0,03 micron.
C’est la taille moyenne d’un virus entérique, le norovirus par exemple, telle que la donne le manuel de médecine des voyages du CDC. Une bactérie comme E. coli mesure 0,5 micron de large sur 2 à 8 de long. Un kyste de Giardia, 8 sur 19. Et la membrane d’un filtre à eau randonnée courant a des pores de 0,1 micron.
Le calcul se fait tout seul. La bactérie est bloquée, le parasite aussi, et le virus passe avec trois fois la marge. Tout le choix d’un filtre tient dans cette ligne, et la plupart des fiches produit s’arrangent pour ne pas l’écrire.
Le 18 juillet 2026, la FFRandonnée relayait un communiqué de la préfecture des Hautes-Pyrénées : des randonneurs héliportés par les gendarmes de montagne après avoir bu l’eau du torrent, nausées, diarrhées, vomissements. La consigne qui suivait tient en une ligne — un demi-litre d’eau potable par heure de marche, sur le dos, au départ — et elle se termine par une phrase qui a dû faire grincer quelques dents dans les rayons : la gourde filtrante « ne permet pas de purifier l’eau prélevée dans le milieu ».
Elle mérite d’être prise au mot. Un filtre ne purifie pas. Il filtre. La différence entre les deux verbes, c’est tout ce comparatif.
Ce qui sépare les quatre familles, et ce qui n’est qu’un argument de fiche
Quatre façons de traiter l’eau d’un ruisseau se vendent au rayon randonnée. La membrane — en paille, en pompe ou en poche à gravité — bloque ce qui est plus gros que ses pores. Les pastilles tuent avec une molécule, le dioxyde de chlore de préférence, et demandent du temps. L’UV casse l’ADN des germes avec une lampe, à condition que la lumière les atteigne. La gourde filtrante est une membrane avec une réserve autour, parfois du charbon derrière.
Ce qui les sépare, c’est d’abord ce qu’elles retiennent. Puis, dans cet ordre, le délai entre le ruisseau et la gorgée, le poids, l’entretien et la résistance au gel, la durée de vie. Les quatre technologies passent aux mêmes critères, dans le même ordre, plus bas.
Ce qui ne les sépare pas : le chiffre à six neuf. « Élimine 99,9999 % des bactéries » est vrai de n’importe quelle membrane correcte, et ne dit rien des virus ni de Cryptosporidium. « Capacité 1 000 litres » décrit une membrane neuve dans une eau claire de laboratoire, pas votre torrent après l’orage. Et « anti-virus » sans taille de pore ni protocole d’essai nommé est un mot, pas une propriété.
Avant d’entrer dans les critères, un premier avis pour ceux qui partent dimanche. Pour une journée en France, une paille filtrante à membrane 0,1 micronaff. fait le travail : moins de 100 g, rien à pomper, rien à attendre, et le tableau ci-dessous explique pourquoi elle suffit ici et pas ailleurs.
Filtre à eau randonnée : ce que chaque technologie retient
C’est le critère qui décide, et le seul qu’on ne peut pas rattraper par un autre achat. La page du CDC pour les randonneurs et les campeurs donne les seuils : un filtre à pore absolu de 1 µm ou moins retire les parasites, mais ni les virus ni toutes les bactéries ; à 0,3 µm ou moins, il retire bactéries et parasites, mais pas les virus. Les désinfectants chimiques tuent virus et bactéries « mais peuvent ne pas tuer les parasites ». L’UV ne fonctionne pas bien dans une eau trouble, « parce que les petites particules empêchent la lumière d’atteindre les germes ».
| Ce qu’il y a dans l’eau | Membrane 0,1 µm | Pastilles ClO₂ | UV (eau claire) | Gourde à charbon seul | Ébullition |
|---|---|---|---|---|---|
| Bactéries (E. coli, 0,5 µm) | oui | oui, 30 min | oui | non | oui |
| Giardia (8 × 19 µm) | oui | oui, 30 min | oui | non | oui |
| Cryptosporidium (4–6 µm) | oui | partiel, plusieurs heures | oui | non | oui |
| Virus (0,03 µm) | non | oui, 30 min | oui | non | oui |
| Goût, chlore, pesticides | non | non | non | oui | non |
| Eau trouble | s’encrasse | filtrer au linge avant | échec | — | oui |
Trois lignes de ce tableau valent une explication.
