérieur, IP44, en 3G1,5 mm²aff., parce que six mètres de distance et de la pluie ne se traversent pas avec un enrouleur de bureau. Jamais l’inverse : le câble à deux fiches mâles qui « injecte » le groupe dans une prise murale renvoie du courant sur le réseau public, et sur l’agent qui y travaille en croyant la ligne morte. Le seul montage correct est l’inverseur de source.
Le bruit : le voisin décide aussi
Une station ne fait aucun bruit, hors le ventilateur de l’onduleur quand elle débite fort. Un groupe électrogène fait le bruit d’une tondeuse, en continu, pendant des heures, la nuit, dans une rue où tout le monde a les fenêtres ouvertes parce que le chauffage est coupé.
Ce n’est pas un détail de confort. Dans une maison de ville, le bruit est ce qui fait qu’on ne démarre pas le groupe à 3 h du matin pour le congélateur, et donc ce qui rend le groupe moins utile qu’il n’y paraît. Les modèles dits « inverter », à régime variable et capot insonorisé, sont nettement plus discrets que les groupes de chantier, et c’est la première chose à chercher pour un usage domestique. Ils restent audibles à dix mètres.
En maison isolée, le bruit ne gêne personne. C’est un des rares cas où le groupe redevient simple.
L’entretien et le carburant stocké
La station demande une chose : rester chargée entre 50 et 80 % au placard, et recevoir une recharge tous les trois mois environ. Un rappel dans le téléphone suffit. Elle ne fuit pas, ne sent rien, ne se dérègle pas.
Le groupe demande ce que demande un moteur. Une vidange après les premières heures, puis à intervalle régulier. Un démarrage tous les mois ou deux pour que le carburateur ne se gomme pas, ce qui veut dire le sortir, le mettre à six mètres, le faire tourner un quart d’heure, le rentrer. Une bougie. Et surtout, du carburant qui ne se conserve pas.
L’essence vieillit en quelques mois dans un jerrican, plus vite dans un réservoir à moitié vide. Ce qui impose une rotation : on stocke dix à vingt litres dans un jerrican homologué pour les hydrocarbures, on les verse dans la voiture tous les trois mois, on refait le plein du jerrican. Un jerrican qui dort deux ans au fond du garage contient de l’essence qui ne démarrera rien. Un jerrican homologué de 20 litres avec bec verseuraff. est le seul format que je prendrais : les bidons de fortune fuient, gonflent et n’ont pas leur place près d’une maison.
Le gaz ne vieillit pas et il n’y a pas de carburateur à gommer : un groupe électrogène au propane, en bouteilleaff., contourne une partie du problème. Il reste un moteur, avec son huile, son monoxyde de carbone et son bruit.
La durée de vie : des cycles contre des heures moteur
Une station se juge à sa chimie. Le lithium fer phosphate, LiFePO4, est celui qu’il faut chercher : les fabricants annoncent plusieurs milliers de cycles complets avant de tomber à 80 % de la capacité d’origine, contre quelques centaines pour les chimies lithium-ion plus anciennes, plus légères et moins chères. En usage de secours, on ne fera pas mille cycles ; c’est le calendrier qui fera vieillir la batterie, et le LiFePO4 vieillit lentement s’il n’est pas stocké vide, plein ou au chaud.
Le groupe se juge en heures moteur, et un petit moteur quatre temps entretenu en fait beaucoup. Sa vraie limite est ailleurs : la corrosion, le carburant qui a gommé, la batterie de démarrage à plat. Un groupe entretenu dure plus longtemps qu’une station ; un groupe négligé meurt avant elle.
Et ce qui ne sert à rien, dans les deux camps. Le « générateur solaire » de 300 Wh vendu avec un panneau de la taille d’une feuille A4 : il charge des téléphones et allume une lampe, il ne fait pas tourner un frigo, quoi qu’en dise l’emballage. Et le groupe premier prix sans régulation de tension (AVR) : sa tension ondule, et c’est la box ou la carte électronique de la chaudière qui le paient. Pour de l’électronique, cherchez la mention inverter ou AVR et 2 000 à 3 000 W qui passent les crêtes : un groupe électrogène inverter de 2 000 Waff. est le format raisonnable pour une maison, et le seul que je poserais à côté d’appareils qui ont une carte électronique.
Le cas où la réponse s’inverse
Tout ce qui précède donne la station gagnante pour un appartement et pour la plupart des maisons de ville, et le groupe gagnant sur la seule puissance. Il existe une situation où la réponse n’est plus « l’un ou l’autre » mais « les deux », et elle se reconnaît à trois signes.
