Six litres.
C’est la seule quantité écrite dans le livret « Tous responsables », celui que le gouvernement a diffusé l’automne dernier : six litres d’eau par personne, en bouteilles, avec une ligne à remplir au crayon — « 6 × (nombre de personnes dans votre foyer) = … litres de stock ». Tout le reste de la liste kit d’urgence 72h est donné sans chiffre. Une radio, une lampe, des piles, des conserves. Combien ? Le livret ne le dit pas, et il ne peut pas : il ne connaît pas votre foyer.
Le nombre qui commande la liste, c’est le vôtre. Le nombre de personnes qui dorment sous votre toit, multiplié par trois jours, avec ses particularités : un bébé, un traitement quotidien, un chien. Une fois ce chiffre posé, la liste s’écrit presque seule. Sans lui, elle reste une illustration.
Personnes × trois jours : le chiffre qui commande la liste kit d’urgence 72h
Pourquoi trois jours, et pas un ou dix ? Le livret le dit en une phrase : « les premières 72 h sont souvent les plus éprouvantes. En vous préparant en amont, vous permettez aux secours de se concentrer sur les personnes en grande difficulté ». Ce n’est pas un horizon de survie. C’est le temps qu’il faut aux services pour se réorganiser après un choc, et pendant lequel on vous demande de ne pas peser sur eux. Ready.gov, le site fédéral américain, parle de « plusieurs jours » sans fixer de nombre. Trois, c’est le plancher commun.
Et pourquoi par personne ? Parce que la plupart des postes de la liste se consomment, et se consomment par tête. L’eau, évidemment. Les repas. Les piles, si chacun a sa lampe. Les couches. Une radio, elle, sert à tout le foyer ; une trousse aussi. Mais ce sont les exceptions, et ce sont les postes les moins encombrants.
Le 28 avril 2025, à 12 h 33, l’Espagne et le Portugal ont perdu le courant d’un coup — l’incident le plus grave du système électrique européen depuis plus de vingt ans, selon le panel d’experts de l’ENTSO-E. Un mardi ordinaire, en milieu de journée. Les foyers qui avaient de l’eau, une lampe et un peu de liquide ont attendu ; les autres ont fait la queue. La différence entre les deux n’était pas le courage. C’était une caisse.
Les particularités ne multiplient pas la liste, elles y ajoutent des lignes. Un bébé, c’est du lait liquide prêt à l’emploi, des petits pots, des couches. Un traitement quotidien, c’est une avance de médicaments à discuter avec le médecin. Un chien, c’est trois jours de croquettes et une laisse à portée de main. Le livret mentionne les trois, sans les chiffrer.
Le budget vient après. On me dira : « je n’ai pas la place pour 36 litres d’eau ». On y revient plus bas, c’est une question sérieuse — mais elle ne change pas le chiffre. Elle change l’endroit où on le range.
Le compter chez vous, en dix minutes
Comptez les têtes. Adultes, enfants, bébés, animaux. Notez à part qui prend un traitement, qui porte des lunettes, qui ne mange pas de tout. C’est fait, il reste à multiplier.
Pour l’eau, j’ai retenu 3 litres par personne et par jour, et il faut dire pourquoi, parce que les deux sources officielles ne disent pas la même chose. Le livret français compte 6 litres pour trois jours, soit 2 litres par jour : c’est la boisson seule. Ready.gov demande un gallon par personne et par jour — 3,8 litres — « pour boire et pour l’hygiène », et prévient que par forte chaleur le besoin peut doubler. Entre les deux, 3 litres permettent de boire, de faire un café et de se laver les mains sans compter. Le calcul détaillé de la réserve, avec les bidons, les packs et la place au sol, est dans l’article sur la réserve d’eau potable à la maison.
Pour les repas, trois par jour, sans cuisson. Ce n’est pas une ration de survie : c’est ce que vous mangez déjà, acheté en avance. Pour la lumière, une lampe par personne, et un jeu de piles de rechange par lampe. Pour le téléphone, une batterie externe de 20 000 mAhaff. pour deux : elle rend plusieurs recharges complètes, de quoi tenir trois soirées à deux téléphones en mode économie d’énergie, à condition d’être rechargée à chaque vérification du kit.
Le composeur ci-dessous fait la multiplication et rend la liste par poste, avec les lignes en plus pour le bébé, les animaux et les traitements. Il mémorise vos réponses sur votre appareil et s’imprime.