Les menaces réelles d’un ruisseau en France
Giardia et Cryptosporidium ne sont pas des parasites exotiques. Santé publique France a documenté, en novembre 2017, une épidémie de cryptosporidiose dans un collège de Loire-Atlantique : 180 malades sur 293 personnes, une souche zoonotique retrouvée dans les fèces des veaux d’une exploitation voisine. La transmission passait par un fromage au lait cru, pas par un ruisseau. Ce que l’épisode montre, c’est autre chose : le parasite circule dans le bétail français, et la conclusion de l’agence tient en trois mots — la cryptosporidiose humaine est « largement sous-diagnostiquée en France ».
Le ruisseau qui traverse un alpage reçoit ce que les vaches y laissent. Il est clair, froid, il a l’air propre. C’est le cas typique : des bactéries et des protozoaires, aucune raison d’y chercher des virus tant qu’aucun rejet humain ne se trouve en amont. Une membrane à 0,1 µm règle ce cas-là. C’est pour ça qu’elle est le bon objet en France, et pour ça seulement.
Le virus, et pourquoi la membrane le laisse passer
Un pore de 0,1 µm, c’est déjà fin — mille fois plus fin qu’un millimètre. Un norovirus fait 0,03 µm. Il passe. Le manuel du CDC l’écrit sans détour : les microfiltres portables « ne retirent pas de façon fiable les virus entériques ». Ce qui les arrête, c’est un ultrafiltre à 0,01 µm — rare, lent, cher —, le dioxyde de chlore, l’UV sur une eau claire, ou la casserole.
Dans une eau française de montagne, ce n’est pas un problème. Dans une eau qui a vu un village en amont, ou hors Europe, c’en est un, et j’y reviens dans le cas où la réponse s’inverse.
Cryptosporidium contre les pastilles
La ligne « partiel » du tableau est celle qu’on lit le moins et qui compte le plus. Le CDC écrit que Cryptosporidium est « mal inactivé par la désinfection au chlore ou à l’iode aux concentrations pratiques, même avec des temps de contact prolongés ». Le dioxyde de chlore fait mieux — le CDC le dit « partiellement efficace » — mais au prix de plusieurs heures de contact. Autrement dit : des pastilles au chlore simple ou à l’iode, dans l’eau d’un pâturage, ne traitent pas la menace principale. Du dioxyde de chlore, oui, si vous avez la nuit devant vous.
Le débit, et la fatigue au dixième litre
Le second critère ne se lit pas sur la fiche, il se vit le troisième soir. Une pompe à membrane annonce de l’ordre d’un litre par minute ; c’est vrai neuve, dans une eau claire. Dans un torrent chargé après la pluie, la membrane s’encrasse en une journée et le débit tombe de moitié, puis on rince à contre-courant, puis ça recommence. Pour deux personnes qui boivent, cuisinent et remplissent les gourdes du lendemain, on est vite à huit ou dix litres par jour. Dix minutes de pompage neuf, vingt encrassé. Chaque soir. Pour deux, ça reste le bon outil : une pompe à membraneaff. remplit la casserole et les gourdes du lendemain, ce qu’une paille ne fera jamais ; c’est à trois qu’elle devient une corvée.
La paille n’a pas ce problème parce qu’elle n’a pas de réserve : on boit au ruisseau, à l’aspiration, et on repart. Elle ne remplit ni casserole ni gourde. Personne n’est dessus, et c’est tout ce qui change : un filtre à gravité à pocheaff. a le même débit qu’une pompe — on remplit la poche, on l’accroche à une branche, on monte la tente. Les pastilles ne coûtent aucun effort et tout le temps du monde — trente minutes pour les bactéries et les virus, plusieurs heures pour Cryptosporidium. L’UV traite un litre à la fois, en une minute et demie environ, et seulement une eau claire.