Une maison isolée, d’abord, où le réseau est le dernier rétabli parce qu’Enedis remet d’abord les lignes qui alimentent le plus de foyers. Une coupure qui peut dépasser trois jours, ensuite, comme celles des tempêtes d’hiver dans l’Ouest — se préparer à une tempête, pour ces foyers-là, c’est d’abord prévoir ces jours sans réseau. Un congélateur plein, enfin, ou une pompe à eau sur puits, un chauffage à granulés, une pompe de relevage : quelque chose qui a un moteur et qu’on ne peut pas éteindre trois jours. Le congélateur est le seul des trois qui a une alternative sans un watt : un stock alimentaire longue durée sec, en riz, pâtes et conserves, se garde des années sans électricité, et beaucoup de foyers y gagnent à le préférer au groupe.
Dans ce cas, le groupe fait tourner le gros deux heures matin et soir, et recharge la station dans le même temps. La station prend le relais entre les deux plages, en silence. On brûle dix litres au lieu de soixante. On dort. C’est le seul montage qui tient une semaine en hiver sans épuiser personne.
À l’inverse, la réponse se simplifie brutalement dans un cas : la coupure de moins de six heures, qui est la coupure française typique. Là, ni station ni groupe ne sont indispensables. Un frigo fermé tient, une lampe frontale à pilesaff. et une radio d’urgence à manivelle font le reste, avec quelques billets, puisque le terminal du commerçant et le distributeur s’arrêtent avec le réseau — c’est la ligne « liquide » des documents importants en cas d’urgence, et c’est ce que détaille le déroulé heure par heure d’une coupure d’électricité prolongée. La station n’y devient utile qu’à partir de la nuit.
Le comparateur — station contre groupe, chez vous
Six critères, un gagnant par ligne, un verdict
Pour qui c’est la station, pour qui c’est le groupe
| Profil | Verdict | Ce qui le justifie |
|---|---|---|
| Appartement | Station, seule | Le groupe est interdit de fait : pas de plein air à six mètres des fenêtres. Une station de 1 000 à 2 000 Wh couvre frigo, box et téléphones une journée. |
| Maison de ville | Station d’abord | Les coupures courtes dominent, les voisins entendent le groupe. Le groupe ne vient qu’en second, si le congélateur ou une pompe l’exigent. |
| Maison isolée | Les deux | Réseau rétabli en dernier, coupures longues, souvent une pompe ou un congélateur. Le groupe recharge la station, la station fait la nuit. |
| Appareil médical au domicile | Prestataire d’abord | La consommation et la conduite en cas de coupure sont définies par le fournisseur de l’appareil, pas par un calcul de blog. Une station dimensionnée pour deux nuits en complément. |
Le quatrième profil mérite un mot de plus. Un appareil de ventilation nocturne ou un concentrateur d’oxygène relèvent d’une organisation qui existe déjà, celle du prestataire de santé à domicile, avec une astreinte et souvent une batterie dédiée. La station complète cette organisation. Elle ne la remplace pas.
Cette question de l’énergie n’est qu’un poste de la préparation d’un foyer. Elle vient après l’eau, la lumière et la nourriture du kit de survie 72 h, et elle prend tout son sens dans une préparation plus longue, celle qui vise deux semaines ou un mois d’autonomie et que décrit le guide pour se préparer à une crise longue. Une station pour laquelle on n’a pas de réserve d’eau potable à la maison est un mauvais ordre de priorités : trois litres par personne et par jour, avant le premier wattheure.
Ce que je mettrais chez moi
Si je devais choisir aujourd’hui, avec un logement en ville et des coupures qui durent rarement une nuit, je prendrais une station LiFePO4 de 1 000 à 2 000 Wh, un panneau pliable pour l’entretenir en coupure longue, et un détecteur de CO près des chambres. Pas de groupe. Pas parce qu’il est mauvais, mais parce que je sais que je ne ferais pas les démarrages d’entretien, et qu’un groupe qui dort trois ans ne démarre pas.
Dans une maison isolée avec un congélateur plein, je changerais d’avis dans la journée : un groupe inverter de 2 000 W dehors, sous un abri à six mètres du mur, un jerrican en rotation, et la même station à l’intérieur pour la nuit. Et dans les deux cas, la même règle, celle que le Texas a payée cher en février 2021 : le moteur reste dehors, toujours, même quand il gèle.
Questions fréquentes
- Station d'énergie portable ou groupe électrogène : lequel choisir pour une coupure de courant ?
- Pour un appartement, la station, sans discussion : un groupe électrogène ne se fait tourner qu'en plein air, à plus de six mètres de toute ouverture, et un balcon n'est pas le plein air. Pour une maison de ville avec un jardin et des voisins, la station d'abord, parce qu'elle couvre 90 % des coupures françaises, qui durent quelques heures. Le groupe ne devient le bon choix que si la coupure peut dépasser trois jours et que vous avez un congélateur plein ou une pompe à faire tourner. Dans une maison isolée, les deux se complètent : le groupe recharge la station en une heure, et la station fait le silence la nuit.