Le composeur — votre foyer, trois jours
La liste du livret, avec vos quantités
Le livret officiel donne la liste ; vous donnez le foyer. Le composeur multiplie et vous rend une liste à imprimer, poste par poste.
Le kit se refait deux fois par an. On vous le rappelle ?
Le livret demande de vérifier le contenu deux fois par an : dates de l'eau et des conserves, piles, médicaments. Laissez votre adresse, on vous envoie le rappel au printemps et à l'automne — et rien d'autre.
Une chose que le composeur ne fait pas : choisir la boîte. Chez moi, je prendrais une caisse de rangement à couvercle à clipsaff. d’une cinquantaine de litres, opaque, qu’on porte à deux mains — pas un sac à dos, qui est l’objet du sac d’évacuation, et pas un carton, qui boit l’humidité du placard et se déchire le jour où on le tire.
Ce que le chiffre déclenche, poste par poste
J’ai repris la liste du livret « Tous responsables », page « Je constitue mon kit d’urgence » et check-list des pages suivantes, et je l’ai quantifiée pour un foyer de quatre personnes sans bébé ni animal. La colonne « le livret dit » reprend ses mots.
| Poste | Le livret dit | Pour 4 personnes, 3 jours | Mon avis |
|---|---|---|---|
| Eau | « 6 litres par personne en bouteille » | 36 L (le livret : 24 L) | Doubler presque le livret ; un bidon à robinet en plus des packs |
| Nourriture | « non périssable, ne nécessitant pas de cuisson » | 36 repas | Ce qu’on mange déjà, à ouverture facile |
| Radio | « à piles, avec piles de rechange, pour suivre les consignes » | 1 radio, 1 jeu de piles | Manivelle en plus des piles |
| Lampe | « de poche, avec piles de rechange », bougies, briquet | 4 frontales | Bougies : non, chez moi |
| Piles | « de rechange » | 5 jeux | Lithium, pour ne pas tourner |
| Trousse | « alcool, pansements, masques, compresses » | 1 trousse complète | Ajouter bande, ciseaux, gants |
| Médicaments | « traitement habituel et médicaments de secours » | Avance à définir | Médecin ou pharmacien, pas ce site |
| Clés | « double des clés de la maison et de la voiture » | 1 jeu | Dans la caisse, pas sur le crochet |
| Argent | « liquide, les distributeurs pouvant ne pas fonctionner » | Petites coupures | Pas de montant : ce que vous sortiriez pour trois jours |
| Documents | « photocopies… dans une pochette étanche » | 1 pochette | Plus une sauvegarde numérique hors de chez vous |
| Vêtements | « chauds, et couverture de survie » | 4 tenues, 4 couvertures | Polaire et bonnet valent mieux qu’une feuille dorée |
| Jeux | « livres et jeux pour occuper le temps » | Selon les enfants | Rien à acheter |
Quelques postes méritent plus qu’une ligne.
L’eau, le seul poste que le livret chiffre
C’est le poste qui décide de tout le reste, parce que c’est le seul qu’on ne peut ni improviser ni remplacer. Le livret le sait : c’est le seul qu’il chiffre. Mais il le sous-chiffre, et j’ai voulu comprendre d’où venait l’écart.
La lumière et la radio, les deux postes qu’on sous-dimensionne
La lumière est le poste le moins cher et le plus mal fait. Le livret écrit « lampe de poche » au singulier, et c’est l’erreur qu’on retrouve dans presque tous les kits : une lampe pour quatre personnes, c’est une personne qui bouge et trois qui attendent dans le noir. Une lampe frontale par personne libère les mains et coûte le prix d’un repas. Pour les piles, je préfère les piles AAA au lithiumaff., parce qu’elles se conservent des années sans couler : le livret demande de remplacer les piles deux fois par an, celles-là dispensent de le faire.
La radio est le seul objet de la liste qui remplace le téléphone quand le réseau tombe, et le livret le formule ainsi : « pour suivre les consignes des autorités ». À piles, dit-il. Je prendrais un modèle à piles qui a aussi une manivelleaff., pour le jour où les piles sont dans la lampe ; le comparatif des radios d’urgence à manivelle explique ce qui compte et ce qui n’est qu’un argument de fiche.