Combien de litres, au juste ? La FFRandonnée donne les repères : 1,5 litre par jour au repos, le minimum de l’organisme ; environ 3 litres pour une journée de marche ordinaire ; et, pour une randonnée en désert chaud, une étude citée par la fédération monte à 9 à 14 litres — le même mécanisme qui, en ville, fait de l’eau le premier poste d’une canicule sans climatisation. La préfecture des Hautes-Pyrénées, elle, demande un demi-litre d’eau potable par heure de marche sur le dos au départ. J’ai fait le calcul pour un groupe, un trek et une météo : c’est le composant ci-dessous, et il dit à partir de quel volume la pompe devient une corvée.
Le calcul — 4 réglages, 30 secondes
Combien de litres par jour, et combien de temps pour les traiter ?
Le calcul rend un verdict que je partage : à partir de trois personnes ou de huit litres par jour, la gravité gagne, et ce n’est pas une question de confort. Une pompe qu’on n’a plus le courage d’actionner le quatrième soir, c’est de l’eau bue sans traitement. Ce qui ne pèse rien et couvre ce trou, c’est un tube de pastilles de purification au dioxyde de chloreaff. au fond du sac — la nuit fait le travail, et elles tuent au passage les virus que la membrane ignore.
Le poids, l’entretien, et la nuit où le filtre gèle
Le poids se lit sur la fiche, et pour une fois la fiche suffit. Une paille pèse quelques dizaines de grammes ; une pompe, de l’ordre de 300 g ; une poche à gravité vide, à peu près autant ; un stylo UV, entre 100 et 150 g avec ses piles ; un tube de pastilles, presque rien. Ce sont des ordres de grandeur par famille, pas des chiffres de modèle — les modèles changent, les familles non.
L’entretien est moins visible. Une membrane se rince à contre-courant après chaque sortie, à l’eau propre, et se range sèche. Une pompe a des joints. Un stylo UV a des piles qui fatiguent au froid et une lampe qui ne se répare pas sur le sentier. Les pastilles ont une date, imprimée sur le tube, et rien d’autre.
La nuit où la membrane gèle
C’est là que ça se complique, et c’est le paragraphe que les fiches n’écrivent pas. Après usage, une membrane à fibres creuses reste pleine d’eau. Si cette eau gèle, elle se dilate, et les fibres — des tubes plus fins qu’un cheveu — se fissurent. On ne voit rien. Le filtre coule toujours, souvent mieux qu’avant, ce qui est justement le signe que les pores ne sont plus des pores. Aucun test possible sur le terrain. Les notices des fabricants disent toutes la même chose, en petits caractères : un filtre qui a pu geler est à remplacer.
Ce qui protège coûte zéro. Sous la tente, la membrane dort dans le sac de couchage. En refuge non chauffé, dans la poche intérieure de la veste. L’hiver, elle reste dans la maison, séchée, et pas dans le coffre de la voiture ni sur l’étagère du garage. Les pastilles, elles, se moquent du gel — c’est leur second argument, après les virus.
La durée de vie, et ce qu’elle veut dire
Les membranes annoncent des centaines ou des milliers de litres. C’est une capacité de laboratoire : dans une eau chargée, l’encrassement arrive bien avant l’usure, et c’est le débit qui vous dira quand changer. Un stylo UV s’arrête quand la lampe ou l’électronique lâche. Les pastilles se périment, et un tube ouvert depuis deux étés dans un sac humide a perdu une partie de sa force sans le dire. Ma règle : la date du tube se vérifie en même temps que la réserve d’eau de la maison, deux fois par an.
Le cas où la réponse s’inverse : l’eau de fonte et le voyage hors Europe
Tout ce qui précède vaut pour un ruisseau de moyenne montagne en France. Deux situations retournent le classement.