- Quelle puissance de station d'énergie faut-il pour alimenter un réfrigérateur ?
- Deux chiffres comptent, et pas celui qu'on regarde d'habitude. La puissance de crête d'abord : le compresseur d'un frigo demande au démarrage plusieurs fois sa puissance nominale, pendant une fraction de seconde, et une station dont l'onduleur plafonne trop bas se met en sécurité. La capacité ensuite, en wattheures : lisez l'étiquette énergie de votre appareil, divisez le chiffre annuel par 365, vous avez sa consommation par jour, à majorer d'un tiers en été et quand la porte s'ouvre souvent. Une station tient rarement plus de 80 % de sa capacité nominale en usage réel. Le dimensionneur de cet article fait ce calcul avec vos propres appareils.
- Peut-on brancher un groupe électrogène sur une prise de la maison ?
- Non, et ce n'est pas une prudence de façade. Un groupe branché sur une prise murale par un câble à deux fiches mâles renvoie du courant dans l'installation, et donc dans le réseau public si le disjoncteur général n'est pas coupé. L'agent d'Enedis qui travaille sur la ligne en aval croit la ligne morte. La seule manière correcte d'alimenter le tableau depuis un groupe ou une batterie passe par un inverseur de source, posé par un électricien, qui rend physiquement impossible la présence des deux sources en même temps. Sans cet inverseur, on alimente les appareils un par un, par rallonge, et rien d'autre.
- À quelle distance de la maison faut-il placer un groupe électrogène ?
- Le CDC américain demande plus de vingt pieds, soit plus de six mètres, de toute fenêtre, porte ou bouche d'aération, et l'échappement orienté à l'opposé de la maison. Jamais dans un garage, même porte ouverte, jamais sous un balcon fermé, jamais dans une véranda. Le monoxyde de carbone ne se sent pas, et un moteur thermique en produit des quantités qui saturent une pièce en quelques minutes. Au Texas, en février 2021, le bilan officiel compte dix-neuf morts par intoxication au monoxyde de carbone, à cause de groupes, de barbecues, de radiateurs et de voitures qui tournaient dans des espaces clos. Un détecteur de CO à l'intérieur reste obligatoire, distance ou pas.
- Une station d'énergie se recharge-t-elle au solaire en hiver ?
- Partiellement, et beaucoup moins que ce que promet l'emballage. La puissance affichée d'un panneau est mesurée en laboratoire, sous un ensoleillement que la France ne connaît pas en décembre. Entre un ciel couvert, un soleil bas, une orientation approximative sur une terrasse et les heures de jour réduites, il faut compter avec une petite fraction de la production d'une belle journée de juin. Le panneau reste utile pour une coupure longue : il regagne chaque jour de quoi faire tourner la box et recharger les téléphones. Il ne remettra pas un frigo en route seul en janvier. C'est le cas où l'on regarde vers le groupe.
- Combien de temps dure une batterie LiFePO4 de station portable ?
- La chimie LiFePO4 (lithium fer phosphate) est celle qu'il faut chercher sur une station qu'on achète pour la garder : les fabricants annoncent des milliers de cycles complets avant de descendre à 80 % de la capacité d'origine, là où les anciennes chimies lithium-ion en tenaient quelques centaines. En usage de secours, on fait quelques cycles par an : la batterie vieillira par le calendrier avant de vieillir par l'usage. Ce qui la tue, c'est le stockage à vide ou à 100 % pendant des mois, et la chaleur. Rangez-la entre 50 et 80 %, dans une pièce tempérée, et rechargez-la tous les trois mois. C'est tout l'entretien, et c'est déjà beaucoup moins qu'un moteur.
- Que faire pour un appareil médical qui dépend du courant, comme un appareil de ventilation nocturne ?
- Ne pas le régler avec un article de blog. Un appareil médical à domicile est fourni par un prestataire, et c'est lui qui connaît la consommation exacte de la machine, les batteries compatibles et la conduite prévue en cas de coupure, souvent avec une procédure écrite et un numéro d'astreinte. Ce qu'un foyer peut préparer autour : savoir quelle puissance l'appareil tire, prévoir une station dimensionnée pour au moins deux nuits, et se signaler auprès du fournisseur d'électricité comme client à appareil médical. Le comparateur de cet article renvoie systématiquement vers le prestataire dès qu'on coche cette case, parce que la sécurité de ces appareils ne se calcule pas de l'extérieur.
Qui a écrit cet article
Baptiste S.
Fondateur et rédacteur · bs-media
Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.
- Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
- Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
- Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
- Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.
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