Les documents et les médicaments, ce qui ne pèse rien et coûte le plus à refaire
Les documents ne pèsent rien et sont le poste le plus long à refaire après un sinistre. Le livret dit « photocopies… dans une pochette étanche » : carte d’identité, ordonnances. J’y ajoute le contrat d’assurance, le carnet de santé des enfants, et une sauvegarde numérique quelque part hors de la maison. La liste complète est dans les documents importants à préparer en cas d’urgence.
Les médicaments, enfin. Le livret dit « traitement habituel et médicaments de secours », sans quantité. Ce site n’en donnera pas non plus.
Ce qu’il écarte : le superflu du livret, et les kits tout faits
Avant d’aller plus loin, deux choses que j’écarte.
Les bougies, d’abord. Le livret les liste, avec le briquet et les allumettes, et je comprends pourquoi : elles ne coûtent rien et elles ne tombent jamais en panne. Mais une bougie qui tombe dans un logement sans lumière, avec des enfants qui bougent et un chat qui a peur, c’est un incendie dans une soirée où les pompiers sont déjà occupés. Une frontale ne l’est pas. Je garde des bougies dans le tiroir de la cuisine, comme tout le monde ; je ne les compte pas dans le kit.
La couverture de survie, ensuite. Elle est dans le livret, elle tient dans une poche, elle a sa place dans un sac qu’on emporte. Dans une caisse qui reste à la maison, une couverture polaire et un bonnet font mieux, et on a déjà les deux. Si la coupure tombe en janvier, le vrai sujet n’est d’ailleurs pas la couverture mais la pièce qu’on chauffe, et avec quoi : c’est l’objet de l’article pour se chauffer sans électricité.
Ce que le livret ne dit pas, en revanche, et que Ready.gov liste : les lingettes, les sacs poubelle avec leurs liens, un sifflet, une clé ou une pince pour fermer l’eau et le gaz, une carte papier du secteur. Les sacs poubelle sont le vrai oubli. Trois jours sans ramassage ni chasse d’eau se préparent avec un rouleau de sacs poubelle épais à liensaff., du papier et des lingettes, pas avec du courage.
Reste la question que tout le monde se pose devant un écran : et si j’achetais un kit tout fait ?
C’est ce qui se vend le mieux dans les boutiques de matériel de survie, et c’est ce qui déçoit le plus. Pas parce que les objets sont mauvais. Parce qu’un kit tout fait est dimensionné pour une personne, jamais pour un foyer ; parce qu’il ne contient pas ce qui pèse et décide, l’eau ; parce qu’il ne connaît ni votre traitement, ni votre bébé, ni votre chien ; et parce qu’il remplit le sac d’objets qui rassurent — une couverture dorée, un sifflet, une lame — plutôt que de ceux qu’on utilise. Vous l’achetez, vous le posez dans le placard, et il vous reste tout à faire : l’eau, la nourriture, les piles, les papiers.
La seule pièce qu’un kit tout fait règle bien est la trousse. Une trousse de premiers secours complèteaff. avec des compresses stériles, une bande, des ciseaux et des gants vaut mieux que ce que j’assemblerais moi-même, et c’est le seul poste où je n’ai pas d’avis à opposer au tout fait. Le reste va dans la caisse, poste par poste, aux quantités de votre foyer. Pour un budget comparable, vous aurez un kit qui vous ressemble.
Où ranger 36 litres dans un appartement, et comment les faire tourner
Revenons à l’objection. Trente-six litres, ce sont quatre packs de six bouteilles de 1,5 litre. L’empreinte d’un pack est à peu près celle d’une feuille A4 ; posés à plat, quatre packs de bouteilles d’eauaff. tiennent sous un lit, au fond d’un placard d’entrée, sous un banc de couloir. Un bidon alimentaire de 10 litres à robinetaff. se range debout à côté de la caisse et se porte à une main ; c’est lui qui sert l’eau proprement une fois les packs entamés.
Ready.gov demande pour l’eau « un endroit frais et sombre ». J’ajoute : pas le balcon, où l’eau chauffe en août et gèle en janvier et où les piles se vident ; pas le placard des produits ménagers, dont les vapeurs traversent le plastique fin des bouteilles avec le temps ; pas la voiture, pour les mêmes raisons de température. Le bas d’un placard près de l’entrée est l’endroit qui gagne presque toujours : à portée de main pour partir, à l’abri de la lumière pour rester.