L’eau de fonte en altitude. Au-dessus des derniers alpages, l’eau qui sort d’un névé ou d’un glacier a une charge microbiologique faible — pas de troupeau, pas de village. La menace change de nature : c’est le limon glaciaire, cette poudre de roche qui rend l’eau laiteuse. Il encrasse une membrane en quelques litres et fait écran à l’UV, que le CDC déclare inefficace dans une eau trouble. Là, la pastille redevient le bon outil, et l’ébullition la meilleure. Attention au chiffre : au-dessus de 6 500 pieds, soit environ 2 000 m, le CDC demande trois minutes à franc bouillon au lieu d’une, parce que l’eau bout plus bas — 83 °C vers 4 900 m selon le manuel. Laissez reposer l’eau laiteuse une heure, versez le dessus à travers un linge, puis traitez.
Le voyage hors Europe. L’OMS compte qu’en 2022, au moins 1,7 milliard de personnes utilisaient une source d’eau contaminée par des matières fécales, et attribue environ 505 000 décès par diarrhée chaque année à l’eau microbiologiquement contaminée. Dans une eau qui a vu des rejets humains, les virus — hépatite A, norovirus — sont dans la partie. La membrane seule n’y suffit plus. Ce qui marche : filtrer puis désinfecter, comme le CDC le recommande, ou un stylo UVaff. sur une eau claire — c’est le seul contexte où je l’achèterais —, ou un ultrafiltre à 0,01 µm, ou la casserole. Et c’est le seul cas où le mot « anti-virus » sur une fiche mérite qu’on lise la suite — la taille de pore ou le protocole d’essai nommé. S’il n’y a ni l’un ni l’autre, c’est un mot.
Le cas inverse existe aussi. Une gourde à charbon seul, vendue pour « améliorer le goût », ne retient aucun germe : ni au bord d’un torrent français, ni ailleurs. Elle n’a rien à faire dans ce comparatif, sinon pour dire qu’elle n’y a pas sa place.
Pour qui c’est la membrane, pour qui ce sont les pastilles
Le composant ci-dessous applique les critères de l’article à votre sortie : ce que vous voulez retirer, le délai que vous acceptez, le poids, l’usage. Il écarte, il dit pourquoi, et il tranche.
La table — 4 réglages, 1 minute
Quelle technologie tient encore une fois vos critères posés ?
Mon verdict, par profil, si vous préférez le lire d’un trait.
À la journée, en France. Une paille à membrane ou une gourde filtrante à membrane. Pas de pastilles, pas d’UV, pas de pompe : vous ne cuisinez pas, vous buvez. Et un demi-litre d’eau potable par heure sur le dos au départ — le filtre est le plan B, la gourde pleine le plan A. Pour cette gourde, un seul critère, le goulot large : une gourde à goulot largeaff. se remplit sous un filet d’eau et se rince la main dedans, un embout fin non.
En trek de plusieurs jours. À deux, une pompe à membrane et des pastilles de dioxyde de chlore en secours. À partir de trois, ou dès que le calcul dépasse huit litres par jour, un filtre à gravité, avec le même tube de pastilles. La paille de chacun reste utile pour boire en marchant entre deux remplissages.
Le kit d’évacuation, à la maison. Un filtre à gravité et un tube de pastilles. Pas de paille : elle ne remplit pas une casserole. C’est le seul profil où le poids ne compte pas et où le volume compte tout, et c’est le sujet de la section suivante.
Idéal pour : trois personnes et plus, ou le sac d'évacuation
Filtre à eau à gravité à fibres creuses
- Traite plusieurs litres sans que personne ne pompe
- Membrane 0,1 µm : bactéries et protozoaires retenus
- Se suspend à une branche ou à une poignée de porte
- Rinçage à contre-courant, comme une pompe
Le défaut : Ne retient pas les virus, et une nuit sous zéro la détruit sans que rien ne se voie : elle dort dans le sac de couchage, et à la maison, jamais dans le garage.
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Le filtre dans le sac d’évacuation
Un réseau d’eau coupé, une canalisation rompue par une crue — c’est l’un des premiers effets d’une inondation, et ce qu’il faut faire commence par ne plus boire au robinet —, un avis de non-consommation après un orage : la question de l’eau se pose aussi en bas, à la maison ou au point de regroupement, et elle se pose en litres, pas en gorgées. C’est pour ça que le sac d’évacuation mérite un traitement de l’eau différent du sac de randonnée : le filtre à gravité qu’on suspend à une poignée de porte et qui traite dix litres pendant qu’on s’occupe du reste, et le tube de pastilles qui ne gèle pas et ne casse pas.
La liste complète du sac d’évacuation donne la place de ce poste parmi les autres, et son poids. Le kit de survie 72 h qui reste à la maison, lui — sa liste de kit d’urgence 72h en fait un poste à part —, compte d’abord sur la casserole et le réchaud — l’ébullition ne dépend d’aucune membrane — et sur la réserve stockée d’avance. Elle ne demande qu’une flamme et une casserole : c’est pour ça qu’un réchaud à cartoucheaff. reste, à la maison, le traitement d’eau qui ne se fissure pas au gel et ne se périme pas.
Une chose de plus, puisque la même sortie en montagne l’a montré en juillet : les randonneurs héliportés n’avaient pas seulement un problème d’eau. Le jour où le téléphone n’a plus de batterie, s’orienter sans GPS avec une carte papier et une boussole évite de se retrouver à devoir boire n’importe où. Et la batterie plate qui prolonge le téléphone jusqu’au soir est, avec le sifflet, l’objet que le kit EDC quotidien met dans le sac avant même la paille.
Ce que l’eau du torrent apprend sur l’eau du robinet
Je referme sur une question que ce comparatif a ouverte sans la traiter. Le filtre à gravité du sac d’évacuation traite dix litres par soir. Un foyer de quatre personnes, sur trois jours, en consomme trente-six, et ne peut pas compter sur un ruisseau au pied de l’immeuble. Alors d’où viennent-ils, ces litres, le soir où le robinet ne donne plus rien — et combien de place prennent-ils dans un placard ? C’est l’objet de la réserve d’eau potable à la maison, et c’est là que la membrane de randonnée passe du plan A au plan B.
Questions fréquentes
- Quel filtre à eau randonnée choisir pour une sortie à la journée en France ?
- Une paille à membrane ou une gourde filtrante à membrane de 0,1 µm. En France métropolitaine, ce qu'on trouve dans un ruisseau sous un alpage, ce sont des bactéries et des protozoaires — Giardia, Cryptosporidium — et une membrane les bloque physiquement, sans attente. Les virus passent, mais ils ne sont pas la menace d'un torrent de montagne en Europe. Ce qui compte plus que le modèle : partir avec un demi-litre d'eau potable par heure de marche sur le dos, comme le demande la préfecture des Hautes-Pyrénées, et ne pas laisser la membrane geler dans la voiture. Une gourde à charbon seul, sans membrane, ne retient aucun germe : elle ne remplace rien.
- Un filtre à 0,1 micron retient-il les virus ?
- Non. Le manuel de médecine des voyages du CDC donne 0,03 µm comme taille moyenne d'un virus entérique, le norovirus par exemple, et écrit que les microfiltres portables ne les retiennent pas de façon fiable. Un pore de 0,1 µm laisse passer un objet trois fois plus petit que lui. Ce qui les arrête : l'ébullition, le dioxyde de chlore en trente minutes, l'UV sur une eau claire, ou un ultrafiltre à 0,01 µm, plus rare et plus lent. En France, le sujet est marginal pour l'eau de torrent ; hors Europe, dans une eau qui a vu des rejets humains, il devient central, et la membrane seule ne suffit plus.
- Les pastilles suffisent-elles seules contre Giardia et Cryptosporidium ?
- Contre Giardia, oui, si ce sont des pastilles de dioxyde de chlore et qu'on respecte le temps de contact. Contre Cryptosporidium, c'est plus compliqué : le CDC écrit que le parasite est mal inactivé par le chlore et l'iode aux concentrations pratiques, même avec un contact prolongé, et que le dioxyde de chlore n'est que « partiellement efficace », avec plusieurs heures d'attente. Sa page pour les randonneurs conclut qu'il reste plus sûr de filtrer d'abord pour retirer les parasites, puis de désinfecter. Donc : pastilles seules pour une eau claire de montagne en dépannage, membrane plus pastilles quand l'eau vient d'en dessous d'un pâturage.