La rotation, maintenant, parce qu’un kit qu’on ne touche jamais est un kit dont on découvre l’état le jour où on en a besoin. Le livret demande une vérification deux fois par an : dates de péremption des médicaments et des denrées, remplacement des piles. Ready.gov ajoute que l’eau qu’on a mise soi-même en bidon se remplace tous les six mois. L’eau en bouteille du commerce, elle, porte une date de durabilité minimale, pas une date limite : on la boit et on la remplace, sans la jeter — la différence est expliquée dans l’article sur la réserve d’eau.
Ce qui tourne le plus vite, dans la caisse : le lait infantile et les petits pots, les médicaments, la batterie externe qui se décharge seule. Ce qui ne tourne pas : les piles au lithium, la radio, les lampes, la pochette de documents, tant que rien n’a changé dans le foyer.
Chez moi, je calerais la vérification sur le changement d’heure, deux fois par an : on sort la caisse, on mange ce qui approche de sa date, on le remplace aux courses suivantes, on recharge la batterie. Vingt minutes. Ce que devient un frigo pendant ces trois jours, et pourquoi la caisse ne doit pas compter dessus, est dans l’article sur la coupure d’électricité prolongée.
Quand trois jours ne suffisent plus à décider
Le paramètre « personnes × trois jours » dit combien il faut. Il ne dit pas combien vous tenez déjà. Or presque tout le monde a quelque chose : deux bouteilles au frigo, des conserves, une lampe quelque part, une batterie externe à moitié vide. La question utile, ce soir, n’est pas « que faut-il acheter » mais « avec ce qu’il y a dans le placard, combien d’heures ». La jauge répond poste par poste, et désigne celui qui lâche en premier.
La jauge — ce que vous tenez ce soir
Avec ce qu'il y a dans le placard, combien d'heures ?
Réglez les curseurs sur ce que vous avez déjà, pas sur ce que vous comptez acheter. La jauge convertit en heures, poste par poste, et désigne le maillon faible.
Deux limites du paramètre, pour finir.
La première : trois jours, c’est l’autonomie qu’on vous demande, pas celle qui vous protège de tout. Une coupure d’eau après une tempête, un réseau électrique qui met une semaine à revenir dans une vallée, une pénurie de carburant : les paliers suivants — deux semaines, un mois — ne changent pas la liste, ils changent les quantités et ajoutent la cuisson, l’énergie et le chauffage. Le poste nourriture, par exemple, passe de neuf repas pris dans le placard à un stock alimentaire longue durée avec des calories comptées et une rotation. C’est l’objet du guide du kit de survie 72 h, qui prend la caisse et la prolonge.
La seconde : la caisse est faite pour rester. Le jour où les autorités demandent de partir, ce n’est pas elle qu’on prend, c’est un sac plus léger, pensé pour être porté, dont la liste complète du sac d’évacuation donne le contenu et le poids. Les deux se recoupent — les papiers, la lampe, la radio — mais ne se remplacent pas. Ne mettez pas 36 litres d’eau dans un sac à dos ; ne comptez pas sur un sac à dos pour tenir trois jours à la maison.
Ce que je ferais chez moi
Je n’achèterais pas de kit. J’achèterais de l’eau, ce week-end, à la quantité que donne le composeur pour mon foyer, et je la rangerais avant d’acheter quoi que ce soit d’autre : c’est le poste qui pèse, qui décide, et qui ne s’improvise pas. Puis une caisse à couvercle, une frontale par personne, un jeu de piles au lithium par lampe, une radio qui a une manivelle. Puis, le week-end suivant, les conserves qu’on mange déjà, une trousse complète, et une heure devant la photocopieuse pour la pochette.
Le troisième week-end, je poserais la caisse au bas du placard de l’entrée, j’écrirais dessus la date de la prochaine vérification, et je dirais à tout le foyer où elle est.
Trois week-ends. Pas un de plus, pas un budget qu’on remarque, et la prochaine fois qu’une tempête est annoncée ou qu’un réseau tombe un mardi à 12 h 33, la seule chose à faire sera de remplir le bidon.
Questions fréquentes
- Que doit contenir une liste kit d'urgence 72h selon le gouvernement ?