- Que faire si mon filtre à eau a gelé ?
- Le remplacer. Une membrane à fibres creuses reste pleine d'eau après usage ; quand cette eau gèle, elle se dilate et fissure les fibres. Les fissures ne se voient pas, et le filtre continue de couler — souvent même mieux qu'avant, ce qui est précisément le signe qu'il ne retient plus rien. Aucun test de terrain ne permet de savoir. Les notices des fabricants disent toutes la même chose : un filtre qui a pu geler est à jeter. Ce qui évite ça coûte zéro : la nuit sous la tente, la membrane dort dans le sac de couchage ; l'hiver, elle reste dans la maison, séchée, pas dans le coffre ni dans le garage.
- Faut-il un filtre à eau dans le sac d'évacuation ?
- Oui, mais pas le même que pour la randonnée. Dans un sac d'évacuation, le poids compte moins que le volume : on ne traite pas trois gorgées au ruisseau, on traite dix litres pour un foyer pendant qu'un réseau d'eau est coupé ou sous avis de non-consommation. Le filtre à gravité fait ça sans effort, suspendu à une poignée de porte, et un tube de pastilles de dioxyde de chlore couvre le jour où il gèle ou casse. La casserole et le réchaud du kit restent la référence : une minute à franc bouillon tue tout, virus compris, et ne dépend d'aucune membrane.
- Une gourde à charbon actif rend-elle l'eau potable ?
- Non, et c'est l'objet le plus vendu pour la mauvaise raison. Le charbon actif retient des molécules — chlore, certains pesticides, le goût — pas des organismes. Une bactérie E. coli mesure 0,5 µm de large selon le CDC ; le charbon en grains la laisse passer sans effort. Une gourde filtrante utile pour un ruisseau combine une membrane à 0,1 µm, qui bloque bactéries et protozoaires, et éventuellement du charbon pour le goût derrière. Sur la fiche, cherchez la membrane et sa taille de pore ; si vous ne trouvez que « charbon actif » et « améliore le goût », c'est une gourde de bureau, pas de montagne.
- Combien d'eau prévoir par jour de randonnée ?
- La FFRandonnée donne 1,5 litre par jour au repos comme minimum de l'organisme, et arrive à environ 3 litres pour une journée de marche ordinaire ; en désert chaud, une étude citée par la fédération monte à 9 à 14 litres. La préfecture des Hautes-Pyrénées, après les secours de juillet 2026, demande un demi-litre d'eau potable par heure de marche sur le dos au départ. Un filtre ne change pas ce besoin : il change seulement ce qu'on porte et ce qu'on prélève. Sur un trek de trois jours à deux, on est vite à 20 litres à traiter, et c'est ce volume-là qui décide entre une pompe et un filtre à gravité.
Qui a écrit cet article
Baptiste S.
Fondateur et rédacteur · bs-media
Je ne suis ni militaire, ni secouriste, ni guide de montagne. Je suis quelqu'un qui a lu jusqu'au bout le livret « Tous responsables » envoyé aux foyers français, qui vit en Bretagne où les tempêtes coupent le courant chaque hiver, et qui a décidé de faire le travail sérieusement : lire les recommandations officielles, faire les calculs, comparer les fiches techniques, et écrire ce que j'aurais voulu trouver. Ce site ne vend ni la peur ni des bunkers. Il explique ce qu'un foyer ordinaire peut préparer en un week-end, et dans quel ordre.
- Je pars des recommandations officielles — Sécurité civile, Météo-France, Croix-Rouge, FEMA — et je les cite. Ce que je n'ai pas vérifié, je ne l'écris pas.
- Pas d'armes, pas de bunker, pas de fin du monde : ce site prépare un foyer ordinaire à trois jours, deux semaines, un mois.
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