- Le livret « Tous responsables » liste douze postes : de l'eau potable en bouteilles (6 litres par personne), de la nourriture non périssable et sans cuisson, une radio à piles avec piles de rechange, une lampe de poche, des bougies et de quoi allumer, une trousse de premiers secours, les médicaments habituels, le double des clés de la maison et de la voiture, de l'argent liquide, les photocopies des documents essentiels dans une pochette étanche, des vêtements chauds avec une couverture de survie, et des livres ou des jeux. Il ajoute un chargeur de téléphone, une batterie externe, un ouvre-boîte, un réchaud et des lunettes de secours dans sa check-list. La seule quantité écrite est celle de l'eau : tout le reste se calcule à partir du nombre de personnes du foyer.
- Combien d'eau prévoir dans un kit d'urgence pour 3 jours ?
- Le livret français dit 6 litres par personne, soit 2 litres par jour : c'est la boisson, sans la cuisine ni la toilette. Ready.gov, l'équivalent américain, demande un gallon par personne et par jour, soit 3,8 litres, boisson et hygiène comprises, et prévient que par forte chaleur le besoin peut doubler. Je retiens 3 litres par personne et par jour : 9 litres par tête pour trois jours, 36 litres pour un foyer de quatre. C'est un peu plus que le livret, un peu moins que la règle américaine, et c'est ce qui permet de boire, de faire un café et de se laver les mains sans compter.
- Les kits d'urgence tout faits valent-ils le coup ?
- Rarement, et pour une raison simple : ils sont dimensionnés pour une personne, jamais pour votre foyer, et ils ne contiennent pas ce qui pèse le plus, l'eau. Vous payez un sac, une lampe et une radio d'entrée de gamme, quelques objets de survie que vous n'utiliserez pas, et il vous reste tout de même à acheter 36 litres d'eau, la nourriture, les piles, les médicaments et à copier les documents. La seule pièce qu'un kit tout fait règle bien est la trousse de premiers secours. Achetez-la à part, mettez le reste dans une caisse à couvercle, et vous aurez un kit adapté à votre foyer pour un budget comparable.
- Faut-il un kit d'urgence différent avec un bébé ?
- Pas un kit différent, des lignes en plus. Le livret le prévoit : du lait infantile 1er âge liquide, prêt à l'emploi, parce que la poudre exige de l'eau sûre et chaude qui manquent justement ; des petits pots ; et de l'eau supplémentaire. J'ajoute les couches (huit par jour est un ordre de grandeur), les lingettes, une tenue chaude de plus et un doudou de rechange. Les quantités exactes de lait dépendent de l'âge : c'est votre pédiatre qui les connaît. Ces lignes se périment vite, en revanche : c'est le poste qui impose la vérification deux fois par an que demande le livret.
- Où ranger un kit d'urgence dans un appartement ?
- Dans une caisse en plastique à couvercle, au bas d'un placard près de l'entrée ou sous un lit, et jamais au balcon : la chaleur en été et le gel en hiver abîment l'eau et les piles. Ready.gov recommande un endroit frais et sombre pour l'eau, à l'écart des produits ménagers. Pour 36 litres, comptez quatre packs de six bouteilles, qui se posent à plat sous un lit ou en fond de placard, et un bidon de 10 litres à côté de la caisse. L'important n'est pas la cachette, c'est que tout le foyer sache où est la caisse et qu'elle ne serve pas de réserve pour les courses de la semaine.
- À quelle fréquence vérifier et renouveler le kit ?
- Deux fois par an, c'est ce que demande le livret : dates de péremption des médicaments et des denrées, remplacement des piles. Chez moi, je le cale sur deux dates fixes, le changement d'heure au printemps et à l'automne, et je le fais en vingt minutes : je sors la caisse, je mange ce qui arrive en fin de date et je le remplace aux courses suivantes, je recharge la batterie externe, je relis la pochette de documents. Les piles au lithium n'ont pas besoin de tourner. L'eau en bouteille porte une date de durabilité minimale, pas une date limite : je la bois et je la remplace, sans la jeter.
Qui a écrit cet article
Baptiste S.
Fondateur et rédacteur · bs-media
Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.
- Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
- Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
- Je dis ce qui ne sert à rien, y compris ce qui se vend le mieux dans les boutiques de survie.
- Sur la santé, les médicaments et l'électricité, je renvoie au médecin, au pharmacien ou à l'électricien. Ce n'est pas mon métier.
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